J’en profite pour signaler avec un peu de retard un nouveau blog intitulé Vaporware, de mon camarade Jean-Philippe qui a oeuvré plusieurs années sur le terrain des comparateurs de prix. Il connaît assez la question pour soulever quelques points passés inaperçus ces dernières semaines. En particulier comment les comparateurs de prix n’ont jamais vraiment réussi à bâtir le catalogue parfait et ont fini par accepter de se contenter d’une qualité approximative. Jusqu’à Google qui a jeté l’éponge discrètement préférant justifier a posteriori le bric à brac indigent de sa base de donnée et abaisser les prétentions de son vaporware méconnu en France, Froogle.

Un billet très technique mais que les spécialistes apprécieront à sa juste valeur car tout ceci constituait une bonne part du buzz du web 1.0. A méditer à l’époque 2.0 car le business des agrégateurs de news n’est pas très éloigné de celui des comparateurs de prix… On appréciera aussi ce débat technique alors que la DGCCRF a entrepris de s’attaquer à ces mêmes shopbots (voir un autre billet inspiré sur le sujet).

Le titre exact du dernier rapport de l’institut Montaigne est "Comment sauver la presse quotidienne d’information" (à télécharger en .pdf). Une gourmandise de 116 pages qui dresse la liste des misères qui s’abattent sur la presse écrite et qui s’est faite remarquée depuis quelques jours pour ses 11 propositions pour échapper aux flammes. Je reproduis ci-dessous ces propositions. Elles n’ont pas toutes le même intérêt mais elles ont le mérite pour un public profane d’exposer quelques uns des soucis de notre industrie. La lecture du rapport me met tout de même mal à l’aise par cette mauvaise habitude de dissocier la presse écrite (comprenez "quotidienne et imprimée") de la presse en ligne, d’ailleurs jamais vraiment nommée, on y parle de l’internet, sorte de décors dantesque peuplé d’ados ingrats. Comme si le lecteur de Libération, une fois en ligne, n’était plus vraiment le même lecteur.

Passons sur un paragraphe frisant le ridicule décrivant une jeunesse se désinteressant de la chose publique (donc des quotidiens, gardiens de la République et de la démocratie, CQFD). A quelques mois du CPE et du réferendum européen on mesure surtout l’incompréhension d’une certaine élite pour cette même jeunesse. Passons… Plus intéressant les questions de droits d’auteur qui bloquent la stratégie multi-supports (un point crucial à mon avis), les points de vente en diminution, les faibles marges des distributeurs, le manque de trésorerie des groupes, la question des imprimeries et des syndicats.

On ne peut pas dire que les propositions soient très offensives en matière d’investissement en ligne mais il faut être compréhensif, il s’agit surtout de restaurer un minimum de profitabilité sur le coeur de l’activité à défaut de contrer un mouvement inéluctable. Petit plaidoyer pour la concentration industrielle , aussi, ça peut aider. Evidemment, vu des USA, certains ricanent déjà

Maj 31/08 : Jeff en met aussi une couche et nous sommes d’accord pour orienter le projecteur sur les droits d’auteur …

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Proposition 1 : Mettre en place un plan de réformes de la presse sur trois ans dans lequel l’obtention des aides serait strictement conditionnée à la restructuration des entreprises de presse. Les titres abusant des largesses de l’État seraient, après audit et suite à une période de trois ans, obligés de rembourser les aides perçues à titre exceptionnel. Adopter ensuite une loi prévoyant, au nom de la liberté de la presse, la suppression définitive des aides directes.

Proposition 2 : Supprimer définitivement les bureaux de placement tenus par le Syndicat du Livre – CGT. Financer des plans sociaux dans les imprimeries et mettre fin au monopole de l’embauche détenu par la CGT en dédommageant généreusement les intéressés.

Proposition 3 : Accorder des aides spécifiques aux titres ou groupes qui lanceraient dans les trois ans la construction ou la modernisation d’imprimeries indépendantes en province ou se regrouperaient pour imprimer sur un site commun en région parisienne. Réserver une part du plan d’aide de trois ans aux entreprises qui décident d’imprimer à l’étranger, soit en construisant leur propre imprimerie, soit en passant des accords avec des imprimeries locales, pour développer leur distribution à l’international.

Proposition 4 : Mettre en place une politique d’informatisation ambitieuse des circuits de distribution pour mieux ajuster les quantités mises à disposition par les éditeurs. Accélérer les négociations en cours sur la suppression de mise en place d’un titre chez les détaillants où il n’y a pas de vente pour trois parutions successives. .org

Proposition 5 : Supprimer le périmètre d’exploitation réservée pour les kiosquiers, mais exclusivement pour la distribution de la presse quotidienne. Contribuer en contrepartie à l’augmentation des revenus des kiosquiers en allégeant leurs charges fiscales et sociales. Proposer sur une période de trois ans des indemnités de départ aux kiosquiers qui rencontreront des difficultés économiques et favoriser la vente des quotidiens dans les bars et restaurants et chez les buralistes.

Proposition 6 : Mettre en place un système de distribution à la demande avec réservation et paiement des titres à l’avance, directement au détaillant, ou alors sur Internet ou par mobile.

Proposition 7 : Favoriser la prise en main des quotidiens par les jeunes qui entrent au lycée ou dans des établissement d’enseignement professionnel en proposant aux éditeurs de leur offrir un abonnement de trois mois.

Proposition 8 : Assouplir le dispositif anticoncentration concernant la presse quotidienne en autorisant tous les groupes européens à posséder un quotidien national payant et un gratuit.

Proposition 9 : Pour la presse quotidienne régionale, supprimer les seuils anticoncentration.

Proposition 10 : Modifier le régime des droits d’auteur pour les articles et les photographies de presse quand ils sont produits par des journalistes ou photographes salariés en intégrant cette rémunération supplémentaire directement dans le contrat de travail.

Proposition 11 : Aligner sur le régime de droit commun, par une renégociation complète de la convention collective de la presse quotidienne, les indemnités de licenciement liées à la clause de conscience ou de cession des journalistes. Cette mesure permettrait d’éviter l’hémorragie financière dont sont victimes les entreprises de presse qui se restructurent ou changent de propriétaire. Compte tenu du caractère spécifique de la presse, on peut imaginer, au surplus, le principe d’une indemnité supplémentaire, forfaitaire et égale pour tous et, en cas de reprise, limitée à une juste et raisonnable proportion des capitaux investis pour renflouer le journal. La nouvelle convention doit être négociée avec les syndicats de journalistes – la meilleure des contreparties à la remise à plat de la clause de cession étant une augmentation très significative des salaires des journalistes en poste.

> La liste à imprimer et épingler au dessus du bureau ou du lit

“Snakes on a Plane” ou comment la création collaborative accouche d’un navet. C’est le titre du dernier billet de Laetitia Mailhes sur son Blog des Echos.fr à propos d’un nanar filmé conçu à 100 % pour surfer sur l’effet de buzz. Ca me fait mourir de rire. Ca détend au milieu de mes derniers billets nauséeux… Comme quoi on sait encore s’amuser dans la presse, pas vrai?

Nous autres, groupes de presse, nous savons maintenant que nous sommes mortels. Pour paraphraser Paul Valery c’est un peu ce que l’on ressent à l’heure ou un article de The Economist sur la mort des journaux d’information suscite ça et (et encore ici et encore ) de ténébreux commentaires. Cet article n’apporte pourtant rien de bien neuf au débat. Plus spectaculaire il faut lire ce très long article du New York Times qui analyse la chute du groupe de presse américain Knight Ridder.

Avec ses 18 000 employés, des 32 quotidiens et ses 3,7 millions de lecteurs payants (pas des visiteurs uniques…) ce groupe a créé un véritable séisme en annoncant sa vente probable en novembre 2005  puis effective en juin dernier pour 4,5 miliards de dollars. L’article analyse longuement la chute de l’empire et son dépeçage par son nouveau propriétaire McClatchy Company.

Le récit est passionnant en particulier parce qu’on y parle peu d’internet si ce n’est comme le petit grain de sable qui a grippé la machine. Mais on retient que c’est avant tout une impasse financière qui a eu raison du groupe: en premier lieu l’incapacité d’obtenir de ses actionnaires trop nombreux la décision de financer une indispensable et effroyablement couteuse réorganisation. Un investissement qui aurait mis à mal les confortables marges bénéficiaires exigées par les marchés financiers. Le renoncement aussi de son patron Anthony Ridder, coupable de n’avoir pas voulu imposer la réorganisation. L’article est particulièrement brutal envers lui.

Un article qui montre le dilemne des groupes de presse qui ne peuvent tout simplement pas renoncer aux marges d’un business en déclin pour financer la nécessaire transition. Une transition qui peut durer de longues années. Jamais, à la lecture de cet article, on ne ressent plus intensément cet évidence que la presse est une industrie qui souffre du mal de toutes les autres industries. Ni plus ni moins. Une industrie qui doit se recomposer.

Jean-Marie Le Ray, auteur du blog Adscriptor, me signale une info passée inaperçue durant l’été et à laquelle il consacre un long billet: une proposition de l’ICANN qui conduirait à la libéralisation des prix sur les noms de domaine. J’avoue ne pas être un spécialiste de ce marché mais les conséquences me semblent assez importantes pour mériter de la relayer.

Lire aussi cet article de CircleID dont l’auteur a obtenu une confirmation de Vint Cerf sur le sujet

A lire dans Libération un entretien avec David Targy, un analyste du cabinet Precepta auteur d’une étude détaillée sur la stratégie des medias sur internet. Lire aussi l’excellente analyse de Danielle sur le sujet. Je partage les observations de David Targy qui qualifie de sites compagnons la plupart des sites médias issus de titres de presse. Toutefois la tendance est plutôt à l’éloignement de ce modèle. L’Express.fr a ainsi adopté une stratégie de quotidien, le Nouvelobs.fr propose depuis longtemps des flux d’actualité permanents, les quotidiens nationaux développent des services et des contenus spécifiques au web et la PQR lance des services, blogs de lecteurs, petites annonces, même si ses membres sont encore loin de proposer l’ensemble des contenus produits. Le mouvement est certes prudent mais déterminé.

Les revenus publicitaire en question
Entièrement d’accord avec le constat sur la faiblesse des revenus publicitaires face aux grands portails. En fait à mon avis la plupart des sites d’information commercialisent leurs pages à des niveaux de CPM bien trop faibles, le plus souvent inférieurs à 10 euros. Un niveau qui est un aveu de faiblesse et ne permet pas de les différencier des grands portails et met directement le modèle du CPM en concurrence avec celui du CPC ou CPA, des modèles de rémunération à la performance très gourmands en inventaire de pages. Impossible dans ces conditions de rivaliser avec les portails qui raflent l’essentiel des revenus publicitaires comme le note l’auteur.

Contrairement à ce que laisse entendre le titre de l’article de Liberation, je doute de la capacité à long terme des portails à s’approprier durablement le marché des médias d’information. MSN en France tient son succés essentiellement à son populaire Messenger, Yahoo a entrepris une stratégie orientée vers le grand public façon TF1 qui le conduit à investir sur le sport, les loisirs et les services pratiques tandis que les contenus d’information et d’actualité n’ont pratiquement pas évolués depuis plusieurs années. Difficile dans ce cas de servir les besoins d’un lectorat exigeant en matière de contenus ciblés. Danielle Attias note à juste titre que Yahoo US a abandonné récemment la production d’un show de divertissement. Difficile marché que celui de la production de contenus quand on est constitué d’un agrégat de services.

C’est aussi à mon avis une leçon pour les médias d’information qui seraient tentés de multiplier les services et plates-formes en tout genre. Un matin on se réveille dans la peau d’un portail généraliste et il est encore plus difficile de justifier sa différence avec les grands portails. On se retrouve alors sur la case départ avec des tarifs publicitaires écrasés, prisonnier de la course au trafic… A moins de justifier d’une vraie spécificité par exemple dans le cas de la PQR (presse quotidienne régionale) et son marché local.

La question des offres payantes
David Targy envisage avec prudence l’option du payant comme solution. Une prudence justifiée par l’absence de chiffres et d’exemples assez nombreux pour être concluants. Malgré l’évidente popularité de la gratuité je dois rappeller une autre évidence: le niveau des CPM pratiqués actuellement ne permet pas de financer la production de contenus, du moins pas les volumes produits chaque jour par un quotidien. D’où l’enjeu crucial pour les médias de se différencier sans compromettre la valeur ajoutée de leurs contenus afin de pouvoir soutenir des tarifs publicitaires élevés. Un débat que j’ai abordé lors des rencontres Médias et proximité. Dans ces conditions l’option gratuite n’est en réalité pas envisageable si l’ont revendique l’ambition de développer une presse d’information en ligne puissante, exhaustive et influente. Sinon il restera toujours l’alternative d’une forme plus légère de médias où les contenus sont réduits au minimum au profit de l’animation d’espaces communautaires et d’une sureprésentation des services à la manière d’Aufemin.fr, un site plusieurs fois cité par David Targy dans l’entretien.

MAJ 26/08/06 Le compte rendu le la manifestation par Joël est ici.

Je pars demain matin pour Biarritz afin de participer aux rencontres Médias et Proximité. J’espère pouvoir poster quelques billets sur place si le Dieu du Wi-Fi m’est favorable. J’interviendrai Vendredi matin de 9h30 à 10h45 sur le thème :

"Place et rôle du citoyen dans l’information de proximité : comment les médias l’envisagent-ils dans le processus d’information ?"

A priori je compte aborder la question de l’enjeu de la maitrise d’une ligne éditoriale dans un environnement partagé. En particulier j’expliquerai probablement que l’ouverture des articles aux commentaires n’est pas une solution miracle (bien que nécessaire) et que l’hébergement des blogs de lecteurs est une facilité (je préfère le contrat moral et intellectuel qui lie une rédaction avec une communauté de blogueurs volontaires ou choisis). Concernant les quotidiens je crois aussi que l’apport du lecteur n’est pas forcément là où on l’attend habituellement, en particulier sur les news. Il existe d’autres pistes en matière de développement communautaire. Rappeler aussi quelques données chiffrées sur la monétisation du web 2.0 et le piège du CPC googlelisé et le mythe du journalisme citoyen, si j’ai le temps… 

Tout ça si je survis à l’apéro du jeudi soir avec une bande de gaillards blogueurs…  

Rappel :
> Le programme de la manifestation 
> Les intervenants

Semaine faste pour le magazine Business 2.0, c’est aujourd’hui un article consacré au bilan économique (et d’audience) du NYTimes.com  qui a retenu mon attention. L’auteur a rencontré Martin Nisenholtz, Vice président en charge des activités numériques du groupe depuis un an et demi. L’occasion de dresser la liste des innovations technologiques qui ont vraiment connu un succès et celles qui ont fait flop, tout en gardant un oeil sur les courbes de progression des abonnements. Le genre de situation pour laquelle je me sens très concerné, allez savoir pourquoi…

Le NYtimes.com comme beaucoup d’autres quotidiens a adopté de nombreux dispositifs et innovations qui ne méritent peut être pas l’appellation Web 2.0 mais en ont le parfum. Une grosse partie de ses revenus en ligne proviennent du site About.com. Par ordre décroissant d’efficacité (selon Nisenholtz) on trouve les flux RSS, les liens "articles les plus envoyés", "les plus blogués" , "les plus recherchés". Les blogs, innovation récente, semblent donner satisfaction sans pour autant peser encore sur l’évolution du trafic. L’usage des tags ou des nuages de tags est en revanche un four complet ce qui ne m’étonne pas du tout. Les nuages de tags sont une des marques des sites Web 2.0 mais sont aussi avant tout une friandise pour geek totalement incompréhensibles pour le commun des mortels. Et pour cause, à l’origine c’est surtout une forme d’optimisation des liens de navigation à destination de Google et des objectifs de référencement, pas vraiment ergonomique pour l’internaute moyen.

Tout ça peut paraître bien gentillet pour les habitués du Web 2.0 mais ces petites innovations représentent souvent de petites révolutions pour les rédactions des grands quotidiens. Des quotidiens dont l’audience souvent très mature et peu portée sur les technologies doivent avant tout être séduite par des fonctionnalités simples et utiles plutôt que tape à l’oeil. C’est souvent une bonne leçon de modestie et un vrai test pour mesurer le véritable degré d’adoption des technologies par le grand public. A ce propos je lis avec intérêt les propos sur les flux RSS, certes performants, mais toujours utilisés par une minorité de lecteurs. Difficile, en effet, d’en expliquer l’usage à un public non-averti. Il faut à mon avis limiter au maximum la manipulation des flux eux-mêmes et privilégier l’intégration en un clic dans les lecteurs d’emails et les pages personnalisées à la MyYahoo! ou Netvibes à mon avis. Un point qui m’occupe tout particulièrement en ce moment d’ailleurs.

Intéressant de voir que le NYtimes.com a vu augmenter ses abonnés en ligne (plus de 500 000) en partie grâce au programme Time Select donnant accès à des zones réservés. J’ai lu quelque part que ce programme avait tout de même bénéficié du transfert forcé d’une bonne part des abonnés aux anciennes formules… Au total 190 000 sont abonnés à la seule édition en ligne pour un chiffre d’affaire de 9,5 M$ par an.

J’ai eu l’occasion de converser il y a quelques mois avec Martin Nisenholtz de passage à Paris. Je l’avais interrogé sur la relative modestie du dispositif "web 2.0" malgré certains communiqués de presse triomphants du quotidien et surtout sur l’absence de passerelles entre About.com et le site NYTimes.com. Il avait reconnu que la réalité était souvent laborieuse, en particulier quand il faut convaincre une organisation de plusieurs centaines de journalistes et des années d’habitudes et de reflexes acquis en matière de publication. Certains pourront le regretter mais c’est souvent le prix pour réformer une institution tout en préservant sa vraie valeur: sa crédibilité, sa légitimité, sa marque…

Lire l’article de Business 2.0 "The New York Times’ digital makeover"

Vu chez Loïc un remarquable article de Business 2.0 (sur CNN Money) qui révèle enfin quelques chiffres d’affaires des blogs les plus célèbres. En vrac on trouve :

Techcrunch (US): 60 000$/mois pour 1,5 M de visiteurs uniques par mois (soit entre 3 et 5 M de pages par mois à mon avis)
Boing Boing : 1 M$ par an (prévision sur 2006) pour 25 M de pages vues par mois
PaidContent.org : > 1 M$ par an
Gawker Media : 3 M$ par an  (Estimation non confirmée) pour 13 sites et + 60M Pages vues par mois
Fark.com : 5 à 8 M$ par an (?non confirmé) pour 40 M de pages vues par mois

J’avoue être assez stupéfait par ces chiffres en particulier pour Fark.com dont l’indigence éditoriale (sans renier le succés) et la relative pauvreté publicitaire cadrent mal avec les chiffres annoncés. Les résultats de Boing Boing contredisent mon analyse du mois de mai dernier . Dont acte si mes calculs sont erronés, toutefois je maintiens mon analyse des logs (toujours accessibles) qui montrent une surestimation des pages et je constate que les chiffres donnés par la régie publicitaire n’ont pas varié. Je lis aussi que le chiffre d’affaire de 1 M$ n’est pas une déclaration du propriétaire du site mais une extrapolation par le traffic et un CPM moyen. C’est un peu mystérieux, même si le chiffre peut être atteint avec un CPM élevé (mais quid des déclarations de la régie?). J’ai demandé à l’auteur de l’article une confirmation de ses sources, je communiquerai sa réponse.

MAJ 24/08/06 : l’auteur de l’article m’a confirmé aujourd’hui les données de chiffre d’affaires même si la source n’est en effet pas Boing Boing. Ce ne sont pas des estimations. Dont acte…

En revanche les données de Techcrunch sont plus compréhensibles sur la base d’un lectorat d’investisseurs très recherchés par les annonceurs (donc CPM élevé). C’est d’ailleurs un des points les plus intéressants de l’article: le phénomène récent d’augmentation du prix moyen du CPM sur le marché US. On parle d’un CPM entre 5 et 10 $. Pas mal pour des sites qui plafonnaient il y a un an à des CPM inférieurs à 2 $ qu’il faut comparer avec les sites medias traditionnels ou le CPM peut varier entre 10 et 50 $ voire plus. Une tendance qui valorise clairement les sites medias (blogs compris) dès le moment où il peuvent faire la preuve des caractéristiques de leurs audiences.

La leçon de cette histoire, même si quelques chiffres méritent éclaircissement, c’est qu’on assiste au grand retour de la pub traditionnelle et une valorisation accrue des sites éditoriaux. Le fruit d’une meilleure compréhension de la presse en ligne et d’une tension sur le marché publicitaire. Reste que sur le marché français on est encore loin de cette maturité sans parler des niveaux de CPM moyens ou même des CPC des mots clés sponsorisés dont les niveaux restent en moyenne de 3 à 5 fois inférieurs à ceux du marché anglo saxon. L’évangélisation ne serait-elle pas encore accomplie?

Après Rupert Murdoch le journaliste de PBS Charlie Rose propose 20 minutes d’entretien avec Chad hurley et Steven Chen les fondateurs du service d’échange video YouTube. Pas de révélations fracassantes mais les deux fondateurs affirment vouloir orienter le service vers les contenus professionnels et faire évoluer la plate-forme pour mieux controler les problèmes d’infraction au copyright.

Coup de bluff ou non ils affirment être bientôt rentables avant la fin de l’année 2006 avec des revenus 100% en provenance de la pub. C’est peut être un effet de leur jeunesse mais j’ai trouvé que ce passage manquait de conviction. Le genre de réponse où il faut analyser chaque mot. Principal risque avoué : le copyright, d’autant que la publicité devrait faire son apparition même on ne sait pas encore vraiment sous quelle forme.

A voir sur Google Video (gratuit pour le moment grace au sponsor)
(Attention l’interview ne débute qu’à la 38eme minute apres deux autres sujets d’actualité internationale – faites avancer la video via le curseur…)

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Via Innovations in Newspapers

Petite révolution sur la plate-forme WordPress.com (sur laquelle est publiée ce blog): la création et l’hébergement des blogs reste gratuit mais une forme de paiement à l’acte vient de faire son apparition. Il s’agit très exactement de proposer aux utilisateurs de WordPress.com de payer pour accéder à des fonctions avancées de gestion du blog, en particulier les fonctions de personnalisation avancée. En pratique on paye via Paypal pour obtenir des crédits avec lesquels on active telle ou telle fonction. La première fonction proposée concerne la possibilité d’éditer sa feuille de style.

Pour ma part j’attends avec impatience la possibilité d’éditer une partie du code des pages pour intégrer les scripts de mon choix ou tout simplement des marqueurs pour auditer l’audience… 

Cliquer sur l’image pour élargir…

wordpress-cpa1.gif

 Pour en savoir plus sur le blog de WordPress.com

J’ai déja abordé ce sujet délicat ici et avant de prédire que le feuilleton ne faisait que commencer. C’est au tour des annonceurs US de s’organiser pour exiger des éditeurs en ligne une certification des mesures d’audience comme nous l’apprend cet article de ClickZ News intitulé "Advertisers demand accountability". Le processus a commencé en 2004 à l’initiative de l’IAB (Interactive Advertising Bureau) avec pour objectif d’assainir les pratiques de mesure d’audience. Pas besoin d’expliquer que si une telle demande est devenue indispensable c’est que ces mêmes pratiques ont parfois un petit goût de frelaté…

En France une démarche identique s’organise autour des principaux acteurs, OJD en tête pour les éditeurs mais également l’IAB France, l‘UDA et Mediamétrie. La démarche de l’OJD consiste à labeliser les outils de mesure et de réunir les éditeurs pour s’accorder sur les "bonnes pratiques". pour l’instant c’est un peu l’histoire de Blanche Neige et les septs nains mais les efforts portent peu à peu leurs fruits à mesure que le marché se professionnalise et gagne en maturité. Cette exigence nouvelle est une tendance très positive et mène à structurer le marché publicitaire et valoriser la production de contenus de qualité pour un public exigeant dont il faut chaque jour cerner un peu plus les spécificités.

A l’heure où certains confondent l’audience de Myspace.com avec celle du New York Times le marché a bien besoin de cet effort. D’ailleurs je me demande si les déclarations du patron de Google Eric Schmidt sur ce thème (il veut étendre le réseau aux nouveaux contenus multimedia et en évaluer la performance) ne sont pas liées à cette nervosité ambiante face au fourre-tout de la pub au CPC ou au PPC. Certains s’inquiètent déjà ouvertement de l’impact négatif de Myspace.com sur la qualité et les performances du réseau Adsense/Adwords. Même Google doit désormais convaincre le marché.

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