Netvibes enfin sur orbite

mars 23, 2006

Il y a deux façon de comprendre le phénomène Web 2.0: l’aspect communautaire où l’interaction avec l’utilisateur crée de nouveaux contenus et le développement de veritables “services en ligne?, au sens propre, l’aggrégation d’applications à distance qui rendent enfin tangible la notion de bureau virtuel. Netvibes.com appartient à la deuxième catégorie après avoir longtemps été source de malentendus pour ceux qui voyait surtout la signature web 2.0 dans l’utilisation de la technologie Ajax. Netvibes.com a bénéficié au cours des derniers mois d’un buzz particulièrement favorable. L’extrême facilité de mise en oeuvre et son interface spectaculaire de simplicité ont convaincu, d’ailleurs j’en suis même si je n’ai pas encore sauté le pas pour en faire ma page d’accueil par défaut.

Netvibes.com passe ainsi dans la phase 2 de son développement grâce à l’appui d’investisseurs privés dont Pierre Chappaz, Marc Andreesen (quand Tarik Krim, un des fondateurs de Netvibes, m’a appris avoir reçu un mail de lui, j’avoue avoir un peu douté, j’avais tort), Martin Varsavsky le fondateur de FON, et le fond Index Ventures. Lisez à ce propos les motivations de Pierre Chappaz sur son blog (?pourquoi j’investis dans Netvibes“). Beaucoup s’interrogent sur le modèle économique de ce service à défaut de pouvoir en critiquer la pertinence. C’est méconnaître la puissance et le potentiel d’une page d’accueil personnalisée. La plupart des grand portails doivent leur puissance à la simple attraction de leurs services de messageries électroniques qui à elles seules apportent la plus évidente des raisons de se connecter chaque jour. Un effet de fidélisation naturel que jalouse tous les services et sites en lignes.

Bien sur Netvibes.com évolue dans un univers encombré avec My Yahoo, My Msn et My Google, les deux derniers étant d’ailleurs trés proches en matière d’ergonomie. Sa force tient à mon avis justement à son indépendance qui lui permet d’aggréger les meilleurs services sans se préoccuper de leur allégeance: Writely, Del.icio.us, Yahoo et Google Mail (même si chez moi Yahoo Mail ne semble pas fonctionner), Ical, Flickr pour les calendriers et le tout dernier Box.Net pour le stockage en ligne, un vrai coup de maître sachant que les gros portails hésitent encore à fournir ce type de service de stockage. La plupart de ces services disposent ou disposeront de version premium payante et une plate-forme comme Netvibes leur apportera un flux naturel de recrutement de clients.

Pour le reste l’aggrégation de zones marchandes ou assimilées comme le comparateur de prix Kelkoo générera un flux régulier de “leads? payants et rémunérateurs pour Netvibes. En fait ce genre de plateforme est un véritable canon à envoyer des visiteurs puisqu’elle est constituée quasi exclusivement de flux (RSS, XML) choisis par l’utilisateur ou suggérés (la place sera-t-elle payante?) par ses concepteurs. Bref avec de tels investisseurs je n’ai pas trop d’inquiétude à imaginer la monétisation de ces flux de visites, avant même d’imaginer l’introduction d’espaces publicitaires…

Au passage j’imagine que l’arrivée de Pierre Chapaz sur Netvibes laisse supposer une interaction avec son futur service d’aggrégation de news façon communautaire Wikio.fr. Une bonne opportunité pour apporter un réservoir de lecteurs captifs alors que le marché des aggrégateurs de news s’encombre chaque jour un peu plus. reste à connaître la stratégie des investisseurs: développer? Vendre au plus offrant? Pour le moment Netvibes vient titiller aussi bien Google que Yahoo en relayant certains de leurs services, une façon de se placer dans leur radar…

 netvibes-small.gif

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5 Responses to “Netvibes enfin sur orbite”


  1. [...] Emmanuel en donne une définition trés potable, je vous la livre : “Il y a deux façon de comprendre le phénomène Web 2.0: l’aspect communautaire où l’interaction avec l’utilisateur crée de nouveaux contenus et le développement de véritables “services en ligne?, au sens propre, l’aggrégation d’applications à distance qui rendent enfin tangible la notion de bureau virtuel” [...]

  2. joel ronez Says:

    Si je trouve Netvibes extrémement convaincant en terme d’ergonomie et de positionnement, j’avoue que j’ai quand même du mal à comprendre sur quoi ils vont bâtir leur modèle économique.

    Après tout, il ne s’agit finalement que d’un assemblage astucieux de XML à la sauce Ajax. Quand tout le monde aura imité le principe, je vois pas où sera leur valeur ajoutée… Tiens, il y a même déjà des clones qui ne prennent même pas la peine de modifier la charte graphique : http://www.pageflakes.com/

    Tu expliques qu’il ne faut pas sous-estimer la puissance d’une page d’accueil personnalisée. Peux-tu m’éclairer ?


  3. Une partie de la suite de la discussion ici avec Freddy Mini et pierre Chappaz http://freddymini.blogspot.com/2006/03/netvibes-twin.html

    La page de démarrage est le lieu de fédelisation ultime parce qu’elle répond à un vrai besoin. le problème c’est qu’en général c’est aussi une page aux résultats particulièrement médiocre en terme publicitaire. L’intéret est donc d’accrocher l’utilisateur avec des contenus et des services à valeur ajoutée. Le modèle est donc plutôt un modèle de « lead » c’est à dire qu’on monétise d’une façon ou une autre la capacité à générer des visites et des actes de consommation (à opposer à l’exposition passive de la pub).

    Si tu as plusieurs millions d’utilisateurs sur CETTE page tout le monde se battra pour y exposer ses services. Kelkoo montétise ses leads, les fournisseurs de contenus exposeront leurs articles, les services recruteront des abonnés DEJA utilisateur (c’est tout le point) pour des options premium.

    Comme je l’ai dit le problème est simple: il faut avoir plusieurs millions de users très vite et trouver des service à valeur ajoutée voire exclusif (l’offre unique ). L’argent suivra c’est un peu la philosophie de Google. Mais rien n’est gagné loin de là et il y a deja de nombreux netvibes qui occupent le terrain


  4. [...] Depuis que Netvibes a levé de l’argent, les clones sont légion. En voici un trés ressemblant, et un autre trés mal imité. [...]

  5. nicolas Says:

    Moi j’utilise Fluo.com, une nouvelle page de démarrage qui vient de sortir. Assez drôle car on peut modifier son logo Google.


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