Feedburner racheté par Google

mai 23, 2007

Annoncé par Sam Sethi, confirmé par Techcrunch, le rachat de Feedburner par Google serait conclu pour 100 M$. Franchement il y a comme une lassitude à commenter ces rachats successifs. On ne parlera bientôt plus de Web mais de Googlesphère tant le contrôle de l’ensemble de la chaîne de valeur de l’internet est désormais total. Feedburner n’est pourtant pas un maillon important de cette chaîne (je ne trouve pas d’infos sur sur chiffre d’affaire) mais la société est devenue un des acteurs incontournables pour la distribution des flux RSS.

Feedburner, que j’utilise d’ailleurs depuis près d’un an sur ce blog permet de consulter des statistiques précises sur la consultation des flux RSS, d’en faire la promotion par un tas de petites fonctions évoluées (par exemple intégrer les titres de mes billets dans ma signature d’email). Enfin il permet de les valoriser en y intégrant des liens publicitaires. L’interface est bien faite, l’éditeur choisit les campagnes de pub qu’il souhaite insérer et visualise le CPC proposé. Vraiment très cool et très pratique. Par contre côté perfomance il faut bien admettre que ce n’est pas convaincant. Qu’on en juge: j’ai près de 1000 abonnés (le double sur mes anciens flux WordPress) et je n’ai touché que 1,39 dollars (versés sur Paypal). Les pubs ne sont pas ciblées (en anglais et pour le marché US), les messages sont en fait plus près des liens sponsorisés que de la pub de branding, bref de la performance par toujours haut de gamme, avec des taux de clics souvent médiocres.

Bref rien de révolutionnaire, et la monétisation des flux RSS ne semble pas un pari gagné. En revanche comme intermédiaire de diffusion des flux RSS l’acquisition de feedburner est probablement stratégique pour accompagner la distribution des contenus sur les nouveaux supports comme le téléphone mobile. L’information sur les nouveaux usages, comme toujours, a probablement plus de valeur que la monétisation de court terme.   

MAJ: j’ajoute tout de même un point. Le mariage avec Google permettra de combler un gros manque de Feedburner: l’impossibilité de suivre les performances du flux en aval sur le site de destination. Ce qui de mon point de vue est plus important que de connaître le nombre d’abonnés, chiffre bien peu fiable. Couplé avec Google Analytics l’ensemble de la mesure sera disponible en amont et en aval du flux RSS. Chose déjà possible avec un outil de mesure traditionnel (eStats, Xiti etc…) à condition de combiner le marquage de l’outil avec le flux encapsulé par Feedburner. Tout ça pour dire qu’au fond les capacités de mesure de Feedburner n’ont finalement qu’un intérêt limité, la plupart des outils de mesure pouvant intégrer le même fonctionnalités sans trop de problème.

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8 Responses to “Feedburner racheté par Google”


  1. Techcrunch parle d’un CA de 15M USD pour Feedburner.

    Concernant les pubs, je me suis renseigné pour AD42 et finalement ai décidé de ne pas tenter le coup. L’inventaire français n’est vraiment pas très large et peu transparent (le service commercial cite GenerationMP3, Mac Bidouille, silicon.fr, vnunet.fr, IDG France).


  2. Le chiffre cité n’est pas confirmé à ma connaissance, c’est une estimation. Cela dit il me semble cohérent. Côté potentiel c’est ce qui remonte aussi des outils de mesures traditionnels qui globalement ne ressentent pas la pression du marché sur le RSS. Très curieusement.
    Je n’en ai pas encore parlé ici mais nous nous sommes posés la question à l’OJD pour lequel j’ai participé aux travaux: doit-on compter (et certifier) les abonnés aux flux RSS? La réponse est non, la mesure est bien trop hasardeuse et au fond ça n’a pas de sens car ce que l’on souhaite vraiment mesurer c’est l’usage et la consommation des contenus sur les différents supports, non la mesure du RSS en soi!
    Seule exception à mon sens le cas d’un éditeur qui publierait l’intégralité des articles dans le flux RSS mais ce cas n’existe pas encore chez les éditeurs professionnels membres de l’OJD.

  3. David / IC Says:

    Bonjour, si l’estimation de CA de 15 millions $ est correcte, cela signifie que FeedBurner gagnait environ 35 $ par "publisher" (base: 423’000 publishers selon plusieurs articles) et surtout une moyenne de 20 $ par Feed (car 720’000 feeds annoncé). Il est évident que la force de frappe Google va permettre d’augmenter drastiquement ce "revenu moyen par feed", même si je suis d’accord avec Emmanuel pour dire que ce n’est probablement pas l’enjeu le plus stratégique pour Goog à ce stade…

  4. emmanuel Says:

    Attention la publicité n’est pas la seule activité commerciale de feedburner. Il y a aussi la prestation payante qui à mon avis doit représenter une bonne part

  5. David / IC Says:

    Tu as entièrement raison mes chiffres sont inexacts.
    Après vérification auprès de qqn qui suit ce type de business, c’est > de 50% des revenus qui serait lié aux prestations payantes et la majorité des feeds qui auraient intégrés de la publicité seraient dans ton cas. En résumé, un potentiel de monétisation semble très important. D’ailleurs, à votre avis, comment la publicité au travers des feeds se vendra-t-elle? Au CPC/CPA ?


  6. La publicité se vend essentiellement au cpc ce qui à mon avis réduit largement le potentiel. Quant au cpm (nous le pratiquons) il pose quand même un problème car par définition nous ne maitrisons pas le contexte dans lequel s’affiche la publicité …

    Ceux qui tirent leur épingle du jeu obtiennent des taux de clics élevés car la publicité n’est pas contextuelle mais est basé sur le message lui même (infomercial, offre directe etc…). Bref on est dans la confusion editorial/publicité.

    Je n’en tire pas forcément un avis négatif ou totalemen tpessimiste car les revenus dégagés via le RSS sont certes marginaux mais vu le coût de diffusion, c’est de la marge pure…

  7. David / IC Says:

    Effectivement…
    D’après un des VC de Feedburner qui aurait réalisé une sortie en gagnant 3X le montant investi:

    "The inventory they manage always seems to grow so much faster than the advertising they sell. Their self service advertising system never really took off, and that made it even harder to monetize all the inventory they manage."

    Le post complet:

    http://www.unionsquareventures.com/2007/05/feedburner_is_a.html


  8. Merci David pour ces précisions qui confirment que l’activité de régie n’était pas un succès. Je continue de penser que l’enjeu de vient pas de la monétisation directe du RSS mais de son rôle stratégique.


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