Google pense que, peut être, s’il fait beau cet été, et si l’humeur est là, il est envisageable d’imaginer que Youtube puisse générer un peu de profit, vers la fin de l’année, approximativement.

juin 16, 2008

En général si une entreprise investit près de deux milliards de dollars pour un jouet, elle s’intéresse assez rapidement à la meilleurs manière de le rentabiliser. On peut supposer qu’elle consacre un peu de temps et ses meilleurs experts au problème. En général aussi les règles du commerce font qu’il n’est pas envisageable de vendre à perte un service pour acquérir des parts de marché sous peine de se voir accuser de concurrence déloyale. Encore faut-il qu’il y ait une concurrence…

Pour Google il semble que certaines règles ne s’appliquent pas. Ca ressemble presque à une blague « cool » comme la neteconomie en a le secret. Dans un entretien filmé organisé par le New Yorker Eric Schmidt, Pdg de Google, explique tranquillement que « lors d’une réunion en janvier » il a annoncé à ses cadres qu’il serait peut être bon de s’intéresser à la monétisation de Youtube. Et même d’envisager de le rendre rentable fin 2008. Pour ça il a un plan, même « s’il n’aime pas les objectifs de court terme » comme le relève Newsfactor.

Alors que tout le monde spécule depuis deux ans sur les revenus de Youtube, l’annonce confirme d’abord que Youtube ne l’est pas, rentable. Ensuite que l’acquisition  relevait bien de la prise de position dominante plus que d’un calcul économique. Reste à savoir si les propos d’Eric Schmidt relève de la posture « cool » face à l’agressivité de Wall Street, d’une manière de signifier que Google dispose de relais de croissance, ou de la simple légereté. Que penser du départ, il y a quelques semaines, de Shashi Seth, précisément responsable de la monétisation de Youtube?

Et si Google ne parvenait tout simplement pas à monétiser Youtube? Du bluff?

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7 Responses to “Google pense que, peut être, s’il fait beau cet été, et si l’humeur est là, il est envisageable d’imaginer que Youtube puisse générer un peu de profit, vers la fin de l’année, approximativement.”

  1. Pierre Says:

    Les prises de position dominante SONT des calculs économiques. D’autant plus sur internet où l’acquisition de masses critiques d’utilisateurs sont le nerf de la guerre.

    Google a eu l’intelligence il y a quelques années d’attendre de trouver le modèle économique d’adsense plutôt que de se ruer sur la rentabilité court-termiste des annuaires/portails. Le propos de Schmidt cadre avec une logique industrielle bien pensée à mon avis.

  2. emmanuel Says:

    Certes Pierre, mais sur les cinq dernières années il devient difficile de citer autre chose qu’Adsense (amélioration d’une techno empruntée, rappelons-le) en matière de monétisation. Bien sur que la position dominante est une stratégie, mais du point de vue d’Adsense elle ressemble à une taxe sur les échanges économiques et de moins en moins à une innovation. On attend aussi de Google des initiatives pour rémunérer les contenus à hauteur de la valeur en cours de destruction.

  3. Axel Says:

    Je partage l’avis de Pierre.
    L’enjeu pour Google avec Youtube est avant tout la recherche de position dominante, la question de la monétisation viendra dans un second temps.

    Je ne suis donc pas étonné de la réflexion de Schmidt, la logique industrielle passera peut être pour Google par la création de « son » Internet, comme cela est souvent évoqué…

    Entre un contrôle de l’infrastructure avec une capillarité croissante des datacenters au plus proche des clients, et des portes d’entrée incontournables sur le Web comme le search ou la vidéo, il y a de quoi diversifier les modèles de revenus pour Google…

    Pourquoi Youtube ne deviendrait-il pas ainsi un distributeur incontournable de contenus premiums pour les studios?

    De notre PC au média de consommations roi que constitue la TV, il n’y a qu’un pas à faire, et on n’en est pas loin avec la prolifération des terminaux intelligents connectés au Web.
    De quoi coller des nouveaux formats d’adsense à tous les niveaux d’écran, et augmenter in fine l’audience adressable.

    Les pistes de monétisation pour Google, outre l’advertising, ne sont pas donc pas si réduites que cela, on pourrait même dire que leur avenir est radieux même si cela a un côté très « big brother ».

    Il y a un point que tu évoques Emmanuel, et qui est ultra structurant selon moi, c’est la juste rémunération des contenus face à un modèle très destructeur de valeur…

    Ce problème apparait selon moi insoluble, tout simplement parce que la numérisation des contenus , qui est un vrai bénéfice au niveau distribution, a elle même engendré sa propre perte du fait de son côté incontrôlable (le P2P en est un bel exemple)

    J’ai l’impression donc que les producteurs de contenu n’auront pas d’autre choix que de s’adapter à ce dictat, et réinventer leurs modèles économiques notamment pour optimiser la partie coûts…D’où des initiatives comme la cocréation qui estlargement évoquée par Alban Martin, même si je le conçois la mise en oeuvre de ce type de modèles n’est pas simple.

    Si tu peux me prêter cet exemple un peu fallacieux, l’émission de la nouvelle star n’est-il pas le plus bel exemple de cocréation de valeur? Récupération de chanteurs inconnus, coût de programme réduit, et impact maximum en audience…

    Si je fais une analogie avec le monde télécoms, on voit que la transition du monde PSTN (téléphonie analogique) vers la VOIP ne s’est pas faite sans douleur pour les opérateurs historiques…Pourtant, ils ont réussi à négocier ce virage, avec une rationalisation forte au niveau architectures et l’introduction d’une flopée de services permettant de conserver un revenu par abonné encore correct…

    La problématique est qu’il devient difficile de maintenir ce niveau de revenus, du fait même de la baisse tendancielle de la valeur des services…De quoi s’arracher les cheveux !!!!


  4. C’est bien le point Axel, tout ceci fait le jeu des distributeurs, ça n’échappe à personne. En revanche au bout de deux on ne peut plus se satisfaire du discours « on verra après pour la monétisation » qui fête sa deuxième bougie. En 2008 il faut délivrer.

  5. Axel Says:

    Je comprends ton point, tu as une vision très financière de la situation et je pense qu’il faut s’inscrire dans une vision long terme, en prenant en compte tout l’ensemble d’activités de Google et pas uniquement Youtube.

    Les résultats de Google restent extrêmement rassurants pour les Marchés financiers à court-moyen terme, avec un business Adsense plus hégémonique que jamais suite à la bévue Yahoo-MS.

    Bref, Schmidt a de quoi rassurer les investisseurs sur sa capacité à générer du cash et continuer en parallèle à mener des chantiers ultra ambitieux comme Youtube, qui aujourd’hui effectivement constituent des trous financiers.

    Comme il le dit en filigrane dans son interview, au delà de la question de la monétisation court terme, il y a visiblement encore beaucoup d’écueils à lever sur Youtube notamment la question de la bande passante.

    Nul doute que le travail de Google est en ce moment d’optimiser toute sa structure de coûts, d’autant plus si à moyen terme ils s’ouvrent sur plus de fenêtres de diffusion que le Web.

    Je ne pense donc pas qu’il soit opportun de tuer la poule aux oeufs d’or maintenant en cherchant de la monétisation court termiste, qui passerait par de l’adsense vidéo à tout va…
    C’est bien là où Google ne veut pas aller tout de suite et se « donner le luxe de prendre son temps », car à l’inverse de ses concurrents type DailyMotion il n’a pas besoin très vite d’argent frais pour maintenir l’activité, d’où le problème de concurrence déloyale que tu poses…
    A fin 2008, pour reprendre l’échelle de temps de Schmidt, je serai curieux de savoir combien il va rester de survivants sur ce Marché de plateforme vidéo.

    Je pense donc que Google là dessus adopte une approche très mesurée, et ne veut prendre aucun risque pour conserver perte sa masse critique d’utilisateurs (prospects??…A voir ce qui se passera sur cette année.


  6. A lire ce billet de Marc Cuban (ok il n’est très objectif et souvent anti google primaire) qui critique certains aspects du modèle économique de Youtube

    http://www.blogmaverick.com/2008/06/16/hulu-is-kicking-youtubes-ass/

    Tout n’est pas à prendre à la lettre dans cet article mais son argument sur le revenu par utilisateur peut faire la différence. Je reste toutefois réservé sur Hulu, auquel nous n’avons d’ailleurs pas accès en France


  7. [...] beaucoup le titre qui suit, titre d’un billet paru sur ecosphere… et ça me suffit pour en parler ici. Le titre n’est pas [...]


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