Presse: la question de la fusion des rédactions

juillet 17, 2006

J’ai déjà eu l’occasion de dire que la question de la fusion des rédactions (papier et en ligne) était souvent abusivement mise en avant comme LA réponse aux enjeux industriels de la presse.  L’annonce récente du FT.com (une nouvelle fois…) relance le débat et suscite des arguments plus précis. Je passe sur la notion de bimédia, hors sujet, puisqu’on est déjà bien au delà de cette notion au profit d’un "multi-média" enfin assumé. La question est moins en effet de mettre en avant le Web comme plateforme de publication que d’adapter la chaîne de production aux exigences des contenus numériques et de penser "multi-média" afin de servir des vecteurs de diffusion toujours plus nombreux.

J’ai relevé quelques billets intéressants sur le sujet:
> "DOW JONES WILL INTEGRATE ON AND OFF LINE NEWSROOMS OF THE WALL STREET JOURNAL" (What’s Next: innovations in Newspapers blog)
> Le memo interne du Wall Street Journal décrivant la stratégie de fusion des rédactions (Poynteronline)
> Un billet brutal, à son habitude, de Jeff Jarvis sur BuzzMachine:" Who’s in charge here". Lire surtout les commentaires qui abordent des sujets rarement traités publiquement comme la question des équipes commerciales ou le management des équipes.
> Sur MediaCafé de mon camarade – toujours bien informé - Jeff Mignon, la pratique du multimédia au sein du New York Times
> Les questions/réponses du directeur adjoint des rédactions du NYTimes.com
> L’annonce du Guardian.co.uk (enregistrement gratuit mais obligatoire) analysée sur MediaCafé
> Le billet de Roy Greenslade toujours sur le Guardian.co.uk: "Who should run papers – print guys or online guys? ", plus mesuré que ne le laisse entendre le titre…
> "Priorité au web: la contamination?" par Benoît Raphael, Responsable des stratégies Internet du groupe Dauphiné Libéré.
> "Newspapers, Who’s In Charge? The Non-Customers" billet de Michael Urlocker (consultant spécialiste es innovation et technologies) qui fait suite à celui de Jef Jarvis cité plus haut et qui nous rappelle quelques vérités brutales, en particulier le risque de focaliser sa stratégie sur la préservation d’un lectorat acquis… J’aime bien son idée que c’est "l’Iceberg qui dirige le Titanic". A lire pour comprendre…
> Enfin relire le discours de Rupert Murdoch à l’American Society of Newspaper Editors. Toujours étonnant quoiqu’on pense de NewsCorp …

Je retire de ces lectures moins l’idée d’une polémique que celle d’un enjeu de management des équipes et de redéfinition des objectifs. C’en est presque banal … 

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8 Responses to “Presse: la question de la fusion des rédactions”


  1. Au delà du débat sur la primauté de l’Internet sur le print dans la publication de l’info, la question de la fusion des rédactions est de moins en moins polémique. Même au Washington Post, qui avait opté au départ pour le modèle des rédactions séparées, on en est venu à la fusion pour une raison simple : c’était du bon sens. En fait, explique-t-on au WP, on avait au départ séparé les rédactions pour éviter les blocages culturels au sein du quotidien et faire avancer le projet multimédia. Aujourd’hui, le web fait partie de la culture du Washington Post.


  2. oui d’un autre côté de quelle fusion parle-t-on? Si on lit attentivement l’annonce du FT on conserve un service chargé de produire des contenus multimédia …

    La question de la fusion est eminement politique avant tout mais les compétences restent segmentées

  3. phil Says:

    On parle beaucoup de fusions des redactions (print et web), de qui va faire quoi c’est à dire d’enjeux de pouvoir internes, fort bien. Mais peu de sujets (voire aucun, en tout cas je n’en ai pas lu jusqu’ici) sont consacrés à la création d’emploi… Est-ce à dire que la révolution web en cours, qui s’accélère, ne générera aucun postes de journalistes ?? Existe-t-il des études sur cette question ?
    Le nouveau web est-il l’eldorado des agrégateurs de news et des moteurs de recherche ?
    J’observe les plans sociaux dans de nombreuses redactions de journaux, je constate que de plus en plus de journalistes au chômage "pigent" bénévolerment pour Agoravox et/ou créent leur blog mais je ne vois pas arriver les embauches correspondantes sur le web.
    Pourtant chacun s’accorde à dire qu’un site web c’est d’abord du contenu, donc de l’info. Non ?


  4. Très bonne remarque. Pour le moment je doute que le nombre de personnes concernées par les plans sociaux se retrouve dans les mêmes proportions sur le web. Il y a peu de rédactions web dont les effectifs peuvent rivaliser avec ceux d’un simple magazine… La tendance dite de la "fusion des rédactions" ne va pas aider non plus. Ce que je vois surtout c’est ne profusion d’agences et de boîte de production de "contenus" multimedia. Pour le moment ce sont elles qui nourrissent le plus grand nombre mais je me trompe peut etre…

  5. phil Says:

    Bien vu concernant les agences de contenu. Les sites institutionnels ont besoin effectivement de plumes pour leur fournir de la matière; il s’agit des conseils généraux, régionaux, L’etat, les communautés d’agglomerations et j’en passe. Ma

  6. phil Says:

    Pardon, je continue : malheureusement on s’éloigne du journalisme (c’est un peu mon cas en ce moment. je ne m’en plains pas, il faut vivre).
    C’était juste une parenthèse pour évoquer – certes un peu naivement – l’aspect humain des choses. A force de parler "pub" et Chiffre d’affaires on oublie qu’un lecteur vient sur un site (ou lit un journal) pour y trouver une info. Or, cette info nécessite d’être d’abord recueillie à l’état brut, puis sélectionnée, décryptée, écrite avant d’être consommée. Tout cela c’est du jus de crâne produit par les journalistes ;-))


  7. C’est un sujet délicat, j’ai déjà eu l’occasion de m’exprimer sur la question du statut du journaliste, sur les droits d’auteur et quelques considérations syndicales. Disons que notre profession a d’abord réagi de façon défensive sur l’évolution du métier et a dressé des barrières qui maintenant coûtent très cher. Certaines revendications étaient légitimes, d’autres relevaient d’une vue à court terme et ont conduit à une situation étonnante: celle de groupes employant des non-journalistes pour exercer un métier de journaliste.

    La prolifération des agences c’est aussi la conséquence de cette situation et d’une certaine précarisation du métier. La leçon est claire: si la profession ne se réforme pas, le marché peut se passer de professionnels encartés.


  8. Oups j’oubliais de rajouter, comme tu l’as très justement remarqué, qu’il n’y a pas que les agences qui sont la marque de la précarisation il y a aussi les sites de "journalisme citoyen" qui par un habile tour de passe passe permettent de transformer la relation salariale entre le journaliste et son employeur en une relation bénévole ou teintée de rémunération à la performance au nom du bienfait de l’humanité numérique. Pratique …


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