J’ai découvert récemment qu’il fallait dire "pro-am" pour désigner ce que j’appelais avant journalisme participatif ou collaboratif. Ca me paraît bien trop moche pour avoir un avenir mais allons-y pour pro-am, comprenez ces projets éditoriaux où se se mélangent contributions d’amateurs et encadrement professionnel. Après le démarrage en fanfare de Rue89 où il faut bien le dire les journalistes tiennent le devant de la scène, c’est au tour de d’Obiwi  de se lancer avec un concept clairement orienté contenu utilisateur sur fond de magazine "style de vie".

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Pour le moment en béta privée le site débute le recrutement de ses rédacteurs tout en peaufinant le décor. Le coeur de concept: valoriser l’autogestion et les contributions de la communauté pour faire émerger peu à peu des experts et spécialistes reconnus et notés par les lecteurs eux-mêmes. Comprenez qu’on débute par des brèves et des commentaires, on amasse des points à mesure des contributions et on dispose de droits supplémentaires ou des avantages comme une prise en charge de la formation professionnelle. Bref du Padawan à Obiwan (ça y est vous avez compris!). Pour ceux qui n’ont pas suivi c’est la mise en pratique de la pyramide de Maslow dans le domaine de l’information: tout est là (version pdf).

S’il est trop tôt pour juger du contenu et de la capacité du modèle  à susciter à la fois motivation et qualité des contributions, l’expérience à le mérite d’aller au bout du concept. Impossible de ne pas le comparer à About.com où les meilleurs contributeurs deviennent guides et responsables de rubriques. Les choix de design sont sensiblement différents et on sent bien que si About.com est avant tout optimisé pour les mots clés sponsorisés, le style magazine d’Obiwi  avec beaucoup d’illustrations mise sur une publicité plus visuelle. Ma première impression est plutôt positive mais je me demande si, comme pour des sites comme Agoravox, le dispositif communautaire à base de notations, commentaires et bidules interactifs n’est finalement pas trop envahissant. Question que je me pose aussi en général sur tous les sites d’information. A suivre…

> Pour participer au beta test c’est ici

Aujourd’hui, pour voir, mes premiers pas sur Facebook le réseau social qui monte. C’est Fred qui le dit, Freddy qui en rajoute, Techcrunch aussi. Par curiosité j’ai voulu expérimenter comment se construisait la viralité, exponentielle parait-il, sur Facebook. A titre non-professionnel je suis plutot prudent face aux réseaux sociaux en particulier à cause du risque de spam, par horreur absolue de Myspace, parce que je pense qu’il ne faut pas se disperser en matière de données privées,  parce que je suis marié. Enfin c’est tout comme…

Premières impressions: Facebook me donne l’impression d’être une sorte de MySpace sérieux, croisé de Yahoo 360 et Linkedin. MySpace parce que si on remplit au départ une fiche de sécurité sociale on se retrouve vite avec un mini blog remplit de tout et n’importe quoi. Yahoo 360 parce que les photos jouent un rôle central et parce qu’on lâche peu à peu tout plein d’informations privées sans s’en rendre compte. Enfin Linkedin parce que rapidement les liens se construisent autour des relations professionnelles et par le nom de l’entreprise (en fait pas si sûr mais dans mon cas oui). A noter ce détail assez choquant pour nous européens: nous sommes invités à préciser nos orientations politiques et religieuses dans notre profil!

Reste à comprendre la viralité: sans rien faire je me retrouve en effet ce soir  avec 7 "amis"! Comme pour MySpace le système est assez redoutable pour matérialiser de façon très artificielle des "amis". Alors que les listes d’amis sur MySpace sont à mon avis largement bidons  et exagérés le dispositif est ici plus subtil. En fait toute l’astuce repose sur l’autorisation que l’on donne à Facebook d’aller farfouiller dans notre messagerie électronique. Au moment de l’inscription on se voit ainsi proposer de chercher des amis … dans notre propre liste de contacts. Logique sauf que dans les messageries type Yahoo (la mienne) ou Hotmail il suffit d’échanger un message pour enrichir sa liste de contacts. Facebook puise alors dans une liste qui dépasse largement le cadre des relations proches. Si l’email ou le nom de la personne se retrouve quelque part sur Facebook, la voilà qui apparaît de facto dans notre liste "d’amis". (Maj: pas tout à fait de facto car on valide la liste ou chaque profil est précoché. On peut ensuite "inviter" les autres sur Facebook.)

Dans ces conditions on comprend comment la viralité se construit de façon exponentielle. Le système est ensuite assez intelligent pour que l’on trouve des raisons de préciser son profil, communiquer avec les "amis" et qualifier les liens. Le résultat est franchement impressionnant, on obtient une sorte de tableau de bord de sa propre vie d’où je comprend vite que certains sont enclins à piloter leur identité 2.0. Je m’interroge tout de même sur un point: si le résultat est spectaculaire, la majorité des utilisateurs de Facebook sont-ils réellement actifs. Rien n’est moins sûr même si le décor est conçu pour donner l’illusion du contraire. C’est tout le problème de ces réseaux qui se nourrissent avant tout de leur propre viralité: il y a toujours un profil à corriger, un message à envoyer, une requête à laquelle répondre ce qui produit autant de visites, de clics et d’animation apparente. Un système pyramidal parfait ou l’ego se transforme en produit marchand. Brillant…

(Note : au moment où je me disais que ce serait très fort de pouvoir y importer les notes de son blog j’ai découvert que la fonction existait. Bluffant!)

Publication des données du marché publicitaire en ligne US pour l’année 2006 par l’IAB selon des estimations du cabinet PricewaterhouseCoopers: +35% de croissance du CA par rapport à 2005. Comme d’habitude le plus intéressant est la répartition selon les différents formats publicitaires avec toujours une domination des mots clés sponsorisés qui pèsent pas loin du double de la pub à l’affichage (6799M$ contre 3685M$). Toutefois on note une croissance plus rapide de l’affichage (+46%) entre 2005 et 2006  alors que les mots clés ne progressent "que" de 32%.

En M de $ 2006 (Total = $16879M) 2005 (Total = $12542M)
Type de format $ Parts de marché $ Parts de marché
Pub affichage 3685 22,00% 2508 20,00%
Sponsoring 496 3,00% 627 5,00%
Slotting fees 0 0,00% 125 1,00%
Rich Media (dont video) 1192 7,00% 1004 8,00%
Total affichage 5373 32,00% 4264 34,00%
Mots clés 6799 40,00% 5142 41,00%
Petites Annonces 3059 18,00% 2132 17,00%
E-mail 338 2,00% 251 2,00%
Liens marchands (leads) 1310 8,00% 753 6,00%
TOTAL: 16879 100,00% 12542 100,00%

 Source IAB

> Télécharger le rapport complet pour l’année 2006 (pdf)

L’IAB US l’annonce dans un communiqué, la querelle sur la mesure d’audience qui l’opposait à Comscore et Nielsen Netratings a pris fin. Les parties ont accepté le principe d’un audit de leurs mesures par un cabinet indépendant. Les différences observées entre les données statistiques reccueillies auprès des deux concurrents ainsi que les méthodes de constitution des panels avaient provoqué une crise de confiance et quelques menaces hautes en couleurs.  

Conclusion provisoire mais logique, personne n’ayant vraiment intérêt à discréditer les principaux instruments de mesure d’audience. L’important étant d’arriver à un consensus des différents acteurs du marché sur un certain niveau de fiabilité des mesures et d’en accepter les limites.  De son côté l’IAB s’engage à clarifier les définition des principaux indicateurs (temps de session, pages vues, etc…).

Annoncé par Sam Sethi, confirmé par Techcrunch, le rachat de Feedburner par Google serait conclu pour 100 M$. Franchement il y a comme une lassitude à commenter ces rachats successifs. On ne parlera bientôt plus de Web mais de Googlesphère tant le contrôle de l’ensemble de la chaîne de valeur de l’internet est désormais total. Feedburner n’est pourtant pas un maillon important de cette chaîne (je ne trouve pas d’infos sur sur chiffre d’affaire) mais la société est devenue un des acteurs incontournables pour la distribution des flux RSS.

Feedburner, que j’utilise d’ailleurs depuis près d’un an sur ce blog permet de consulter des statistiques précises sur la consultation des flux RSS, d’en faire la promotion par un tas de petites fonctions évoluées (par exemple intégrer les titres de mes billets dans ma signature d’email). Enfin il permet de les valoriser en y intégrant des liens publicitaires. L’interface est bien faite, l’éditeur choisit les campagnes de pub qu’il souhaite insérer et visualise le CPC proposé. Vraiment très cool et très pratique. Par contre côté perfomance il faut bien admettre que ce n’est pas convaincant. Qu’on en juge: j’ai près de 1000 abonnés (le double sur mes anciens flux WordPress) et je n’ai touché que 1,39 dollars (versés sur Paypal). Les pubs ne sont pas ciblées (en anglais et pour le marché US), les messages sont en fait plus près des liens sponsorisés que de la pub de branding, bref de la performance par toujours haut de gamme, avec des taux de clics souvent médiocres.

Bref rien de révolutionnaire, et la monétisation des flux RSS ne semble pas un pari gagné. En revanche comme intermédiaire de diffusion des flux RSS l’acquisition de feedburner est probablement stratégique pour accompagner la distribution des contenus sur les nouveaux supports comme le téléphone mobile. L’information sur les nouveaux usages, comme toujours, a probablement plus de valeur que la monétisation de court terme.   

MAJ: j’ajoute tout de même un point. Le mariage avec Google permettra de combler un gros manque de Feedburner: l’impossibilité de suivre les performances du flux en aval sur le site de destination. Ce qui de mon point de vue est plus important que de connaître le nombre d’abonnés, chiffre bien peu fiable. Couplé avec Google Analytics l’ensemble de la mesure sera disponible en amont et en aval du flux RSS. Chose déjà possible avec un outil de mesure traditionnel (eStats, Xiti etc…) à condition de combiner le marquage de l’outil avec le flux encapsulé par Feedburner. Tout ça pour dire qu’au fond les capacités de mesure de Feedburner n’ont finalement qu’un intérêt limité, la plupart des outils de mesure pouvant intégrer le même fonctionnalités sans trop de problème.

L’affaire commence Mercredi 16 mai par la diffusion sur le site Engadget d’une fausse information basée sur un email interne la société Apple annoncant un retard dans la sortie de l’iPhone et de l’OS Leopard. Apple dément et l’email se révèle faux. Engadget maintient que cet email provient d’une source interne à d’Apple mais corrige le tir. Trop tard, le cours en bourse d’Apple s’effondre avant de revenir à un niveau proche du départ provoquant une mini panique.  

Je ne vais pas revenir sur le fond de l’affaire mais je crois utile de commenter l’étrange débat qui s’est développé dans les jours qui ont suivi (voir Techcrunch, Transnets, Pointblog et un peu partout ailleurs). En substance on s’extasie sur l’influence des blogs, ailleurs sur leur manque de sérieux, on ricane sur les investisseurs qui spéculent à partir d’informations issues de blogs. Bref comme d’habitude la blogosphere blogosphérise et blablate à n’en plus finir sur elle même. Sauf que …

Sauf qu’Engadget n’est pas un blog!

A-t-il jamais été un blog au sens où on l’entend habituellement (comprenez un site personnel)? Oui certainement, mais Engadget n’est plus depuis longtemps un blog. Engadgets est avant tout une entreprise de presse parfaitement structurée (Weblogs Inc), laquelle édite un grand nombre de sites avec une équipe de plusieurs dizaines de personnes. Donc Engadget est un site d’information, comme d’autres, ni plus, ni moins. Un site d’information dont on attend une certaine rigueur et des règles de qualité et de déontologie. De ce point de vue il est compréhensible qu’une telle information puisse avoir un impact sur le marché.

On peut repprocher beaucoup de choses à Engadget, l’admirer aussi, mais je crois qu’il est temps d’arrêter cette comédie du discours sur les blogs qui joue de plus en plus le rôle de cache sexe au parfum marketing pour habiller des entreprises de presse qui n’ont plus rien à voir avec la micro entreprise des débuts. Engadget est un site professionnel et vient de faire une grosse boulette. That’s all…

C’est parti! La souscription pour l’abonnement e-paper des Echos est ouverte. Je teste l’iLiad, la version d’iRex, depuis une semaine. C’est le modèle compatible Wi-Fi à écran large (format 21 x 15,5 cm),  sous OS Linux. Le principe du e-paper c’est la technologie de l’encre électronique qui imite le rendu de l’encre sur papier pour un meilleur confort de lecture. Je dois dire que le résultat est assez étonnant. L’aspect mat de l’écran tactile est très reposant et je me suis surpris à plonger dans la lecture sans effort. Le test du métro à l’heure de pointe est concluant, on peut lire son quotidien préféré dans un espace de 50 cm2, on tourne les pages d’une simple pression du pouce. Le geste est naturel, la sensation est curieuse. L’édition complète des Echos occupe 165 pages pour 8 Mo pour le moment mais nous allons réduire la pagination en optimisant le contenu. Le modèle que j’ai en main n’est plus un prototype, on dispose désormais d’un OS traduit en français et mis à jour.

Une fois connecté au PC, il se comporte comme une clé USB, j’ai pu charger des documents PDF et des flux RSS chez Mobipocket (le reader est intégré) et quelques romans du côté de la bibliothèque du projet Gutenberg. Résultat impeccable même si l’affichage en caractères ASCII de ces derniers reste un peu rustique. Le premier test d’autonomie me donne 4h sans interruption avec quelques essais de connexion Wi-Fi (gourmands en énergie). D’après d’autres utilisateurs l’autonomie peut atteindre les 10h. Côté Wi-Fi il détecte les sources environnantes, le modèle à ma disposition reconnaît la techno de chiffrement WEP utilisée pour sécuriser les réseaux sans fil mais pas encore celle de type WPA. Un patch va y remédier dans les prochaines semaines.

Voilà pour les premières impressions de prise en main, j’attends pour bientôt le second modèle type Ganaxa plus petit (A5) à l’autonomie accrue mais sans Wi-Fi. A suivre..

> Le guide de référence de l’iLiad (PDF en français !)
> Pour s’abonner c’est ici (livraison d’ici 5 à 8 semaines)
> Pour en savoir plus sur le papier électronique: le blog incontournable de Bruno Rives

Quelques photos sur le vif:

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epaper-lesechos-2.jpg  Le gribouillage est autorisé façon ardoise magique (la machine enregistre les notes)

epaper-lesechos-3.jpg

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