iTunes sans DRM, on y a presque cru!

juin 6, 2007

Je ne suis pas un spécialiste du marché de la musique en ligne, comme beaucoup j’ai cru à l’annonce de l’abandon des DRM par Apple/iTunes. C’est raté, le pot aux roses a été révélé. Lire l’excellent résumé de cette entourloupe par Philippe Astor qui explique comment les informations personnelles sont fixées dans les fichiers musicaux. Cela confirme une chose, l’argument des DRM comme solution de sécurisation a toujours été une plaisanterie, leur vraie raison d’être est la collecte de données marketing.  

C’est d’ailleurs tout le secret de Lastfm bâtie autour d’une bonne vieille technologie de spyware. Au détail près qu’on ne peut parler de spyware puisque l’utilisateur donne son autorisation pour être espionné. Tout ceci me conforte dans l’idée que l’ensemble de l’industrie numérique de la mouvance web 2.0 fait reposer son modèle économique sur l’exploitation des données personnelles. Quelque chose a du m’échapper sur l’évolution des mentalités au cours des 2 ou 3 dernières années, comment le spyware est-il devenu une valeur cool ?

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12 Responses to “iTunes sans DRM, on y a presque cru!”

  1. François Says:

    D’un autre côté, si on considère que la principale plainte des anti-DRM était la limitation de l’utilisation des fichiers, alors cette demande a été prise en compte.

  2. Sebastien Says:

    Ouaip pareil que francois.
    Sur les DRM, le truc chiant et vraiment désagréable, c’est le fait de ne pouvoir le refiler à sa copine ou le mettre sur un autre support qui est génant. Il me semble normal que de mettre les données client dedant, ne serait que pour pouvoir remonter à ceux qui diffusent les fichiers sur les reseaux P2P (ce qui pour moi est vraiment totalement illégale et je suis totalement contre le « la musique ca devrait etre gratuit » pronés par les pro-p2p ces dernieres années).
    Je vois pas en quoi Apple pourrait exploiter ces données si le fichier reste dans « tes ordinateurs ».

    Et pour finir, lastfm propose un service d’une qualité exceptionnelle dans ce monde du web 2.0, avec un fini et une démarche qualité dont bien d’autres devraient s’inspirer au lieu de nous pondre des sites de socials networking sans aucun but précis tout les 4 matins.

    Franchement l’argumentaire de l’article est tiré par les cheveux.

  3. emmanuel Says:

    Bon sur Lastfm je me doute que le succes du service tient forcément à une valeur ajoutée qui, c’est out le point, justifie le mouchard.
    Je crois que tu as raison Sébastien au fond ce n’est pas une affaire de « spyware cool » mais de perception de valeur ajoutée réelle.
    Supprimer les freins à l’usage + et accroitre la qualité des contenus rend tolérable beaucoup de choses qui auraient choqué il y a quelques années. Le permissive marketing, ça marche.

    Je dois être fatigué, je retourne me coucher et je me réveille dans deux ans

  4. Sebastien Says:

    Arf :)
    Je comprends vraiment pas ce qui te choque dans Last.fm (mais je veux bien comprendre), tu veux écouter de la musique gratuitement, ils te le permettent (avec ton accord) et en plus ils te proposent (si tu le souhaites) d’affiner la musique à découvrir en fonction de tes gouts. Et oui, ensuite ils te balancent des propositions « commerciales » (non intrusives), faut bien bouffer :)
    Là tu vas me dire, avec leur rachat, ca va, ils vont manger du caviar, mais ca c’est le délire de la bulle v2, c’est une autre histoire :)

    Si tu veux te révolter, un truc que je trouve hallucinant, c’est la pub au cinéma. Tu payes ta place pour voir le film, et tu dois quand meme te taper de la pub comme chez toi devant la tv.

  5. Stephane Rodriguez Says:

    Très mauvais post en effet. L’utilisation de MP3 comme format de fichier permet de résoudre le problème des copies privées à volonté et du transfert sur des appareils arbitraires dès qu’ils supportent MP3. Et dans ces conditions c’est une avancée notable pour le bénéfice des utilisateurs.


  6. > Stéphane, je ne comprends pas, il ne s’agit pas de MP3 mais de AAC si je lis bien Philippe Astor.

    > Sébastien: LastFm est un bon service, je n’ai rien à dire sur le résultat. Simplement au départ il est basé sur une collecte d’informations sur le PC de l’utilisateur, chose qui aurait fait scandale il y a quelques années. Franchement ils font exactement ce qui a longtemps été repproché à Microsoft. Preuve que c’est une affaire très très subjective.

  7. J. Says:

    Je crois que peu de gens réalisent ce que signifie « données personnelles ». Les données personnelles récoltées ont une valeur marchande (en plus de la valeur « morale » mais le propos n’est pas là), et puisque Sébastien trouve révoltant de payer pour voir de la pub, il devrait bien être logique avec lui-même en se rendant compte qu’il va payer des fichiers contenant des données personnelles à lui, qui rapporteront de l’argent en plus au vendeur, et qu’il va les payer encore plus cher…

  8. NatC Says:

    Emmanuel, last.fm n’a rien d’un spyware.
    Le * plug-in * que tu installes VOLONTAIREMENT (contrairement à un spyware) sur ta machine envoies à ton compte last.fm la liste des morceaux que tu écoutes.
    Il ne fait QUE ce que tu attends de lui (contrairement à un spyware), et tu en conserves l’entière maîtrise (contrairement à un spyware) : tu peux le stopper au niveau de ton lecteur multimédia, ou supprimer des morceaux ou artistes sur ton compte last.fm.
    Et la seule donnée personnelle que tu lui fournisses en dehors de tes playlists, c’est une adresse email (facultatif à l’époque où je me suis enregistré, je ne sais pas si c’est encore le cas).

  9. jf farny Says:

    Tu as entièrement raison, ça demande un réel effort de lecture (? publicité mensongère ?) car l’absence de DRM est, à mon sens, victime d’un abus lexical : on diabolise ce mot en l’accusant d’empêcher le libre choix du terminal. La démarche d’Apple, qui consiste à mettre une dose importante de marketing dans ses produits, a donc un peu foiré son message. Mais l’objectif premier n’est pas de se plier à la vindicte populaire, mais de garder à l’esprit le besoin constant d’élargir des parts de marché et maintenir la progression de chiffre d’affaires. Le choix ipod/pas ipod étant majoritairement fait par le public et les habitudes prises, on peut maintenant libérer les usages et laisser les réfractaires ipod goûter au catalogue ;)

    De toute façon la gestion des droits numériques n’est qu’un concept, il n’a donc jamais été question d’abandonner des droits sur une oeuvre sous prétexte qu’elle navigue en numérique, mais de laisser le choix au constructeur/éditeur de décider de son application et de sa stratégie commerciale. Tout est question de placement de curseur : plus il y a de la coercition, moins le produit est diffusé, plus tu lâches la bride, plus ton produit circule facilement (toutes choses étant égales par ailleurs).

    Si je fais une analogie avec ce qu’a mis en place la PQR en France, le principe retenu est de considérer que le modèle repose sur la diffusion des contenus (exit les solution logiciels propriétaire entravant la simplicité d’accès). Chaque article destiné au marché professionnel (les licences applicables aux sites web n’autorisant aucune rediffusion) contient une « immatriculation » visible qui permet, le cas échéants, de vérifier l’intégrité de l’œuvre et son parcours tout au long de la chaîne de diffusion. Il y a bien du DRM, mais il ne repose pas sur une solution logicielle, on est donc pas dans l’interdiction mais dans la dissuasion.

    La Code de la Propriété Intellectuelle a été constitué afin d’établir un équilibre entre la libre circulation de l’information et l’économie de l’auteur ou de ses ayants droits. Le débat se place au niveau de la définition d’une politique de distribution et une stratégie commerciale : est-ce que le pari d’Apple, de ne plus rendre exclusive la relation iPod-iTunes, est une stratégie de conquête et lui permettra-t’elle de maintenir sa progression de CA ? J’ai ma petite idée ;)

  10. Sebastien Says:

    Je ne vois pas en quoi le fait de mettre mon nom dans le fichier que je télécharge sur mon ordinateur est une utilisation de mes données personnelles par Apple.
    Je vois pas du tout le rapport.
    (Sur last.fm ok, mais c’est gratuit, c’est un accord dès le départ)

  11. spha Says:

    On est dans la critique facile je trouve.
    Si on part du point de vue des majors, en quoi est-ce si gênant que tes infos soient dans ton fichier musical ? Ces musiques sans DRM ne sont pas faites pour être retrouvées sur un réseau P2P, il n’y a donc pas de risque qu’un major remonte jusqu’à toi, non ?
    A moins que ton usage dudit fichier soit illégal.

    Je n’irai pas jusqu’à soutenir Apple mais je ne pourrais pas les critiquer non plus sur ce point là. A la limite, là où les consommateur devraient pousser des coups de gueules, c’est sur le tarif de 1,29€ qui engraisse un peu plus les majors…

  12. Xu Says:

    Concernant last.fm, je suis accès d’accord avec les propos d’un blogueur US (je ne retrouve pas, désolé) qui ne se souciait pas que toute sa gestion soit online : tout ou presque est déjà (ou peut l’être) dans des bases de données. Dans ce cas, autant y avoir accès et y gagner quelque chose en terme de fonctionnalités !


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