Pourquoi la presse a du mal à s’adapter aux enjeux de l’internet

septembre 27, 2006

Un billet simple et brillant de Steve Outing qui, avec la finesse d’un bulldozer, explique avec la précision de l’initié la petite cuisine interne de l’industrie de la presse et l’origine des difficultés à se réformer. J’ai été impressionné par cet article dont j’aurais du mal à critiquer le moindre mot, en particulier parce qu’il décrit simplement des questions d’organisation, de conflits d’intérêts et de rapports humains. Il rappelle aussi très justement qu’une partie du frein au changement provient du fossé qui existe toujours entre les revenus des activités du "papier" qui dépassent encore de loin ceux du numérique. Difficile dans ces conditions de gérer l’inéluctable transition sans compromettre l’équilibre financier de l’édifice. Un dilemne qui a déjà coûté l’effondrement du groupe Knight Ridder.

On est loin des critiques de "la presse qui n’a rien compris au web", on aborde ici la réalité économique et la question de fond de l’organisation industrielle.

Lire l’article sur Editorandpublisher.com "Why Aren’t Newspapers Breaking Out of the Box?".

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8 Responses to “Pourquoi la presse a du mal à s’adapter aux enjeux de l’internet”


  1. Emmanuel,

    Puisqu’il est question d’adaptation des journaux à Internet, voici un article intéressant sur la version online du Monde : http://paris.blog.lemonde.fr/paris/2006/09/journaux_lectro.html
    Jean-Marie


  2. Un papier enthousiaste en effet. D’un autre côté qui sait que le Figaro et Les Echos (et d’autres) ont des versions "digitales" depuis longtemps. Un poil moins spectaculaire mais qui offre des fonctionnalités surprenantes
    désolé c’est payant :

    http://www.lesechos.fr/digital/ARCHIVES/PDF_20060928_LEC/docslib/accueil.html

    Provisoirement gratuit pour le Figaro

    http://lequotidien.lefigaro.fr/epaper/viewer.aspx

    D’ailleurs Les Echos sont aussi sur la meme plateforme Newspaperdirect.com depuis plus d’un an pour info
    Le Monde a bien marketé son annonce mais surtout bien intégré son édition numérique au site.


  3. En français on ne dit pas "digital" mais "numérique".


  4. > François, vous avez raison il se trouve qu’aux Echos que c’est ainsi que l’édition type "pdf" a été baptisée au départ probablement pour distinguer de l’édition numérique qui est … la version web.
    Je corrige. merci

  5. peter Says:

    ok merci pour la citation élogieuse, dans la foulée (suite au nombreux commentaires) je viens de lancer un questionnaire concernant 28 portails de presse quot… http://paris.blog.lemonde.fr/paris/2006/09/journaux_lectro_1.html

    n’hésitez pas à le relayer pour que le questionnaire circule et que les résultats fassent sens. Globalement on a vraiment l’impression que les graphistes sont pour l’instant exclus du process de réflexion sur ces portails. De purs produits informatiques fait par des informaticiens… Y a encore du boulot… pour les rendre «touchy»… ;-)


  6. Très bonne idée. (Entièrement d’accord avec le constat aussi)

    Je vais relayer le questionnaire …

  7. edgeminded Says:

    Il n’y a pas uniquement de spécialité "presse" qui expliquerait le déclin. Il s’agit également d’une révolution industrielle de la même importance que celle de l’imprimerie et les entreprises sont rarement organisées pour affronter de tel bouleversement. D’autres industries ont déjà disparues ou profondément muté.
    je vous propose une petite analyse : Pourquoi les médias français ratent le virage Internet

    http://edgeminded.com/article-3689196.html


  8. [...] – c’est encore une fois en Amérique qu’on va pêcher les discours les plus constructifs (entendre “non conservateurs ou timorés”) sur le sujet, puisque Jeff Mignon est rappelons-le un américain (d’adoption). Dans le domaine francophone, je ne vois que Benoit Raphael et Emmanuel Parody qui ont résolument adopté une position frontale parfois iconoclaste sur les modèles d’avenir et l’absence navrante d’une capacité des éditeurs locaux à se réinventer (position d’autant plus courageuse que l’un et l’autre sont cadres dans des entreprises de presse…). – dans le trio (production, distribution, usages) des modèles en changement, c’est à mon avis par la distribution qu’on va pouvoir innover le plus efficacement. On a encore trop tendance à réflechir en terme de diversification de formats (écrit, vidéo, audio), de produit éditorial, de valeurs, de thèmes, de référents (pages, pages d’accueil, visites), de ressources humaines (ah! le fameux poids des syndicats…) et pas assez en fonction des opportunités de toucher un public en utilisant les canaux disponibles (au lieu de déplorer les trucs super qu’on ferait si on était dans 3 ans). A cet égard, l’exemple de 24 horas est le plus intéressant de ce qu’on peut faire quand on essaie d’utiliser le potentiel de distribution d’Internet avec un vieux format papier (le PDF). [...]


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