La dernière conférence de l'EBG se tenait mardi dernier à l'université Paris Dauphine. Au menu les podcasts, autour de la table Christian Grellier (DG de eTf1), Alain Weill (PDG de RMC et BFM), Charles-Emmanuel Bon (directeur du développement de RTL), Jean-Michel Grapin (PDG de Yacast) et Christophe Ginisty (Rumeur Publique) pour l'animation. Une conférence de bonne tenue qui m'a frappé par le décalage entre l'optimisme des participants et le constat brutal de l'absence de modèle économique solide pour les podcasts. Un constat qui mérite quelques explications…

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TF1 prépare une chaîne 100% contenus utilisateurs
Il m'a semblé qu'une bonne part de l'optimisme provenait de la conscience partagée de vivre une phase assez inédite en matière d'innovation. RTL truste déja le podium des podcasts les plus téléchargés (avec en tête les inattenus "grosses têtes") pour un total de 500 000 téléchargements par semaine!  LCI/TF1 et BFM TV s'attaquent aux podcasts vidéos avec entre 1000 et 2000 utilisateurs simultanés en heure de pointe pour BFM. A noter la confirmation par eTF1 du lancement fin juin d'un nouveau service baptisé Le Buzz, conçu avec Dailymotion, et destiné à recevoir les productions vidéos des internautes. Confirmation également du lancement fin 2006 d'une chaîne dont les programmes seront conçus avec ces mêmes vidéos.

Côté revenus la réalité est un peu plus floue, on comprend à mi-mots que pour le moment les podcasts sont surtout des instruments de fidélisation et de façon marginale de recrutement. En particulier parce qu'il apporte un mode de consommation en différé des émissions déjà produites. En clair du recyclage. Difficile en effet de rivaliser économiquement avec les millions de téléspectateurs ou d'auditeurs quotidiens. Chez RTL la stratégie affichée consiste à commercialiser en mode sponsoring (donc sans dépendre des mesures d'audience) les podcasts avec des annonceurs clairement différents de ceux présents sur les ondes hetziennes. Ce qui évite de cannibaliser les revenus de l'antenne. Un responsable m'a confirmé en aparté que les revenus couvraient les coûts de production et de diffusion, bonne nouvelle.

L'impossible mesure
Pas de quoi sauter au plafond cependant. C'est bizarrement le PDG de Yacast qui, avec beaucoup de lucidité, résume le problème: impossible actuellement de mesurer proprement l'audience des podcasts ce qui fragilise considérablement le modèle. Le nombre d'utilisateurs est trop faible pour être perçu par les panels et la mesure des téléchargements est un baromètre hautement fantaisiste. Le nombre de téléchargements, en effet, n'indique absolument pas si le fichier a effectivement été récupéré in fine, et absolument rien ne prouve qu'il ait été "consommé". Sans parler de iTunes qui, en mode push, va automatiquement lancer les procédure de téléchargements de chaque nouveau fichier, ceci à chaque lancement, en tâche de fond! D'après mes estimations il faut diviser le nombre de téléchargement par 10 au minimum pour s'approcher d'une grandeur raisonnable mais c'est de la cuisine expérimentale…

Difficile dans ces conditions de justifier l'investissement des annonceurs. Sur ce point il faudra probablement que chaque média interroge ses utilisateurs pour produire des éléments statistiques qualitatifs. Bref on comprend vite que le podcast restera un élément important de la stratégie de multidiffusion mais ne représentera pas un enjeu commercial avant longtemps. Sur ce pont la diffusion des séquences vidéos en stream a probablement plus d'avenir en permettant le renouvellement des publicités et surtout l'aggrégation de l'ensemble de l'audience des videos d'un site. En clair même si les podcasts bénéficient d'un buzz très favorable, leur mode de distribution les apparente directement à la VOD (video on demand), une problématique pas vraiement nouvelle.

Enfin si la production de podcasts par les internautes semble intéresser TF1 on ne peut pas dire que cette perspective ait déchaîné les passions (malgré l'insistance ingénue de Christophe Ginisty pour exciter la fibre citoyenne des quatre professionnels). Le débat fut vertement évacué par Alain Weill: "la radio faite par les auditeurs est un mythe, les gens veulent des programmes de qualité"! Je ne le contredirai pas… 

nokia-n80.JPGJe m'accorde un petit intermède geek, je viens de troquer mon Sony-Ericsson p910i pour un Nokia N80, tout juste sorti sur le marché français. Puisque la prochaine étape pour la diffusion des médias en ligne se fera sur mobile je devais me mettre à niveau. Tuner radio, Wi-fi intégré, quadribande, photo 3 megapixels, que du luxe… Comme l'ont expliqué mes camarades de businessmobile.fr une des particularité de l'appareil est d'être doté de l'OS Symbian S60 3eme edition et son impressionnant navigateur web. Il permet sur un écran de mobile de conserver l'ensemble de la mise en page d'un site web et de naviguer avec le pointeur comme une souris. C'est tout bonnement stupéfiant. On peut jouer des fonctions de zoom pour afficher des pages entières et d'un simple clic on s'abonne automatiquement aux flux RSS proposés sur la page (encore plus rapide qu'avec Firefox)! Voici quelques captures pour juger du résultat:

Le web sur petit écran (cliquez sur les images)

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 Les flux RSS

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et l'inévitable Google maps pour mobile…

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le test photo (ce week end au golf avec Christophe Fery, organisateur de la Convention VoIP connu pour casser ses clubs! si si!) 

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Quelques regrets tout de même: une ergonomie discutable vu le nombre de fonctions et le clavier pas très commode, l'autonomie plombée par le Wifi et le multimédia (sinon en usage normal ça tient 3 jours), le logiciel Lifeblog uniquement compatible avec Typepad, les 40 Mo de mémoire de base vite submergés (reste les cartes mini SD heureusement).

Très, très long papier de l'American Journalism Review (à ne pas confondre avec OJR.org) intitulé "Adapt or Die" qui passe en revue les stratégies de différents quotidiens US pour s'adapter et survivre à l'ère numérique. C'est une bonne synthèse des pistes actuellement suivies par la presse US même si on a beaucoup de mal à en tirer une conclusion ou des recettes miracles. D'ailleurs c'est peut être ça qu'il faut retenir, chacun se disperse avec ses propres recettes. Le positif c'est qu'on expérimente sans complexe, le négatif c'est qu'on a du mal à discerner une vraie stratégie de long terme et surtout un retour sur investissement solide. 

Grosso modo on retient quelques consensus pas trop méchants: jouer à fond la distribution multiplateforme (en fait se préparer surtout aux téléphones mobiles), le papier n'est plus le centre de gravité de la production éditoriale (question déjà abordée ici), le fil de news d'un quotidien ne suffit plus à soutenir le modèle économique mais devient la pièce centrale d'un ensemble de services fidèlisants et de contenus attractifs et personnalisés façon portfolio. Chacun décline ensuite la recette selon son positionnement. Comme d'habitude je regrette que la question des revenus ne soit pas abordée en profondeur, c'est pourtant là qu'on aimerait recevoir les bonnes recettes.

Phénomène nouveau j'ai l'impression que même si chacun s'accorde à mettre au coeur de sa stratégie la participation des lecteurs et l'interactivité, l'hébergement des blogs de lecteurs n'est plus avancé comme la solution miracle. C'est une bonne nouvelle car même si cela peut constituer une des pièces du dispositif de fidelisation on est encore loin de la mine d'or et le risque est grand d'assister à la dilution de la marque pour peu que le dispositif ne soit pas maîtrisé. On en reparlera mais je découvre chaque jour des témoignages de plus en plus mitigés sur les sirènes du communautarisme forcené.

A lire aussi le billet de Jeff Mignon sur la question de l'organisation des rédactions (débat initié par le Le journal américain Editor & Publisher)  Je ne suis pas trop fan de ce type de débat, c'est en général l'occasion de susciter d'excellentes argumentations théoriques mais en pratique il est surtout confortable d'éviter les vraies questions qui touchent au rapport de pouvoir des uns et des autres au sein des rédactions. Le genre de discussion qu'on évite d'avoir en public.

Je dois dire que j'ai d'abord cru à un canular mais non, c'est incroyable, le site Shocku.com est bien propriété de Hachette Filipacchi Media US . En fait il s'agit de la version encore plus trash d'un site français que je ne connaissais pas Choc.fr. Le principe: envoyer les photos et les vidéos les plus choquantes et les plus trash que l'on puisse trouver … ou réaliser. Les visionner et les télécharger ensuite sur le site. Impossible de ne pas penser à la désapprobation affichée dans les récents JT pour ces adolescents qui échangent sur leurs mobiles les vidéos d'agression d'un enseignant ou dites de "happy slapping". L'industrie s'est déjà mise en embuscade, encourage les pratiques extrèmes (la promo du mag: "Just try to shock Us").shocku.gif

videochoc1.jpgSur le site français je ne sais pas si ce qui me choque le plus est l'exploitation de ces clichés ou la présence d'annonceurs français (entre autres Orange, Ipsos, Télé 2, Virgin, Alice et même La Croix Rouge, bravo la régie) qui ne semblent pas trouver le moindre problème à associer leur image à ce genre de videos. Evidemment on vote pour les vidéos, on commente et on télécharge sur son mobile. Les sites s'octroient même un copyright sur les images! Bref de l'exploitation en règle pour maximiser l'usage du mobile.  

La référence en matière de "journalisme citoyen" (citizen journalist) est sans conteste le site coréen OhmyNews. Malgré le fait que la rédaction est en fait constituée de plus de 35 journalistes professionnels chargés de produire et d'éditer l'ensemble des articles, ohmyNews est basé sur les contributions de centaines de citoyens qui soumettent leurs articles pour publication. Je me suis demandé quelles étaient les professions des principaux contributeurs du site afin de mieux comprendre quelle sorte de citoyen formait le socle de ce nouveau type de média d'information.

Ne pratiquant pas le coréen je me suis attaché à la version internationale, en anglais du site. Les principaux contributeurs, ceux qui publient très régulièrement (plus de 3 fois par mois) et ont été remarqués par la qualité de leurs articles ne sont qu'une petite vingtaine. Surprise! Voici ce que ca donne en matière de profession :

David McNeill (journaliste indépendant et enseignant)
Bright B. Simons (chercheur et militant associatif)
Todd Kipp (journaliste indépendant, documentariste)
Ronda Hauben (chercheur, écrivain, journaliste indépendant)
Terry L.Heaton (consultant presse et communication)
John Duerden (journaliste sportif spécialisé football -correspondant pour l'Asie, travaille aussi pour la Fédération de foot asiatique, pratique ça !)
Asad Alex Yawar (journaliste indépendant)
Michael Lomas (journaliste indépendant)
Terence Mitchell (enseignant)
Javier Espinoza (étudiant en journalisme)
James Fontanella (journaliste)
Xu Zhiqiang (journaliste)
Ana Maria Brambilla (journaliste, enseignant chercheur presse communication)
Maria Pastora Sandoval Campos (journaliste, enseignant chercheur presse
Pierre Joo (consultant)
Sadaf Farahani (photo journaliste indépendant, cineaste)
Lily Yulianti (journaliste et écrivain)
Rick Capone (journaliste indépendant)
Roberto Spiezio (étudiant en journalisme)
Rodrick Mukumbira (journaliste)
David Kootnikoff (journaliste indépendant, musicien)

Ce qui nous donne 3 non-journalistes sur 21. Finalement ca ressemble plus au journaliste citoyen qu'au citoyen journaliste non?  

MAJ suite aux commentaires de Benoït Raphael
Ce qui m’intéresse ici c’est moins de découvrir qu’en fait l’encadrement et l’organisation est parfaitement calquée sur les médias traditionnels avec une équipe de journalistes salariés, que parmi les contributeurs se dégage spontanément un noyau dur de journalistes.

Le phénomène pourrait être comparé à la capillarité: on ne cherche pas à promouvoir des journalistes mais on établit au départ des règles de professionnalisme et des exigences qui sont celles des journalistes. Ceux qui maitrisent ces règles sont naturellement ceux qui s'approprient peu à peu le média. le phénomène existe aussi sur Current TV où j'ai été frappé de voir que la production qui passe le filtre de l'antenne est majoritairement issue de journalistes. Bien sûr cette population a aussi l'avantage considérable de disposer du temps, cette denrée rare, pour exercer cette fonction d'informer ce qui n'est pas le cas des autres citoyens.

Il y a sur ohmyNews une majorité de non-journalistes parmi les contributeurs mais au regard du volume publié le ratio s'équilibre ou s'inverse. ce qui relativise largement la portée utopique du "journalisme citoyen" sans pour autant en nier l'aspect enrichissant.

Je crains toutefois que la réelle originalité du phénomène doive surtout se chercher dans le modèle économique et le fait que tout ce beau monde accepte, au nom de l'utopie, de travailler sans être rémunéré en proportion du travail effectué…

La dernière conférence de l’EBG (Electronic Business Group) tenue le 12 mai dernier au Max Linder a été l’occasion de faire le point sur le marché de la télévision en plein bouleversement. Pour y accéder il fallait être membre de l’EBG ce qui n’est pas mon cas, mais heureusement Laurent Esposito y a consacré plusieurs billets sur son blog “Television et video numérique” et propose même plusieurs séquences en video. On y retrouve Patrick Le Lay (TF1), Nicolas de Tavernost (M6) et Jean-Bernard Lévy (Vivendi).
Retrouvez le détail ici :
- un extrait vidéo de l’intervention de Nicolas de Tavernost (M6) sur sa vision à 10 ans
-un extrait vidéo de l’intervention de Jean-Bernard Lévy (Vivendi) sur sa vision à 10 ans
- un extrait vidéo de l’intervention de Nicolas de Tavernost (M6), Patrick Le Lay (TF1) et Jean-Bernard Lévy (Vivendi) sur la vidéo à la demande

Lire aussi le billet pertinent “TV par ADSL : mythe et réalité” suite aux déclarations de l’institut Médiamétrie qui a estimé de 20 à 25% le nombre de téléviseurs branchés sur les boitiers Triple Play ADSL, sur 4,3 millions de foyers équipés. On peut en déduire que la TV par ADSL n’est pas si populaire que ça mais je suis prêt à parier que les causes sont plus prosaïques: en matière de cablage la plupart des utilisateurs doivent choisir entre le PC ou la télévision pour y connecter le boitier et le PC a le plus souvent la priorité . Ce qui signifie au pire que c’est sur le PC que la TV par ADSL a le plus de chance d’être consultée!

Curieuse histoire que je découvre au hasard des mots clés dans les statistiques des moteurs de recherche littéralement envahis par les requêtes "Colbert", j'ai cru un instant que le monde entier s'intéressait à l'histoire de France… La blogosphère américaine semble avoir donné une seconde vie à une prestation de l'humoriste Stephen Colbert qui a littéralement ridiculisé Georges Bush lors du dîner annuel de l'association des correspondants de presse de la Maison Blanche. Une séquence diffusée sur C-Span et passée sous silence des principaux medias, certains ayant été choqués.

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Pour en savoir plus lire l'article sur Cyberpresse  "L'humoriste Colbert sème la zizanie à Washington"
Ne pas rater la video complete sur Google Video (ne pas rater les mines des spectateurs..)

MAJ Aout 2006: de nouvelles données concernant Boing Boing ont été publiées et peuvent remettre en cause l’analyse ci-dessous (à confirmer) 

Je découvre un peu par hasard une initiative louable du blog Boingboing.net qui donne accès à ses statistiques de trafic. Boingboing.net, comme beaucoup le savent, fait partie des indétronables blogs les plus populaires du top 100 de Technorati où il occupe la deuxième place. Pour un utilisateur non averti Boingboing est un blog qui semble disposer d’une audience mensuelle de 2,5 M de visiteurs uniques pour 26 M de pages vues et 10 M de visites. Impressionnant même si bizarrement je m’attendais à beaucoup plus au regard du classement de Technorati.

web_analytics.jpgDes stats erronées
Seulement en y regardant de plus près j’ai été surpris de découvrir qu’en réalité les statistiques étaient totalement faussées par l’absence d’un rigoureux filtrage des données. Un problème qui n’est pas anodin car après plusieurs années passées à auditer précisément les stats des sites de CNET j’ai rapidement découvert que la plupart des sites ne disposant pas de mesures par des outils certifiés ont une vision totalement surévaluée de leur audience (de bonne foi le plus souvent). Beaucoup sont surpris, par exemple à l’occasion d’un rachat de leur site, de découvrir que leur audience réelle est parfois inférieure de 50% ou plus de celle qu’ils mesuraient auparavant. C’est exactement ce que je constate en me plongeant dans celles de BoingBoing.

Pour faire court on y voit par exemple que les “pages” prennent en compte de nombreux fichiers XML correspondant aux flux RSS ce qui conduit en fait à mesurer des “hits” ou des requêtes des agrégateurs et autres serveurs feedbureurs. Parmi les visiteurs uniques on compte une trés large proportion de spiders, moteurs ou de serveurs de flux justement (voir par exemple la premiere adresse IP 65.169.109.22 qui correspond à un serveur de liens sponsorisés et qui génére à elle seule de supposées centaines de milliers de “pages”, en fait des hits). Les données des moteurs sont assez propres ainsi que celles des referers où l’on découvre que Netvibes est le 3eme site apportant du trafic derrère Digg.com et Bloglines.

Un trafic surévalué de 70%!
D’après mes estimations, je vous passe les détails mais faites l’évaluation vous mêmes en nettoyant les stats, Boingboing dispose en réalité d’un trafic compris entre 6 et 10 millions de pages vues . La correction est moindre sur les visiteurs uniques puisque le nombre d’IP comptées abusivement est limité contrairement aux pages vues qu’elles semblent générer. Mais comme ces visiteurs ne sont pas dédupliqués au mois on peut supposer ici aussi une correction sévère que je ne peux estimer. Bref le trafic généré est surévalué de près de 70% ! Des données indirectement confirmées par le rapport de la régie publicitaire Adbrite qui estime publiquement le trafic de Boingboing à plus de 200 000 pages par jours et 100 000 visiteurs uniques. On note au passage le taux de conversion sur les pubs particulièrement médiocre selon la notation même de la régie! Un cpc entre 0.05 $ et 1,49 $ selon le format publicitaire. L’emplacement publicitaire est par ailleurs facturé 300 $ par semaine soit un cpm max (si vous avez suivi) autour de 0.20 $ ! Une misère, on comprend pourquoi il faut charger la pages d’espaces pubs…

Je dois dire que même si ce type d’audience est tout à fait respectable je suis assez stupéfait de les découvrir aussi basses pour un site supposé de renommée internationale. Je me trompe peut-être mais je doute d’être très loin de la vérité sur ces chiffres. Preuve que ceux qui comparent sans cesse les audiences des blogs avec les medias traditionnels sans se préoccuper de la fiabilité des outils de mesure devraient rester très prudents. Ce qui me conduit à ce petit conseil pour tout ceux qui veulent professionnaliser leur activité éditoriale, qu’il s’agisse d’un blog ou non, choisissez un outil de mesure certifié (en priorité ceux labelisés par l’OJD), la plupart proposent une option gratuite pour disposer au minimum de données agrégées propres même si j’ai déjà eu l’occasion d’en souligner la limite et les défauts.

Précision: les données de Boingboing.net sont bien accessibles publiquement par choix de l’éditeur, enjoy !

Enfin un pastiche video sur l'économie et la politique ! Les étudiants de la très sérieuse Columbia Business School se sont lâchés en brocardant George Bush et Alan Greenspan sur fond musical emprunté à Sting ("Every Breath You Take")


Thanks John

Yahoo.com a donc lancé ce week end sa chaîne high-tech. Il ne s'agit pas d'une simple refonte d'une rubrique existante mais un vrai pari dans la continuation de sa stratégie communautaire pour se différencier de Google. Le projet tient en quelques lignes : construire une zone de conseils d'achat de produits high-tech en utilisant au maximum les données des utilisateurs, les contenus des éditeurs indépendants sans produire une once de contenu à une exception près, un programme de télé-réalité où l'on suivra pas à pas l'équipement d'un foyer.

Yahoo prépare ce service depuis plus d'un an et comme l'explique Freddy (ex PDG de CNET france, éditeur de ZDNet) a débauché Pat Houston de chez CNET Networks pour appliquer des recettes déjà éprouvées sur CNET.com.Le nouveau service s'articule de façon classique autour d'un gigantesque catalogue de produits que l'on enrichit de liens vers les articles et les guides des sites éditoriaux indépendants et surtout des données des utilisateurs. C'est là que Yahoo!Tech mérite toute notre attention. Depuis plusieurs mois la stratégie autour de Yahoo 360 permet aux utilisateurs enregistrés de Yahoo de générer des informations concernant leurs préférences en matière de produits high-tech. L'ensemble des données collectées se retrouve exploité sur le nouveau service ainsi que les questions réponses emmagazinées par le service Yahoo! answers comme l'a noté Pierre Chappaz.

"tu bosses et je ramasse"
Pour cette raison Yahoo!Tech n'est pas seulement un service Web 2.0 mais le produit de plusieurs services communautaires, un des premiers exemples d'orchestration et d'intégration de ce type sur un site de forte audience. Tout ceci sans jamais vraiment produire le moindre contenu ce qui m'inspire au passage cette possible définition du Web 2.0: "tu bosses et je ramasse". Car que l'on ne s'y trompe pas c'est bien autour du contenus des utilisateurs que s'organise l'ensemble du site. Leurs préférences, leurs notations et commentaires sont au coeur de l'organisation des pages et de la navigation. Le profil de chaque internaute s'enrichit d'ailleurs de tous les produits qu'il a consulté. Reste à savoir si le service deviendra un véritable lieu de participation plutôt qu'un lieu de consultation, c'est tout l'enjeu du Web 2.0, bien au delà de Yahoo…

Sa commercialisation passe par la publicité (le CPM sera-t-il plus élevé que sur les autres zones éditoriales de Yahoo?) et les liens marchands via le comparateur de prix. Des données qu'il faudra suivre de près pour savoir si le modèle Yahoo réussira à s'affranchir des revenus des liens sponsorisés et in fine du modèle Google.

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