Je crois que l’info est passée un peu inaperçue, c’est le quotidien Le Soir qui l’annonce, Google va investir plus de 250 M d’euros à Saint Ghislain, commune de Wallonie, pour son futur Data Center. Principal atout du coin: un réseau de fibre optique très dense et un canal permettant d’alimenter en eau le système de refroidissement du complexe. Pour ceux qui on suivi ce délicat aspect de l’activité industrielle de Google, la consommation électrique de ses complexes nécessite désormais un dispositif digne d’une centrale nucléaire. La question que je me pose: c’est polluant une usine Google?
Pour ceux qui se demandent où se situe Saint Ghislain, c’est à quelques kilomètres de la frontière française près de Valenciennes:

 google-saint-ghislain-belgique.jpg
 Cliquer pour zoomer

Ceci explique peut être cela mais Randall Rothenberg le tout nouveau président de l’IAB USA (interactive Advertising Bureau) démarre son mandat en fanfare en demandant publiquement aux deux principaux services de mesure d’audience users centric (panel) Comscore et Nielsen Netratings de se soumettre à un audit technique. A cette heure les deux mesureurs n’ont pas encore répondu. Les relations entre l’IAB et les deux piliers de la mesure d’audience est assez fraîche comme je l’ai déjà signalé en septembre dernier. Pas toujours pour de bonnes raisons d’ailleurs mais surtout parce que les tensions du marché ne peuvent plus se satisfaire des différences de chiffres. Il s’agit donc de pouvoir juger en profondeur des méthodologies utilisées par les deux acteurs.

Je ne prendrai pas trop de risque en disant que la valorisation des acteurs du Web 2.0 s’effectuant sur le compte des visiteurs uniques (faute de chiffre d’affaires conséquent) la polémique dépasse la simple querelle entre experts. On comprend la nervosité du marché. Pour info je précise qu’en France si les tensions ont pu exister, Médiamétrie//Nielsen réunit régulièrement ses souscripteurs pour exposer sa méthodologie et recevoir les critiques (et on ne s’en prive pas). Depuis quelques mois la mise en place d’un comité d’autorégulation permet d’ailleurs d’y régler les litiges en famille. Visiblement les pratiques semblent différentes aux USA.

> Lire l’article de Mediapost sur le sujet
> Mes autres billets sur la mesure d’audience (un jour je ferai relier tout ça)

L’honneur est sauf. Entre blogs et medias la dernière semaine s’est passée en jouant à se faire peur sans qu’ils réalisent qu’ils font partie de la même famille. Tout s’est fini sans dégâts, comme on l’espérait, peut-être au fond suffisait-ils de les inviter à l’apero et partager ces fameux chiffres en privé pour calmer les velléités de rébellion. L’honneur est sauf. L’honneur est sauf parce que Le Monde a authentifié que personne "n’avait franchi la ligne jaune", et que l’AFP et la commission de contrôle n’a rien vu non plus (lu chez Pointblog).

Donc parce que personne n’a rien vu ou rien dit, l’honneur est sauf. Evidemment à 18h il fallait être particulièrement aveugle pour n’avoir rien vu des premières estimations. En fait d’honneur préservé je crains qu’on ne le doive surtout au seul l’effondrement des serveurs des medias belges et suisses sous l’afflux de connexions simultanées. La nature électronique fait bien les choses, parce que franchement les chiffres circulaient partout. Ce qui ne manque pas d’énerver le sieur Birenbaum, qui n’avait peut être pas lu sur Les Echos que cette histoire de lien interdit était finalement une affaire plus bancale qu’on voulait le dire. Au fond personne n’est dupe de cette affaire mais un certain civisme a finalement triomphé, l’irréductible esprit gaulois a simplement sauvé son honneur en tournant l’épreuve au jeu du chat et de la souris.

Reste quelques petites questions soulevées très justement sur Media 2.0 autour du cas Birenbaum (le cas Morandini est plus simple il se mesure à la longueur de la laisse). J’ai bien failli expliquer mercredi dernier ici pourquoi Birenbaum ne publierait pas les chiffres sur son blog en particulier parce que j’anticipais très logiquement l’engagement de la responsabilité de son hébergeur et éditeur, le quotidien 20Minutes. De fait ce dernier est intervenu fermement pour interdire à ses blogueurs de braver la Loi. "En tant qu’éditeur, le directeur de publication est légalement responsable du contenu du site, qu’elle qu’en soit l’origine. Il est donc dans l’obligation de faire respecter la loi."

Logique direz-vous, 20Minutes a agi en éditeur...

Pas si simple. Question : la relation entre le media et ses lecteurs blogueurs est-elle une relation d’éditeur à auteur ou d’hébergeur à éditeur? Dans le texte cité plus haut on affirme la responsabilité sur les contenus, logique et courageux mais en contradiction avec ce qu’on peut lire dans les conditions générales d’utilisation (à lire lors de l’ouverture d’un blog). Là le discours est tout autre: la plate-forme de blog y est clairement décrite comme un "service" proposé au lecteur qui y "transmet, diffuse, publie, édite, met à disposition, partage ou tout autrement divulgue quelque Contenu que ce soit et quelles qu’en soit les modalités, grâce ou par l’intermédiaire des Services Interactifs " en s’engageant à la légalité de ses contenus.

En clair il y a un paradoxe: l’éditeur se définit en fait par contrat comme un hébergeur et reporte la totalité de la responsabilité légale sur l’auteur du blog défini de facto comme éditeur. Mieux, en souscrivant au service l’auteur accepte de devoir payer à l’hébergeur les frais et pénalités financières éventuelles. Comprenez qu’au fond si Birenbaum avait voulu braver la Loi en en assumant les conséquences financière (ou de fermeture du blog) il aurait pu le faire sans engager a priori la responsabilité de l’hébergeur. D’ailleurs la mise en demeure du responsable éditorial invoque moins l’autorité éditoriale que "possibilité de poursuivre individuellement tous les auteurs de blogs"… CQFD

Sauf que …

Sauf qu’à mon avis, sur un plan juridique, trois raisons rendaient obligatoire la mise en demeure du rédac chef envers ses ouiailles:
– Birenbaum a commis l’erreur d’annoncer publiquement sa volonté de braver la Loi.  L’hébergeur est donc informé a priori de cette volonté, en ne réagissant pas sa responsabilité est de facto engagée.
– Birenbaum n’est pas un blogueur occasionnel. Il a expliqué avoir été invité par 20Minutes à bloguer sur la plate-forme. Il est possible je pense d’invoquer le lien de subordination. En clair c’est un rédacteur du quotidien, certes non-rémunéré mais c’est une autre histoire.
– Enfin malgré l’astucieuse rédaction des CGU, la position officielle des éditeurs de presse est d’assumer publiquement la responsabilité des écrits publiés sur leur marque. La position du rédacteur en chef relève de l’obligation morale.

Je me trompe peut-être mais voilà comment j’analyse l’imbroglio à chaud. Pas simple n’est-ce pas…

Alors que s’installe le blackout pré-électoral, que le 20Minutes et Le Monde informent leurs blogueurs des consignes de silence il semble qu’on ait oublié un petit détail dans le dispositif. rappellons les règles: pas de mention ni de liens vers des sondages ou des estimations de votes avant la fermeture des bureaux de vote. Je passe sur la petite polémique misérable qui s’est ensuivi, la presse pointant du doigts les blogueurs (alors que Morandini et Birenbaum ne sont pas vraiment des pékins moyens mais plutôt des professionnels) tandis qu’un  petit frisson de désobéissance secoue les plus énervés.

Bref chacun est prévenu et au fond ça ne changera pas grand chose, l’info fera juste le bonheur des medias francophones suisses et belges. Le problème c’est que les medias francophones sont référencés sur les agrégateurs de news au même titre que les medias français ce qui laisse espérer un sacré méli mélo juridique en matière d’usage des liens…

La preuve, devinez ce qu’on trouve sur Google News samedi soir (cliquez sur l’image pour agrandir)…

google-news-elections.jpg 

A l’occasion du Web 2.0 Expo à San francisco Netvibes a lancé ses Univers, en fait des pages perso qui deviennent… publiques!  Elles permettent aux utilisateurs de créer leur propre espace à partir d’un univers dejà en place. Un projet que j’ai suivi de près comme partenaire (voir l’univers pour lesechos.fr) et dont je n’exagererais pas en disant qu’il a mobilisé les équipes de Netvibes jusqu’à la dernière seconde avant le lancement…

Pour résumer sous Netvibes on pouvait partager ses flux RSS, ses modules interactifs puis ses onglets ou pages et désormais c’est l’ensemble de l’espace ou univers que l’on peut partager. Cela confirme que la vraie valeur ajoutée de Netvibes réside moins dans le principe de la page en Ajax (on ne compte plus les concurrents d’ailleurs je signale au passage le lancement de Itsmynews.com du camarade Jeff Mignon) que dans l’ecosystème, veritable annuaire de tous les éléments partageables, au coeur du dispositif viral.

netvibes-lesechos.jpg 

On en reparlera, j’ai volontairement placé la mention "béta" sur la page des Echos.fr car elle devrait évoluer. Vos avis sont d’ailleurs les bienvenus. L’expérience est intéressante car l’enjeu pour moi, et Netvibes aussi me semble-t-il, est de savoir si l’usage du RSS peut s’étendre au grand public de façon intuitive. L’autre motivation s’explique par ce que j’ai pu mesurer tout à fait par hasard sur Nielsen: les pages d’accueil personnalisées sont un facteur de fidelisation plus puissant que beaucoup d’espaces communautaires. Ca semble évident mais c’est toujours mieux quand on voit les chiffres…

A noter que j’en ai profité pour y glisser les premiers Podcasts des Echos.fr, ceux de notre correspondante à San Francisco Laetitia Mailhes (Bientôt sur iTunes …) pour la rubrique Innovation.  Fin de la pub, en fait j’expliquerai bientôt aussi le détail de notre nouvelle offre e-paper qui intrigue pas mal de monde, mais c’est aussi pour dire qu’en dehors du blog on bosse…

D’autres Univers ont été créés pour la presse française: Le Figaro, Elle, L’Equipe, 20 Minutes

C’est ce qu’on appelle une étude sur mesure. Quelques mois après avoir souffert de sérieuses critiques (surtout révélatrices de l’incompréhension des acteurs du marché) sur le marché américain pour ses chiffres d’audience éloignés des mesures sites centrics, Comscore contre-attaque en publiant une étude sur le phénomène des cookies effacés. Cette fois il s’agit de comparer l’effacement des "first party cookies" et des "third party cookies" comprenez ceux générés par le site visité, donc en général plus facilement acceptés, et ceux générés par un service tiers, par exemple ceux des services de mesures sites centric (Xiti, Weborama, Omniture, Webtrends et compagnie…).

D’apres Comscore, l’étude basé sur l’analyse de 400 000 PC, montre que les First party cookies sont effacés presque aussi souvent que les cookies tiers soit par près d’un utilisateur sur trois. Résultat Comscore estime que les mesures site centrics, basées sur les cookies, peuvent être faussées jusqu’à 150% soit 2,5 fois au delà de la réalité. Impossible de ne pas rapprocher ces chiffres de celui des pages vues que Comscore admettait pouvoir surestimer de 300%  (lire la réponse du PDG qui m’a répondu sur ce point). Bref la réponse du berger à la bergère.
[MAJ 18/04/07 : pour être précis suite à une nouvelle réaction du PDG de Comscore, il affirme que mon interprétation est erronée, on ne peut donc pas dire que Comscore "admet". Je maintiens toutefois mon analyse sur le fond. C'est compliqué mais je signale ce point de discussion].

Les chiffres de Comscore:

comScore Cookie Deletion Analysis – 1st Party Cookies* December 2006 Source: comScore, Inc.
Number of Cookie Deletions/Resets Percent of Computers Avg. No. of Cookies per Computer Percent of Cookies
Total Sample 100,00% 02/05/07 100,00%
1 or more 31,00% 04/07/07 58,00%
4 or more 7,00% 12/05/07 35,00%

Difficile de juger objectivement des résultats de cette étude. D’autres études ont minoré largement le phénomène des cookies effacés, jugé réel mais stable. D’un autre côté la dégradation de tous les ratios basés sur les cookies (visites par visiteurs, pages par visiteurs etc…) montre que quelque chose ne tourne pas rond, sans parler des sites dont la somme des visiteurs dépasse le nombre d’internautes…

Rappelons que pour cette raison l’OJD, qui certifie les chiffres de diffusion de la presse française a décidé depuis quelques mois de publier les données hebdomadaires de ses souscripteurs, pages vues comprises, afin de réduire l’impact de l’effacemetn des cookies. Voir par exemple les données OJD de mars 2007 (cliquez sur chaque site figurant dans le tableau puis sur le PV du mois). Côté Mediamétrie/Nielsen, le concurrent de Comscore, on mise sur le vieux rêve du rappochement des données sites centrics avec celles du panel ce qui permet essentiellement d’affiner les données volumétrique des données du panel pour les servir aux outils de media planning et aux annonceurs. Une projet mené actuellement et dont les premiers résultats sont en cours d’analyse.

Lira aussi l’article de Marketwatch sur la situation financière de Comscore et ses projets d’investissements.

C’est donc Google qui s’empare de Doubleclick pour 3,1 milliards de dollars. Cash. A la barbe de Microsoft et Yahoo. Google est le leader incontesté de la publicité en ligne dont le CA est majoritairement généré par les mots clés sponsorisés. Un marché en passe d’être saturé, Google l’a expliqué à deux reprises en février 2006 et un an plus tard, provoquant au moins partiellement la chute de ses cours.  Reste le marché de la pub à l’affichage, au CPM, qui lui échappait encore totalement et qui représente une manne encore sous exploitée.  C’est là que se transvasent actuellement les budgets pubs autrefois exclusivement réservés à la télévision et à la presse. Voir l’étude Morgan Stanley de Novembre dernier pour les chiffres. Google rachète donc Doubleclick, un des leader pour la pub à l’affichage, la bonne vieille bannière, pour s’installer sur ce marché. Tout le monde ou presque est en passe de devenir client de Google.

Je n’ose plus dire échec et mat, j’ai déjà du le dire une ou deux fois. L’histoire rappelle celle de la Standard Oil de Rockfeller dont on oublie trop souvent qu’à l’origine elle ne se préoccupait pas de forage ni de prospection mais de transport et de raffinerie. Le pouvoir de Google ne se mesure pas à son chiffre d’affaires mais son contrôle absolu de l’intermédiation. Sur le marché de l’information en recueillant les demandes des utilisateurs, en les véhiculant jusqu’aux medias. En recrutant des millions d’annonceurs petits ou grands et en reversant le CA publicitaires aux mêmes medias, entre acheteurs et vendeurs d’espace. Pendant ce temps devinez qui s’occupe de forage et de prospection. Vous, moi , les éditeurs. La puissance vient du contrôle de l’information (voir l’histoire des banquiers lombards), le contrôle des prix en découle nécessairement. Du coup le ton change et désormais on parle de monopole, de trust, la boucle est blouclée. A suivre

Lire aussi:
Google analytics : jeu, set et match !
Google: un suivi multisupport pour les évaluer tous et les lier…

Est-ce bien une surprise? Pour moi oui. Le service de mesure d’audience Compete.com (qui se base sur un panel d’utilisateurs) a analysé la répartition du trafic sur les différentes zones du célèbre site de petites annonces Craigslist. Certains pouvaient penser que ce site devait son succès aux annonces immobilières ou aux voitures d’occasion. C’est raté, la très large majorité de l’audience vient y consulter les petites annonces de rencontres et les services érotiques. Dans des proportions qui ne laissent aucune place à l’ambiguité.

  sb-craigslist-uv-graph-1_2.gif

 Au fond tout ceci est très banal mais ça nous rappelle que les phénomènes d’audience de masse reposent très largement sur des recettes assez préhistoriques. Les secrets de certains sites très proprets se cachent souvent dans quelques forums coquins. Plus trivial j’ai eu l’occasion d’accéder aux statistiques de trafic de grands sites de partages de photos pour découvrir qu’ils doivent beaucoup (c’est un euphémisme) aux photos de plages, bikinis et autres toiles légères. Rien de bien méchant mais cela relativise terriblement les grandes envolées littéraires sur le social networking, la révolution  du contenu utilisateur ou Second Life.

 Lire aussi Scott Karp qui, du coup, ironise sur ce marché qui a – lui aussi- échappé à la presse en ligne…

Par un simple communiqué on apprend que Google et l’AFP sont parvenus à un accord (voir ici et ) qui met fin à plusieurs années conflictuelles. Conflit portant sur la reprise des titres et chapeaux sur Google News mais surtout sur la question des photos. L’accord dont on connaît peu les détails va permettre l’exploitation de ces contenus et à l’AFP de jouer à armes égales avec les autres agences qui ont au moins marginalement tiré profit du conflit. En effet certains sites de presse, clients de l’AFP, ont choisi de passer chez Reuters ou AP afin de ne pas être pénalisés en matière de référencement. Un phénomène que j’avais prédit en mai 2005 et qui a peu à peu empoisonné le terrain. Ouf de soulagement donc, chez les souscripteurs de l’AFP…

Toutefois si l’accord comprend le droit d’utiliser in extenso des dépêches AFP sur Google il pourrait y avoir des surprises, l’AFP devenant à son tout concurrent des sites medias, un reproche souvent adressé à Reuters. De l’autre côté cet accord survient alors que Google semble vouloir pacifier ses relations avec les medias très probablement afin de préparer le terrain à de nouveaux projets et de nouveaux accords. L’acquisition de Youtube, l’arrivée du contenu payant avec Google Archives imposent en effet une logique de partenariats et d’intérêts préservés.

Suite du Google News Report France pour le mois de mars 2007 (le détail ici) qui classe les principales sources d’information selon leur positionnement, leur fréquence et durée d’apparition sur la Une de Google News. Le jeu de chaises musicales continue dans le top 20 et la bataille à celui qui recharge le plus vite son canon à dépêches Reuters/AP/AFP décide toujours des premières places. A noter le grignotage des sites de radios qui progessent lentement. Les sites bidons de référenceurs sont toujours là, visibles comme des cafards dans un lavabo. La routine…

 Je rappelle à nouveau que les mouvements dans le classement n’ont pas toujours un impact (ni la conséquence)  sur l’évolution de trafic en provenance de Google News. En pratique ce lien existe mais une large partie des contenus référencés ne remonte pas sur la page d’accueil par défaut de Google News et peut être vue autrement par les lecteurs.  C’est du vécu alors je le précise.

Top 50 des sources Google News France
rank Mars 2007 Février 2007
1 Le Figaro L’Express
2 L’Express Le Figaro
3 nouvelobs.com Libération
4 Le Monde nouvelobs.com
5 Libération Le Monde
6 TF1 TF1
7 Boursorama Boursorama
8 France 2 France 2
9 Boursier.com PC Inpact
10 PC Inpact Clubic
11 Clubic Canoë
12 RTBF 20minutes.fr
13 20minutes.fr Boursier.com
14 l’Humanité l’Humanité
15 Le Vif/L’Express RTBF
16 ZDNet Radio Suisse Romande
17 L’Orient-Le Jour AgoraVox
18 XINHUA 7sur7
19 Actualités News Environnement XINHUA
20 Canoë Radio-Canada
21 7sur7 L’Orient-Le Jour
22 Radin Rue ZDNet
23 Radio Suisse Romande Le Vif/L’Express
24 RTL.fr Radin Rue
25 La Tribune.fr Référencement Internet-Web
26 Sport365.fr 24 heures
27 AgoraVox Actualités News Environnement
28 Europe 1 Jeune Afrique
29 Sports.fr La Tribune.fr
30 01net Sport365.fr
31 Les Échos Europe 1
32 Radio-Canada Journal Chrétien
33 Cyberpresse Armées.com
34 Le Matin.ma 01net
35 Référencement Internet-Web Tribune de Genève
36 Journal Chrétien Football.fr
37 RFI RFI
38 Eurosport – TF1 M6.fr
39 Génération NT Francebourse.com
40 Aujourd’hui Le Maroc Cyberpresse
41 Football.fr Eurosport – TF1
42 Marianne2007.info RTL.fr
43 Walf Fadjri Les Échos
44 L’équipe.fr Portage emploi
45 24 heures Sports.fr
46 Jeune Afrique Aujourd’hui Le Maroc
47 A l’Actu Goal.com
48 Courrier International Sport 24
49 Francebourse.com L’équipe.fr
50 El Watan Le Devoir (Abonnement)

> source Private radio

Merci, merci Francis Pisani de m’avoir fait découvrir cette intervention de Rob Curley, petit prodige de la presse en ligne qui a rejoint le Washington Post après une carrière dans la presse en ligne régionale. A l’occasion d’une conférence à l’université de Berkeley il expose avec passion et simplicité quelques unes de ses expériences de medias hyperlocaux (voir la video ici). Je ne vais pas retracer ici l’ensemble de ses exemples, ce soir éteignez la télé, versez vous un petit cognac et offrez-vous un cours de deux heures sur la presse en ligne. 

 rob-curley-berkeley.jpg

Je retiens comme Pisani ses projets articulés autour de bases de données très complètes, ses podcasts à durées variables, ses videos de quidams (les célèbres "On Being"), ses services à base de SMS pour picoler la nuit, sa mise en scène du quotidien des villes de province, son utilisation de toutes les plateformes possibles sans jamais céder à la gadgetisation, sans jamais parler de Web 2.0 alors que les lecteurs sont au coeur de l’ensemble de des réalisations. Le tout avec un design impéccable. Du bonheur.

"We’re not in the paper business, we’re in the news business, we’re in the content business"

Du bonheur qui en toute franchise m’aide à comprendre ce qui va mal dans les medias français. Ils baignent dans une eau croupie. Oscillant entre une révérence sirupeuse, l’effronterie calculée et l’information formatée. Désolé, la misère des JT en période électorale me mine en ce moment, tout autant que parti pris désespéré de la presse. Je discutais récemment avec Jean Guisnel, vieux briscard habitué des affaires troubles de la République, enquêteur de l’hebdo Le Point, et qui découvre avec effarement qu’une bonne enquête se publie désormais dans un livre. Un peu comme l’info a déserté depuis longtemps les JT pour les émissions de fin de soirée.

Mais peut-on faire de l’info avec des gens formés à la dissertation (j’en suis)? C’est un peu ça la leçon de Rob Curley. Où est la passion? Où est la vision? Et franchement je réalise en écrivant ces lignes que c’est précisément ce qui n’a pas surgit jusqu’à présent de toute cette logorrhée sur le Web 2.0 et le journalisme citoyen. Peut-être parce que jusqu’à présent beaucoup de medias de type communautaire sont menés comme des boutiques. Une épicerie où à défaut de prendre le risque de dire et de publier en son nom, on attend du lecteur qu’il remplisse lui-même les colonnes, prenne le risque de la publication sans oublier de céder ses droits. Merci mon gars.

> Voir aussi le blog de Rob Curley (qui rejoit illico ma blogroll)

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