Google se paye les champs de pétrole

avril 16, 2007

C’est donc Google qui s’empare de Doubleclick pour 3,1 milliards de dollars. Cash. A la barbe de Microsoft et Yahoo. Google est le leader incontesté de la publicité en ligne dont le CA est majoritairement généré par les mots clés sponsorisés. Un marché en passe d’être saturé, Google l’a expliqué à deux reprises en février 2006 et un an plus tard, provoquant au moins partiellement la chute de ses cours.  Reste le marché de la pub à l’affichage, au CPM, qui lui échappait encore totalement et qui représente une manne encore sous exploitée.  C’est là que se transvasent actuellement les budgets pubs autrefois exclusivement réservés à la télévision et à la presse. Voir l’étude Morgan Stanley de Novembre dernier pour les chiffres. Google rachète donc Doubleclick, un des leader pour la pub à l’affichage, la bonne vieille bannière, pour s’installer sur ce marché. Tout le monde ou presque est en passe de devenir client de Google.

Je n’ose plus dire échec et mat, j’ai déjà du le dire une ou deux fois. L’histoire rappelle celle de la Standard Oil de Rockfeller dont on oublie trop souvent qu’à l’origine elle ne se préoccupait pas de forage ni de prospection mais de transport et de raffinerie. Le pouvoir de Google ne se mesure pas à son chiffre d’affaires mais son contrôle absolu de l’intermédiation. Sur le marché de l’information en recueillant les demandes des utilisateurs, en les véhiculant jusqu’aux medias. En recrutant des millions d’annonceurs petits ou grands et en reversant le CA publicitaires aux mêmes medias, entre acheteurs et vendeurs d’espace. Pendant ce temps devinez qui s’occupe de forage et de prospection. Vous, moi , les éditeurs. La puissance vient du contrôle de l’information (voir l’histoire des banquiers lombards), le contrôle des prix en découle nécessairement. Du coup le ton change et désormais on parle de monopole, de trust, la boucle est blouclée. A suivre

Lire aussi:
Google analytics : jeu, set et match !
Google: un suivi multisupport pour les évaluer tous et les lier…

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7 Responses to “Google se paye les champs de pétrole”

  1. Marine Says:

    Joli le parallèle avec la Standard Oil. Qui nous rappelle d’ailleurs une bonne vieille loi historique : (démantèlement anti-trust ou pas) quand on est au sommet, il n’y a qu’un chemin possible : vers le bas !
    Microsoft en est d’ailleurs un bon exemple non ? (bon ok ils sont pas encore vraiment en bas…)


  2. Comment vas-tu Marine, je vois que tu as de saines lectures…
    C’est mal de se moquer, mais le parallèle est juste aussi parce que Microsoft achetait ce qu’il ne savait pas faire. N’oublions pas que Google doit aussi acheter Doubleclick parce qu’il n’a pas réussi à pénétrer le marché de la pub à l’affichage.


  3. Pour rester dans le même champs sémantique, tant que l’on a « les mains dans le cambouis » on ne regarde pas trop ce qui se passe. Avec le rachat de Doubleclick, la boucle est bel et bien bouclée. De plus, comme tu l’as noté, Emmanuel, cela permet à Google de bénéficier du transfert progressif des budgets pubs vers le web.

    Et il ne faut pas oublier les outils de statistiques Analytics et SiteMap qui permettent aux administrateurs de sites de connaître leur audience, un peu comme Weborama et Xiti. Comme qui dirait, « Le soleil ne se couche jamais sur l’empire Google » !

    Ceci dit, pour reprendre tes termes, le rachat a eu lieu « à la barbe de Microsoft et Yahoo ». Nul doute que nous verrons prochainement des (tentatives de) rachats de logiciels ou de régies pub.


  4. Bonjour Emmanuel,

    Je viens de faire un tour sur les blogs Européens par rapport au rachat et je vois que tant en France qu’aux Pays-Bas, référence est faite à un possible démantèlement si cela continue comme cela. Les bataves font directement référence à Nelie Smit-Kroes, commissaire Européenne. Nationalisme oblige ;-)

    Par contre, là où votre blog diffère est la référence à Google Analytics par le biais de Jean-Pierre Govekar. Merci pour cela.

    Je suis mitigée sur l’acquisition dans le cadre de ce qui m’intéresse à savoir, les Web Analytics mais je serais curieuse d’avoir votre avis sur l’acquisition dans le cadre d’une intégration possible entre Google Analytics et DoubleClick pour mesurer l’impact de sites tels que ceux que vous gérez.


  5. J’ai dèjà mentionné ici toute l’ambiguïté de Google qui est désormais à la fois régie publicitaire et mesureur d’audience via Analytics. (j’ai ajouté le lien vers mon billet sur le sujet en bas de l’article).

    Toutfois Analytics ne vise pas les grands comptes mais plutôt les TPE qui achète des mots clés sponsorisés. On l’a vu sur la fraude au click il est assez étonnant de voir que Google décide seul de ce qui est tolérable en matère de fraude au clic …
    Tout ça n’est pas très sain et je crains qu’il faille conseiller de ne pas mettre ses oeufs dans le même panier au minimum en utilisant un outil de mesure indépendant.


  6. Je trouvais au contraire ta synthèse limpide.
    Je suis d’accord avec ta suggestion de diversification, voire dans la mesure du possible, d’utilisation parallèle de 2 outils concurrents pour en mesurer la différence de résultat.

    Finalement, la question est : la prochaine fois que l’on déjeune ensemble, on paye en Googlars ou en Googleuros ?


  7. [...] suppose qu’ils parlent des données de navigation partagées avec Doubleclick. je suppose ensuite qu’ils savent que la Loi impose désormais aux fournisseurs [...]


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