Stupéfaction à l’occasion d’un entretien sur Canal+ avec Jean Dionis du Séjour rapporteur de la LCEN qui plaide pour une évolution de la Loi. Propos analysés par l’avocat Eolas sur son blog où l’on relève cette déclaration suprenante:
"On en est à dire que Dailymotion sera… serait, il faudra l’encadrer, le limiter, il serait partiellement responsable des contenus [qu'il héberge], il faudra que Dailymotion s’engage plus (d’ailleurs, ils le font déjà) dans la surveillance, dans le contrôle des contenus qui seront apportés par les internautes, et les contenus qui seront [soumis au droit d'auteur], il faudra qu’ils fassent en sorte qu’ils ne soient pas mis en ligne, quoi."
Lapsus ou démonstration que la révision (pour le moment écartée) de la Loi ou la redéfinition possible de la notion d’hébergeur n’irait pas forcément dans le sens d’une liberalisation? Autre hypothèse, les techniques de marquages des contenus, qui relèvent pour le moment de l’action symbolique (toujours aussi étonnant de voir comment chacun feint de de croire à leur efficacité et la réalité de leur déploiement), pourrait jouer un vrai rôle de filtre si les producteurs de contenus adoptaient le marquage systématique. A condition d’en supporter le coût ce qui ne manque pas de sel…
Je suis également surpris de voir que le député s’étonne des dérives autour de l’application de la LCEN alors que, je le répète, elles étaient parfaitement anticipées dés le départ. Jusqu’au phénomène d’assignation collective des sites qui avait été mentionné comme issue probable. Le pari était simple: la jurisprudence tranchera et donnera l’orientation. Nous y sommes.
Concernant l’affaire Fuzz, relancée par la décision d’Eric Dupin de faire appel et l’assignation de Wikio, j’en profite pour conseiller vivement la lecture de ces deux articles – controversés- de Maître Eolas. Juste pour rappeler que le contexte dans lequel se déroule cette affaire est loin d’être simple.
> et si le juge avait raison ?
> Affaires Fuzz et autres, réplique à Adscriptor
Ce dernier article que je trouve brillant et juste même s’il est devenu difficile d’aborder cette affaire avec sang froid sous l’angle juridique sans passer pour liberticide. Je crois utile de rappeler que cette affaire ne menace absolument pas le Web 2.0 et la majorité des sites assumant leur rôle d’éditeur (et qui bénéficient tout de même de la couverture de la LCEN en ce qui concerne la modération des commentaires) ou leurs fonctions de prestataires techniques. A condition bien sûr de savoir que le risque juridique est inhérent à la fonction d’éditeur.
Seul vrai point de crispation: l’émergence de sites, certes emblématiques du Web 2.0 mais loin d’avoir démontré leur pérennité, dont l’activité se situe pile à la charnière de la fonction d’hébergeur et celle d’éditeur dans la mesure où leur activité ne se résume pas au stockage et la prestation de service mais bel et bien dans l’exploitation du contenu éditorial. Selon que l’on interprête leur nature du côté de l’une ou l’autre des deux fonctions, le risque est total. C’est toute la stratégie des plaignants qui remettent en cause le statut d’hébergeur pour appuyer leurs revendications.
Ethique en toc
avril 22, 2008
Il y a des journées comme ça, qu’on traverse comme un mauvais rêve. Il y a des signes annonciateurs. Un dirigeant de TF1 plongé dans une affaire crapoteuse sans qu’aucun journal télévisé ne juge pertinent de traiter l’info. Heureusement la presse est encore là, sur internet aussi. La pdeudo mort de Sevran qui donne lieu à un cafouillage magistral sur Europe 1. Démenti brutal, et long silence assourdissant, avant qu’on ne découvre l’origine des pseudos "sources multiples sérieuses": Elkabbach, patron de la rédaction d’Europe 1. On oublie au passage qu’Europe 1 annoncait deja le mariage d’Olivier Martinez il y a quelque temps (la faute à l’AFP).
Le même qui appelait à la création d’un comité d’éthique contre la "dictature de l’émotion", comprenez le Net puit à rumeurs (lire l’interview collector sur La Croix). Merci ArretsurImages.net et LePost.fr qui donnent l’info. Merci le Web. Qui sait d’ailleurs que la marmelade sur le comité d’ethique doit son origine à la mise en cause de David Douillet, info reprise par Europe 1, démentie par Douillet face à au site Bakchich qui a finalement obtenu gain de cause au tribunal. Merci le Web (honnêtement qui a entendu parler de l’affaire Douillet depuis une semaine?).
Ce soir le pompon.
L’emission 66 Minutes de M6 devait diffuser un reportage (à charge) sur la Chine. C’est un reportage sur les jeunes SDF qu’on se voit servir. Pourquoi? Le forum de M6 s’échauffe à juste titre. Le sujet est reprogrammé la semaine prochaine. La version de l’animatrice, celle du directeur de l’info sur… Europe 1.
POURQUOI?
Alors faut-il un comité d’éthique?
Le problème ce n’est pas l’éthique, le problème, c’est que cette semaine pour être informé il fallait lire l’info sur le web. Parce que le problème c’est celui d’une lutte contre un certain pouvoir. Le pouvoir dans et sur les medias. Comme une page qu’on ne parvient pas à tourner.
Limpide.
Bonus : Je passe la parole à ma maman qui pour la seconde fois trouve les mots justes (et au passage, après 30 ans d’Europe 1 s’informe sur LePost.fr et ASI.net. Qu’on médite là dessus).
Cadeau d’Ecosphere, un "focus group" percutant pour pas un rond:
Le NYTimes à la moulinette de l’analyse financière
avril 8, 2008
C’est une autre façon d’aborder la crise de la presse. C’est brutal. Un analyste financier montre comment le fleuron de la presse américaine, le groupe New York Times, pourrait se résumer à un champ de ruines. Beaucoup d’investisseurs se pressent au chevet du groupe mais les chiffres sont dévastateurs. Peu d’issues hors du démentellement. On frissonne.
Lu via le très direct Innovations in Newspapers




