Pointblog en greve

avril 29, 2006

MAJ 1: D'après Gilles, rédac chef de Pointblog, il ne s'agit pas d'une grève. Du reste sans salariés peut-on parler de grève… Disons que l'outil de travail est victime d'un contentieux. Gilles s'explique un peu plus précisément sur son blog perso : http://gklein.blog.lemonde.fr/gklein/2006/04/pointblog_adres.html#comments.
Au passage, Cyril, si tu me lis, sur ce coup là je pense que la méthode est mauvaise …

MAJ 2: la réponse de Christophe qui a le mérite de la netteté - http://www.ginisty.com/weblog/2006/04/sabotage_de_poi.html 

MAJ 3: la réponse de Cyril, tout aussi nette… On y apprend au passage pour quoi il n'y a pas de pubs sur Pointblog, ce qui m'a toujours étonné, pensant que Pointblog aurait du justement être en pointe de l'expérimentation des modèles économiques.

http://www.nanoblog.com/past/2006/05/lavage_de_linge_sale.htm 

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Decidemment on innove chaque jour (pour ceux qui n'ont pas suivi lire le début), en consultant samedi apres midi Pointblog je tombe sur l'annonce suivante :

(Le site Pointblog.com est redirigé sur cette page: http://www.nanoblog.com/index2.html)

Veuillez nous excuser pour cette interruption.Ce site sera de nouveau accessible lorsque
tous les collaborateurs de pointblog.com et du magazine Netizen
auront été payés pour leur travail passé.  
 

Ca ne rigole pas au Los Angeles Times qui vient de suspendre provisoirement le blog de Michael Hiltzik un de ses journalistes, lauréat du prix Pulitzer. Le vilain est accusé d'avoir posté des commentaires sur différents blogs en utilisant de fausses identités ce qui va à l'encontre de l'éthique du quotidien. C'est un autre blogueur, par ailleurs procureur du comté de Los Angeles, qui a révélé et prouvé le "délit" sur son propre blog Patterico Pontifications.

Vu sur Online Journalisme Review qui avait justement publié récemment un entretien avec Michael Hiltzik.

Vu chez Freddy, qui en profite pour servir une analyse éclair des problèmes de monétisation du Web 2.0, cet indispensable article du New York Times consacré à MYSpace.com et intitulé “For MySpace, Making Friends Was Easy. Big Profit Is Tougher“. On y découvre les limites des promesses d’AdSense et la difficulté de commercialiser par la pub un environnement communautaire et des contenus particulièrement hétérogènes. Une leçon déjà apprise avec Multimania il y a quelques années mais qu’il est bon de retrouver exposée (lire aussi un bon résumé du problème par mon camarade Joël). Je retiens en particulier que toute l’attention des gestionnaires de MySpace.com est concentrée sur les questions de profiling des utilisateurs. C’est cette forme de datamining qui est probablement la vraie mine d’or des sites communautaire et je suis persuadé que son aboutissement logique est dans le marketing direct ou la capacité de d’adresser très spécifiquement les besoins et les centres d’intérêt des internautes. C’est aussi une des solutions pour sortir du piège d’un CPM bradé.

Freddy Mini explique d’ailleurs sur ce point que le CPM moyen sur MYSpace.com est de 0,1 $ soit 20 fois inférieur à celui des grands portails! Ajoutons qu’il est aussi 100 à 300 fois inférieur à celui des sites médias pour ceux qui penseraient que le match se joue dans les mêmes catégories. Conséquence évidente: il faut toujours plus de pages vues pour maintenir le niveau de revenus, une spirale infernale dont on commence à comprendre les limites. Les annonceurs en particuliers, et les agences de pub, commencent logiquement à exiger de la cohérence et de la qualité. Le buzz et l’innovation en matière de communauté ne suffisent plus.

Au passage j’en profite pour regretter de ne jamais trouver ce type d’article très détaillé et critique dans la presse française qu’elle soit généraliste ou spécialisée. Chez nous il faut se contenter des entretiens complaisants façon people des entrepreneurs du Web preuve que la leçon de la Netéconomie de 2001 n’a pas été retenue. J’enrageais en particulier la semaine dernière en lisant sur certaines pages Médias que la baisse de l’audience de certaines radios s’expliquait en partie par les podcasts… La bétise crasse et l’absolue méconnaissance des données de l’économie numérique de nos journalistes est décidemment un problème grave qui leur fait gober toutes les énormités et empêche les professionnels du secteur de disposer d’analyses et de données fiables. Je ferme la parenthèse, provisoirement…

MISE A JOUR : lire un billet très intéressant sur MYSpace.com suite à l’article du NYTimes. Intitullé "What If Media 2.0 Is Less Profitable Than Media 1.0 ? " et publié sur l’excellent et très critique Publishing 2.0.  

Voir aussi l’interview de Rupert Murdoch
L’accord de Google avec Fox Interactive (dont MySpace.com)
Les résultats financiers de News Corp

A voir cette semaine avant disparition des archives la dernière émission Plein Ecran de LCI présentée par Cédric Ingrand, une des rares émissions consacrées aux technologies, avec 8-fi sur Direct 8, qui tienne la route par son sérieux. Cédric interroge Pierre Chappaz à propos de son service Wikio.fr. Je retiens quelques remarques intéressantes concernant les revenus des mots clés sponsorisés: Pierre Chappaz explique très justement que ce type de revenu reste modeste est ne peut prétendre à lui seul financer un site. Ca parait évident mais ca ne l’est pas pour tout le monde et il est assez rare de l’entendre. Enfin il "n’exclut pas de partager un jour le gatelci-ingrand.jpgau [des revenus publicitaires] avec les éditeurs". Encore une avancée prudente mais inattendue.

En même temps il rappelle très justement que les agrégateurs de news profitent aux éditeurs de sites par leur apport de trafic ce qui devrait les inciter à tolérer l’activité de ces nouveaux services de recherche. Certes, certes, mais dans ce petit jeu de poker menteur chacun sait que les aggrégateur de news perdraient de leur crédibilité sans le contenu des principaux titres de presse. Bref chacun se tient par la barbichette en attendant de voir si l’échange de valeur reste équilibré…   

En attendant je poursuis moi-même le beta test de Wikio.fr dont j’apprécie le confort et la fluidité. Toutefois j’ai déjà pu constater la limite de l’indexation forcenée et aveugle de plusieurs milliers de sources. Je suis tombé un soir par hasard sur des articles à caractère raciste figurant en une de wikio. Des articles en provenance d’au moins une source pour le moins discutable flirtant au plus près avec le racisme et l’antisémitisme. Je n’en dirai pas plus ici s’agissant d’un service en phase de beta test. J’ai prévenu les animateurs de Wikio.fr qui ont effectivement pu supprimer quelques billets (et votes) de toute évidence artificiellement poussés par des petits malins. Hélas je constate que le site en question figure toujours dans l’index de Wikio preuve qu’on ne juge pas nécessaire de le supprimer. Ne pouvant voter "contre" un article il est donc impossible de contrer une manipulation en dégradant la popularité d’un article. Preuve en tout cas qu’il faudra rester modeste face aux failles très discutables de la technologie…

J’en profite pour saluer l’initiative de LCI qui propose l’émission en Podcast, mode par lequel j’ai pu la consulter sur mon iPod tout neuf ! Merci Cédric

Après la stratégie de Google en 10 leçons c’est au tour de Yahoo de dévoiler une partie de sa vision à l’occasion d’une présentation de Luke Wroblewski, son designer et architecte en chef. Au menu: une brillante exposition de la stratégie du social networking qui fait l’essentiel de ce que l’on entend désormais derrière la notion un peu abstraite de Web 2.0.

Quelqu’un m’interrogeait aujourd’hui sur ce que l’on entendait par la notion de “communauté” et ce qu’il y avait vraiment de nouveau et d’utile pour les médias derrière cette notion. Sous entendu “les gens causent et ce n’est pas nouveau”. Le document intitulé “The Web Now: Social” présenté par Luke Wroblewski constitue la meilleure réponse. Une partie de la réponse consiste à décrire le phénomène comme une nouvelle économie des échanges et un écosystème complet. Cette dernière notion n’est pas nouvelle, j’ai déjà mentionné une analyse similaire sur l’écosystème des medias. Ce qui compte ici, et intéresse fortement yahoo, c’est que cette économie des échanges (liens, photos, opinions, tags …) génère du contenu et de la valeur. C’est d’ailleurs le volet qui manque à cette présentation: comment exploiter ce contenu et l’interaction des utilisateurs entre eux mais ce n’est pas le propos de l'auteur. Il y en a au moins trois directes: le potentiel de prescription des communautés qui influencent les actes d’achat, le profiling toujours plus complet des utilisateurs dont on suit le comportement, la création d’univers médias autour de thèmes d’intérêts et de “contextes”. Reste à disposer la pub, le marketing direct, le commerce et les services premium dans ce jeu de Lego. Côté pub le Web 2.0 prépare doucement l’arrivée de la pub comportementale (behaviour) dont on reparlera tant elle mobilise actuellement les esprits outre-Atlantique.

 Intéressant aussi dans cette présentation: les conséquences néfastes de l’abus de tout ce bric a brac web 2.0 (slide 9). Une approche plutôt rare et honnête au milieu de l’habituel enthousiasme des promoteurs de start up. On note l’effet de “distraction”, le risque du spam (comprenez les commentaires bidons, faux blogs, faux trackbacks …), l’abus de pouvoir des individus les plus influents, le morcellement tribal. On manque encore de recul pour apprécier la portée de ces menaces mais il faudra les maîtriser pour domestiquer l’internaute.

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