Suite du Google News Report France pour le mois de novembre  (le détail ici) qui classe les principales sources d’information selon leur positionnement, leur fréquence et durée d’apparition sur la Une de google News. La liste du top 50 change peu mais chacun joue des chaises musicales. Cet outil est décidemment devenu indispensable pour controler les performances du positionnement au jour le jour sur Google News. Utile aussi pour suivre les nouvelles sources d’informations prises en compte dans l’index.
Voir le classement précédent ici

Top 50 des sources Google News France
Rang Octobre 2006 Novembre 2006
1 Nouvel Observateur Nouvel Observateur
2 Le Monde Le Monde
3 Le Figaro Le Figaro
4 Libération L’Express
5 Boursier.com TF1
6 L’Express Libération
7 TF1 Boursier.com
8 Cyberpresse Cyberpresse
9 La Tribune.fr La Tribune.fr
10 Boursorama Boursorama
11 France 2 France 2
12 PC Inpact Clubic
13 AgoraVox PC Inpact
14 Clubic Radio-Canada
15 Romandie.com Canoë
16 Sports.fr XINHUA
17 Actualités News Environnement Football.fr
18 EuroNews l’Humanité
19 Portage emploi Portage emploi
20 Radio-Canada Sport365.fr
21 Sport 24 20minutes.fr
22 l’Humanité Actualités News Environnement
23 Eurosport – TF1 EuroNews
24 Canoë Romandie.com
25 L’équipe.fr Eurosport – TF1
26 ZDNet Les Échos
27 20minutes.fr ZDNet
28 Challenges RTBF
29 Les Échos Culturefemme.com
30 France 3 Sports.fr
31 Matinternet 01net
32 01net AgoraVox
33 Football.fr 7sur7
34 XINHUA L’Orient-Le Jour
35 Silicon.fr RFI
36 RTL.fr Sport 24
37 Armées.com Référencement Internet-Web
38 RTBF Capital.fr
39 Génération NT Armées.com
40 Référencement Internet-Web L’équipe.fr
41 Sport365.fr Génération NT
42 Le Soleil Sport.fr
43 Vnunet.fr Silicon.fr
44 Radio Chine Internationale 24 heures
45 LExpansion.com Afrik.com
46 Voila.fr LExpansion.com
47 RFI Le Soleil
48 France Football RTL.fr
49 Capital.fr Goal.com
50 Infos-du-Net France Football

> source Private radio

Pendant qu’on disserte tranquillement sur le journalisme citoyen certains professionnels qui ont pris de vrais risques personnels pour publier des enquêtes longues sont contraints d’assurer leur défense face à plusieurs années de procédures. C’est le cas de Denis Robert qui n’en finit plus de payer la publication de son enquête sur Clearstream et qui annonce sur son blog être à nouveau convoqué par la justice. Cette fois la pétition ne suffit plus et les finances personnelles ne suivent plus.

Chacun peut soutenir sa défense par des dons au comité de soutien à Denis Robert. Chèques et dons à l’ordre du "Comité de soutien à Denis Robert" BP 93602, 54016 Nancy Cedex. Pas besoin de rappeler que son livre à l’origine de l’affaire Clearstream est un livre important…

Lire aussi l’article sur Agoravox sur le même sujet

Selon l’article du New York Times la Court Supreme de Californie vient de confirmer (par un vote à l’unanimité) que seul l’auteur d’un contenu diffamatoire pouvait être poursuivi et non l’éditeur ou l’hébergeur du contenu. Un nouvelle qui satisfait les associations de liberté publiques mais qui confirme la présence d’un risque à deux vitesses sur internet. Le paradoxe est le suivant: un éditeur de presse qui produit ses informations assume une responsabilité totale sur ses contenus et en particulier le risque légal tandis que l’agrégateur d’information ou un site basé sur du contenu utilisateur se voit dégagé au moins partiellement de cette responsabilité. En pratique cela signifie qu’en matière de contenu utilisateur une modération a posteriori ou même une autorégulation à base de surveillance par les utilisateurs eux-mêmes permet de s’affranchir d’une grande part des coûts traditionnels d’un éditeur de presse.

Un problème qui n’est pas nouveau et que je me souvient avoir abordé en France lors des premiers débats sur la LCEN à face au Forum des droits sur l’internet. A l’époque il s’agissait de débattre de la responsabilité des hébergeurs, un statut permettant de s’affranchir de la responsabilité traditionnelle des éditeurs tout en exploitant des contenus. Une différence désormais reconnue par la Loi et comme nous l’avions prévu (avec les éditeurs de presse du GESTE) tout le monde se réfugie désormais derrière le statut d’hébergeur technique.

Certes je reconnais que cette différence de responsabilité permet une véritable prise de parole des internautes et autorise in fine l’explosion du Web 2.0. D’un autre côté l’ambiguïté est totale car derrière le statut d’hébergeur technique on retrouve en réalité de nombreux acteurs dont l’ambition est belle est bien de peser sur le marché des médias en particulier parce qu’ils exploitent les contenus par la publicité et non par une quelconque prestation d’hébergement : YouTube, Dailymotion, Skyblogs, MySpace, réseaux de blogs et en général l’ensemble des services à base d’espaces communautaires.

Problème, cette astuce légale et technique crée aussi une distorsion économique qui pénalise les producteurs de contenus. Famille dans laquelle j’inclus les auteurs de blogs qui font bien evidemment les frais de billets à l’impact mal estimé tandis que la plate-forme web 2.0 qui pourrait rediffuser leurs billets n’aurait qu’à transmettre leur coordonnées au plaignant pour se dédouanner… A méditer

Ce n’est pas tous les jours qu’on peut lire l’intégralité d’un mémo interne rédigé par un vice président d’un des majors de l’internet. Quand ce memo est en plus un véritable brulôt, appellant au dégraissage brutal et à la réorganisation, c’est encore moins banal. C’est ce qui se passe avec le mémo de Brad Garlinghouse vice-présidents de Yahoo!, dont le moins qu’on puisse dire c’est qu’il sent la poudre en appelant en particulier à une réduction de 15 à 20% des effectifs. Pour en savoir plus:

Le memo intégral publié par Paul Kedrosky et sur Techcrunch
Les commentaires et quelques traductions sur Adscriptor

Outre la question de la réduction des effectifs on note dans ce mémo un plaidoyer pour une réorganisation des services: trop de doublons, trop d’inutile concurrence entre les services. Les questions de rémunération des managers sont abordés frontalement, trop de chefs avec des bonus injustifiés, pas assez de risque rémunéré pour les autres. Trop de process, trop de doublons, trop de centralisation, plus grave, un manque de lisibilité dans la stratégie, jugée trop dispersée et pas assez de passion.
Selon le Wall Street Journal Dan Rosensweig le COO de Yahoo (qui fut aussi mon patron à la division internationale de ZDNet il y a quelques années) aurait mandaté l’auteur du mémo pour mettre en oeuvre la réorganisation. De quoi désigner un Brutus dans ce qui pourrait devenir un véritable coup d’Etat interne. Certains n’hésitent d’ailleurs pas à envisager le départ de Terry Semel, l’actuel CEO de Yahoo.

A suivre, la semaine sera chaude

Finalement je décide de publier  le memo ici, pour mémoire :

Three and half years ago, I enthusiastically joined Yahoo! The magnitude of the opportunity was only matched by the magnitude of the assets. And an amazing team has been responsible for rebuilding Yahoo!

It has been a profound experience. I am fortunate to have been a part of dramatic change for the Company. And our successes speak for themselves. More users than ever, more engaging than ever and more profitable than ever!

I proudly bleed purple and, yellow everyday! And like so many people here, I love this company

But all is not well. Last Thursday’s NY Times article was a blessing in the disguise of a painful public flogging. While it lacked accurate details, its conclusions rang true, and thus was a much needed wake up call. But also a call to action. A clear statement with which I, and far too many Yahoo’s, agreed. And thankfully a reminder. A reminder that the measure of any person is not in how many times he or she falls down – but rather the spirit and resolve used to get back up. The same is now true of our Company.

It’s time for us to get back up.

I believe we must embrace our problems and challenges and that we must take decisive action. We have the opportunity – in fact the invitation – to send a strong, clear and powerful message to our shareholders and Wall Street, to our advertisers and our partners, to our employees (both current and future), and to our users. They are all begging for a signal that we recognize and understand our problems, and that we are charting a course for fundamental change, Our current course and speed simply will not get us there. Short-term band-aids will not get us there.

It’s time for us to get back up and seize this invitation.

I imagine there’s much discussion amongst the Company’s senior most leadership around the challenges we face. At the risk of being redundant, I wanted to share my take on our current situation and offer a recommended path forward, an attempt to be part of the solution rather than part of the problem.

Recognizing Our Problems

We lack a focused, cohesive vision for our company. We want to do everything and be everything — to everyone. We’ve known this for years, talk about it incessantly, but do nothing to fundamentally address it. We are scared to be left out. We are reactive instead of charting an unwavering course. We are separated into silos that far too frequently don’t talk to each other. And when we do talk, it isn’t to collaborate on a clearly focused strategy, but rather to argue and fight about ownership, strategies and tactics.

Our inclination and proclivity to repeatedly hire leaders from outside the company results in disparate visions of what winning looks like — rather than a leadership team rallying around a single cohesive strategy.

I’ve heard our strategy described as spreading peanut butter across the myriad opportunities that continue to evolve in the online world. The result: a thin layer of investment spread across everything we do and thus we focus on nothing in particular.

I hate peanut butter. We all should.

We lack clarity of ownership and accountability. The most painful manifestation of this is the massive redundancy that exists throughout the organization. We now operate in an organizational structure — admittedly created with the best of intentions — that has become overly bureaucratic. For far too many employees, there is another person with dramatically similar and overlapping responsibilities. This slows us down and burdens the company with unnecessary costs.

Equally problematic, at what point in the organization does someone really OWN the success of their product or service or feature? Product, marketing, engineering, corporate strategy, financial operations… there are so many people in charge (or believe that they are in charge) that it’s not clear if anyone is in charge. This forces decisions to be pushed up – rather than down. It forces decisions by committee or consensus and discourages the innovators from breaking the mold… thinking outside the box.

There’s a reason why a centerfielder and a left fielder have clear areas of ownership. Pursuing die same ball repeatedly results in either collisions or dropped balls. Knowing that someone else is pursuing the ball and hoping to avoid that collision – we have become timid in our pursuit. Again, the ball drops.

We lack decisiveness. Combine a lack of focus with unclear ownership, and the result is that decisions are either not made or are made when it is already too late. Without a clear and focused vision, and without complete clarity of ownership, we lack a macro perspective to guide our decisions and visibility into who should make those decisions. We are repeatedly stymied by challenging and hairy decisions. We are held hostage by our analysis paralysis.

We end up with competing (or redundant) initiatives and synergistic opportunities living in the different silos of our company.
• YME vs. Musicmatch
• Flickr vs. Photos
• YMG video vs. Search video
• Deli.cio.us vs. myweb
• Messenger and plug-ins vs. Sidebar and widgets
• Social media vs. 360 and Groups
• Front page vs. YMG
• Global strategy from BU’vs. Global strategy from Int’l

We have lost our passion to win. Far too many employees are "phoning" it in, lacking the passion and commitment to be a part of the solution. We sit idly by while — at all levels — employees are enabled to "hang around". Where is the accountability? Moreover, our compensation systems don’t align to our overall success. Weak performers that have been around for years are rewarded. And many of our top performers aren’t adequately recognized for their efforts.

As a result, the employees that we really need to stay (leaders, risk-takers, innovators, passionate) become discouraged and leave. Unfortunately many who opt to stay are not the ones who will lead us through the dramatic change that is needed.

Solving our Problems

We have awesome assets. Nearly every media and communications company is painfully jealous of our position. We have the largest audience, they are highly engaged and our brand is synonymous with the Internet.

If we get back up, embrace dramatic change, we will win.

I don’t pretend there is only one path forward available to us. However, at a minimum, I want to be pad of the solution and thus have outlined a plan here that I believe can work. It is my strong belief that we need to act very quickly or risk going further down a slippery slope, The plan here is not perfect; it is, however, FAR better than no action at all.

There are three pillars to my plan:

1. Focus the vision.

2. Restore accountability and clarity of ownership.

3. Execute a radical reorganization.

1. Focus the vision

a) We need to boldly and definitively declare what we are and what we are not.

b) We need to exit (sell?) non core businesses and eliminate duplicative projects and businesses.

My belief is that the smoothly spread peanut butter needs to turn into a deliberately sculpted strategy — that is narrowly focused.

We can’t simply ask each BU to figure out what they should stop doing. The result will continue to be a non-cohesive strategy. The direction needs to come decisively from the top. We need to place our bets and not second guess. If we believe Media will maximize our ROI — then let’s not be bashful about reducing our investment in other areas. We need to make the tough decisions, articulate them and stick with them — acknowledging that some people (users / partners / employees) will not like it. Change is hard.

2. Restore accountability and clarity of ownership

a) Existing business owners must be held accountable for where we find ourselves today — heads must roll,

b) We must thoughtfully create senior roles that have holistic accountability for a particular line of business (a variant of a GM structure that will work with Yahoo!’s new focus)

c) We must redesign our performance and incentive systems.

I believe there are too many BU leaders who have gotten away with unacceptable results and worse — unacceptable leadership. Too often they (we!) are the worst offenders of the problems outlined here. We must signal to both the employees and to our shareholders that we will hold these leaders (ourselves) accountable and implement change.

By building around a strong and unequivocal GM structure, we will not only empower those leaders, we will eliminate significant overhead throughout our multi-headed matrix. It must be very clear to everyone in the organization who is empowered to make a decision and ownership must be transparent. With that empowerment comes increased accountability — leaders make decisions, the rest of the company supports those decisions, and the leaders ultimately live/die by the results of those decisions.

My view is that far too often our compensation and rewards are just spreading more peanut butter. We need to be much more aggressive about performance based compensation. This will only help accelerate our ability to weed out our lowest performers and better reward our hungry, motivated and productive employees.

3. Execute a radical reorganization

a) The current business unit structure must go away.

b) We must dramatically decentralize and eliminate as much of the matrix as possible.

c) We must reduce our headcount by 15-20%.

I emphatically believe we simply must eliminate the redundancies we have created and the first step in doing this is by restructuring our organization. We can be more efficient with fewer people and we can get more done, more quickly. We need to return more decision making to a new set of business units and their leadership. But we can’t achieve this with baby step changes, We need to fundamentally rethink how we organize to win.

Independent of specific proposals of what this reorganization should look like, two key principles must be represented:

Blow up the matrix. Empower a new generation and model of General Managers to be true general managers. Product, marketing, user experience & design, engineering, business development & operations all report into a small number of focused General Managers. Leave no doubt as to where accountability lies.

Kill the redundancies. Align a set of new BU’s so that they are not competing against each other. Search focuses on search. Social media aligns with community and communications. No competing owners for Video, Photos, etc. And Front Page becomes Switzerland. This will be a delicate exercise — decentralization can create inefficiencies, but I believe we can find the right balance.

I love Yahoo! I’m proud to admit that I bleed purple and yellow. I’m proud to admit that I shaved a Y in the back of my head.

My motivation for this memo is the adamant belief that, as before, we have a tremendous opportunity ahead. I don’t pretend that I have the only available answers, but we need to get the discussion going; change is needed and it is needed soon. We can be a stronger and faster company – a company with a clearer vision and clearer ownership and clearer accountability.

We may have fallen down, but the race is a marathon and not a sprint. I don’t pretend that this will be easy. It will take courage, conviction, insight and tremendous commitment. I very much look forward to the challenge.

So let’s get back up.

Catch the balls.

And stop eating peanut butter.

Le genre de chose qui me met hors de moi. Alors que le marché a besoin d’études fiables et rigoureuses sur l’impact du web et des medias sur la consommation, on assiste encore à une marmelade honteuse d’analyses et de chiffres. Pire on détourne le sens des questions pour orienter l’interprétation. Classique direz vous, certes mais cela confine parfois au grotesque au point de ruiner ce qui aurait pu être un début de reconnaissance du phénomène des blogs.

Je veux parler de la dernière étude Ipsos sur les blogs . Une étude qui aurait pu être simple et anodine, mais non, ca ne semble pas suffire. Qu’on en juge sur la présentation (via Loïc). Quand on lit les questions cela semble couler de source. 90% des internautes français ont entendu parler des blogs, un peu plus de 50% ailleurs en Europe. D’accord. En tout 70% des internautes ont entendu parler des blogs (en clair ils ont entendu le mot "blog). Formidable.   20% des internautes ont déjà lu un blog. Euh… Donc pour les 50% restant c’est juste un mot! Premier bide.

Ensuite le dérapage commence…

60% des internautes français (?) font confiance surtout à la presse écrite (ce qui confirme d’ailleurs les études de l’OPA). D’accord. 25% des internautes européens (dont 35% des français) font confiance aux blogs pour aider dans leur choix. Super sauf que seuls 27% des français en ont lu donc 8% font confiance sans en avoir lu!. Gloups! 

"A l’inverse, la moitié des internautes sont plus enclins à acheter s’ils lisent des commentaires positifs sur les blogs". STOP ! Maintenant lisons le véritable intitulé de la question:

En français > Q % de d’accord : je serai plus enclin à acheter un produit ou un service si je lisais un commentaire positif sur ce produit ou service par d’autres consommateurs ou particuliers sur internet. Bizarre il n’est pas question de blog! Ce que Gilles a d’ailleurs noté!
En anglais > More than half (52%) of Europeans polled said that they were more likely to purchase a product if they had read positive comments from private individuals on the internet. Pas question de blog de toute évidence dans la version anglaise non plus.

On continue…

En français> 39 million d’internautes Européens n’ont pas acheté un produit ou un service à cause des commentaires d’autres consommateurs sur les blogs
En anglais > Nearly 40 million Europeans have not bought something after reading comments posted online
Bizarre seule la version française mentionne les "blogs"!

Arretons le massacre, vous l’avez compris ce dont il est question ici c’est de l’influence des commentaires de lecteurs et plus généralement de l’UGC (User generated Content,  contenu des utilisateurs) sur les intentions d’achat, nullement des blogs en particulier.
L’influence des avis des consommateurs est connue depuis longtemps, c’est même la base des premières études d’impact du web. Alors pourquoi tricher et tenter de faire croire que blog = UGC? Sinon pour masquer l’évidence: le concept de blog est encore parfaitement confus pour une large majorité du grand public. Que le contenu des blogs est bien trop diversifié pour qu’il en émerge une opinion commune et une vision cohérente.

En clair la véritable conclusion de cette étude (dont je n’ai lu que les éléments rendus publics) est un désaveu total et complet de l’influence des blogs comme espace de publication cohérent, structuré. En un mot: un gâchi, un gâchi stupide. Soyons clair, ce qui est stupide ce n’est pas de vouloir évaluer l’influence, la richesse du phénomène des blogs. C’est la manipulation permanente qui consiste au nom d’intérêts économiques médiocres à vouloir démontrer une improbable concurrence entre blogs et medias professionnels. Ceci alors que les données même de cette éude prouvent précisément le contraire: les succès des blogs est réel, mais les contours de la blogosphère sont bien trop flous et les contenus hétérogènes pour être une alternative économique crédible à l’univers des medias professionnels en matière de stratégie publicitaire.

Point barre, messieurs les analystes …

(Pas besoin de vous rappeler la précédente piteuse tentative du concurrent Edelman qui fait désormais office de cas d’école en matière de suppositoire blogophile)

Mise à jour 17/11/06: l’auteur de la présentation m’a répondu sur ZDNet.fr … 

Mise à jour 18/11/06: j’oubliais le meilleur, Ipsos affirmait en juillet dernier que 18% des internautes français avaient créé un blog. Dans cette étude ils ne sont plus que 7% (et encore c’est le record d’Europe avec une moyenne à 3%) . Cette chute est inquiétante vous ne trouvez pas? Et 7 % ont contribué à un blog ce qui implique que 93% des internautes n’ont jamais participé à un blog.
Superbe. 
Bon j’arrête…

La faute à la duplication de certains de mes billets entre ce blog et celui sur ZDNet.fr, je n’avais pas réalisé que le PDG de Comscore, Magid Abraham, m’avait personnellement répondu suite à mon billet consacré à sa lettre ouverte. Pour réparer cet oubli je reproduis ici sa réponse

Magid Abraham dit :
27 octobre 2006 à 17:39 m

Emmanuel:

Merci bien pour l’hommage que vous me faites ci-dessus. En tant que nouvel acteur sur le marché français, il est très important pour comScore de participer à un débat transparent dans lequel les point forts de chaque méthodologie soient balancés par leurs véritables limites.

Cela dit, je crois que la citation de ma ‘lettre ouverte’ a été mal interprétée. Le texte en anglais dit:

A Web log generated PV count likely falls somewhere between Web hits and real PVs, and will almost always be higher than real PVs. But, the magnitude of the difference can be astounding. For instance, comScore data shows 3 times more hits than PVs for Google. In fact, a difference of up to 300 percent – which on the surface appears extraordinary – may be perfectly legitimate because we are comparing the proverbial apples to oranges.

Ce que je voulais dire c’est que le compte des PV obtenu par les systèmes de mesure site centric (web logs) est toujours plus élevé que la réalité. L’exemple de Google que je fournis montre que la différence entre la réalité et les données des mesures site centric qui fournissent un nombre de ‘hits’ peut être énorme même s’ils essayent de filtrer les ‘background hits’ qui ne correspondent pas à une page véritablement vue par le visiteur. Il est vrai que ce filtrage par comScore peut être que partiel occasionnellement mais c’est rarement le cas. Cependant on trouve que c’est presque toujours le cas en ce qui concerne les mesures site centric. Je ne suis pas en mesure de commenter la méthodologie de Médiamétrie.

Magid Abraham
CEO, comScore

Ma réponse : Je comprends tout à fait les nuances que vous souhaitez apporter à mon interprétation, en particulier le fait que l’écart extrème que je mets en avant n’est qu’exceptionnel. Toutefois je n’y vois pas un démenti, vous reconnaissez que l’écart est constant.

Je retiens essentiellement que les outils de mesure user centrics ne sont pas adaptés à l’estimation des pages vues en particulier parce que le filtrage des logs n’y est pas optimal.

Je suis troublé par votre usage du terme “site centrics” qui dans votre réponse ne me semble pas désigner les outils commerciaux sites centric mais plutôt le processus d’analyse des logs utilisés par les mesures “user centric” (c’est compliqué!).

Maj 18/04/07: il apparaît (voir les commentaires) que Magid Abraham attribue bien le biais de l’analyse des logs aux outils sites centrics ce qui me surprend comme je le précise au dernier paragraphe de ce billet. Je maintiens toutefois mes propres analyses. Par principe je ne fais jamais totalement confiance aux outils de mesures mais le compte des pages vues s’est toujours révélé plus que suspect sur les outils user centrics (panel) qui rappellons-le, ne sont pas fait de toute façon pour produire une estimation des pages vues. 

Impressionnante et indispensable étude de Morgan Stanley Research sur l’évolution du marché publicitaire en ligne aux USA, à lire et garder sous le coude: US Internet Advertising Outlook, 2006-2010 (en Pdf).

Quelques chiffres étonnants pour 2005: c’est eBay qui présente le meilleur taux de monétisation par utilisateur avec 38$ par utilisateur enregistré contre 19$ pour Yahoo et seulement (!) 10$ pour Google. Yahoo n’est peut être pas si manchot que ça face à Google, c’est même une des conclusions de Morgan Stanley même si Google reste le mieux placer pour capter l’essentiel des revenus de la recherche.

repartition-formats-pub.gifCôté mix marketing les budgets migrent toujours massivement vers Internet avec comme premier perdant les quotidiens papiers (ce qui en fait un argument fort pour leurs investissements en ligne) et la télévision. Morgan Stanley estime toujours que l’investissement publicitaire en ligne est largement en deça de son potentiel par rapport aux autres supports si on en juge la courbe d’adoption de l’internet. Une façon de prévoir encore une large marge de croissance, ce n’est pas nouveau.

Une seule chose m’a étonné et peu convaincu dans cette étude (par ailleurs très complète): Morgan Stanley anticipe la croissance des revenus publicitaires des moteurs de cherche en partie par une augmentation du Click Through Rate (CTR, le taux de clics) jusqu’à 12% ! Ce chiffre me paraît énorme alors que mes constatations en France ne dépassent pas les 3% à 5%. Mais surtout je suis surpris qu’on anticipe une tendance à la hausse alors que les réseaux des mots clés sponsorisés absorbent toujours plus d’inventaires de qualité toujours plus médiocre et doivent affronter les sites de spam et la frude au clic (dont l’impact semble négligeable pour Morgan Stanley). Cette croyance dans l’optimisation et l’efficacité des réseaux me paraît un peu optimiste. Je crois toujours fermement à la théorie de la décroissance des rendements marginaux par l’érosion des performances justement… mais bon..

> Téléchargez l’étude complète

via Media 2.0

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