Bons baisers de San Francisco

février 29, 2008

Fin d’une petite semaine de boulot à San Francisco. Entre autres choses plusieurs discussions avec Dan Farber, pilier historique de ZDNet.com, récemment nommé à la tête de News.com:
- Quelle différence fais-tu entre blogs et news?
- Il n’y en a pas c’est la même chose…
cnetnetworks-sf.jpgPas besoin d’en rajouter. Je découvre au passage que la rédaction de News.com, le site de référence de l’actu High-tech aux USA (du groupe CNETNetworks pour lequel je travaille) produit déjà plus de blogs que d’articles "traditionnels". Qu’on se le dise. Plein d’innovations à venir très bientôt mais chuttt…

Petite visite chez Seesmic avec Loïc qui construit patiemment sa communauté d’utilisateurs. Très impressionné par le studio (Loïc m’explique qu’il a été construit bénévolement par un utilisateur de Seesmic, je suis scié mais ça prouve la valeur d’une communauté) et le dispositif video mis en place par Seesmic. Une bière en passant avec l’autre expatrié entrepreneur, Freddy Mini de Netvibes, en plein lancement de la version Ginger.

Ici les discussions tournent pas mal autour de la récession qui n’est déjà plus une hypothèse. Un chauffeur de taxi m’explique que la profession a vu ses revenus baisser de 70% sur les trois derniers mois. Un signe clair même si San Francisco bénéficie d’une pression démographique et économique très favorable qui maintient les prix de l’immobilier. L’année 2008 s’annonce mouvementée, chacun attend les premiers coups.

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Les medias de 2028

février 20, 2008

Peu de temps pour bloguer en ce moment mais pour respecter la règle du Web 2.0 qui veut que les usagers s’autodistribuent me voici en vidéo. Je suis interrogé par des étudiants de l’ESCP-EAP dans le cadre d’une excellente série d’entretiens de professionnels de la profession qui tentent de se projeter dans l’industrie des medias des vingt prochaines années.

Pour tout dire je suis très agréablement surpris par la qualité de ces entretiens menés avec une grande sobriété de style, où chacun prend le temps d’expliquer simplement et tranquillement sa vision ou ses doutes. Surpris aussi de voir à quel point les idées des uns et des autres concordent.

A voir aussi (cliquez sur les images):

> Christophe Agnus du groupe Mondadori (amusant on dit la même chose avec des mots différents)

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> Eric Mettout, L’Express.fr (excellent, beau parcours radio, BD, presse – Si, si Eric il y a des "pure players" qui fonctionnent…)

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> Benoït Raphael, LePost.fr (qui nous refait le coup du paysan des montagnes mais sans accent – coucou Benoît…)

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> Frederic Schlesinger, France Inter

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> Gerard Louvin, Louvin Productions (toujours plein de projets)

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Trouvé sur Bakchich.info cet entretien avec Philippe Cohen, red chef de Marianne2.fr et co-auteur avec Elisabeth Levy d’un livre ("Notre métier a mal tourné") dressant un état des lieux inquiétant de notre profession. Je n’ai pas encore lu le livre mais certains passages de l’entretien sur la précarisation des journalistes sonnent assez juste. Par ailleurs je partage assez son étonnement de voir que les grandes enquêtes se publient désormais dans des livres dont on réserve les bonnes pages pour le magazine employeur de l’auteur, façon de limiter les risques (j’en parlais ici à l’occasion d’une discussion avec Jean Guisnel du Point).

Je ne connais pas Philippe Cohen, j’aime assez ses réflexions même si je déteste son moralisme et que je n’oublie pas qu’on lui doit les chapitres les plus inutiles et emmerdants de "La face cachée du Monde" (Merci Pean pour les autres chapitres). Pour l’anecdote je lui dois pourtant d’une certaine façon ma carrière quand jeune journaliste mal payé (déjà) en 1994 je l’avais contacté à Info Matin pour lui proposer comme à d’autres des articles sur l’émergence de l’internet. Le quotidien Info Matin qu’il codirigeait et était justement le précurseur des rédactions où des journalistes crachaient des dépêches au kilomètre (je dis ça juste pour relativiser et rappeler que l’âge d’or du journalisme n’a jamais vraiment existé).

Il s’agissait d’une enquête montrant comment les réseaux de la pornographie financaient dejà certains acteurs du réseau (c’était quand même 12 ans avant que la presse ne découvre les activités privées du fondateur de Free). A l’époque il m’avait blackboulé avec hauteur et un ton vaguement ennuyé m’expliquant "qu’un peu de cul ça ne fait de mal à personne"! Je ne lui en veux pas du tout, il n’avait pas tort. Simplement, lassé de proposer des piges sur le sujet, c’est à l’issu de notre brève conversation que j’avais décidé de plaquer mes rêves de presse quotidienne pour rejoindre la presse magazine et me consacrer à Internet.

Merci Philippe, et n’oublie pas les petits gars de l’étage en dessous.

> MAJ 11/02/08 – A lire la note de lecture de Narvic sur ce bouquin anxiogène

L’annonce est passée inaperçue alors que tout le monde avait les yeux tournés vers l’OPA de Microsoft sur Yahoo, Google, de l’aveu même de Serge Brin, n’est pas satisfait des performances publicitaires des réseaux sociaux (lire la traduction de l’article par ZDNet.Fr). Du coup on se rappelle avec un peu de retard la nature de l’accord avec Myspace : 900 M$ de revenus garantis mais sur 3 ans avec l’essentiel pour 2009 et à condition de respecter des critères de croissance pour l’audience de Myspace. L’arrivée de Facebook a probablement bouleversé le plan et les revenus de Myspace restent toujours à mon avis une affaire bien mystérieuse.

Ce qui est intéressant dans cette histoire c’est d’entendre Serge Brin parler de "déception" à propos des performances des réseaux sociaux. Parler de médiocrité est plus proche des témoignages qui se multiplient depuis plusieurs mois. Pas sûr non plus dans le cas de Myspace que les contenus et le contexte soient très favorables à la publicité. Les uns et les autres étant probablement trop hétérogènes pour permettre un ciblage satisfaisant.

Lire aussi : la chute de la durée de session sur les réseaux sociaux (aussi ici)

Maj 05/02/08: News Corp affirme à l’occasion de l’annonce de ses résultats financiers que sa filiale Fox Interactive (incluant Myspace) atteindra ses objectifs de 1 milliard de $ de CA. Affirmation qui laisse ouvert toute interprétation (apres tout le revenu est garanti donc en clair la question est de savoir si Google récupère sa mise à l’issu du deal).

MAJ 05/02/08: L’analyse de Larry Dignan, plus nuancée sur Myspace qui semble le grand gagnant du deal au contraire de Google. 

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