Crise de la presse sur France Culture

novembre 6, 2008

Petit passage ce matin au micro de France Culture avec mon collègue de l’AFP Eric Scherer sur le thème de la crise de la presse. Discussion bien sage qui a tourné en aimable pugilat (en partie aussi hors micro). Ecouter ici (ou dans les archives à partir de demain – émission du 6 novembre).

Après coup je pense que certains de mes propos peuvent être mal compris ou interprétés. En particulier quand je rétorque un peu trop vivement à Clémentine Autain que la question des Etats Généraux ne "concerne" pas les lecteurs (et j’imagine déjà les réactions horrifiées face à ma comparaison avec les boulangers). Evidemment les lecteurs sont au coeur des préoccupations simplement je pense que les Etats Généraux devraient se concentrer sur les aspects économiques et industriels, il n’est pas normal de venir dans un ministère discuter des contenus et de "quoi et comment écrire". Il y a d’autres lieux pour ça et en théorie chacun devrait aborder les Etats Généraux avec une vision claire de sa stratégie éditoriale.

Bref c’est une question qui se traite en amont, ailleurs, ou même en aval des Etats Généraux. Dire que les journalistes ne sont pas présents aux Etats généraux est faux, dire qu’il faut inviter les lecteurs relève de la démagogie facile (en particulier parce ce que se poserait aussi la question de leur représentativité). Qu’on se rassure, les lecteurs, on ne pensent qu’à eux mais il faut parfois assumer de se poser des questions industrielles et commerciales et laisser de côté la philosophie. En particulier en situation d’urgence, parce qu’on a pas voulu se poser ces questions il y a dix ans.

Très étonné d’entendre Alexandre Adler (que j’admire par ailleurs) souhaiter protéger le petit cocon des aides de l’Etat pour "préserver" L’Humanité, Le Figaro et d’autres journaux. Faut-il rappeler que certains journaux ne doivent leur survie sous perfusion que par la position stratégique qu’ils occupent dans la chaîne de distribution afin de préserver le marché français de l’arrivée de groupes de presse étrangers et concurrents. L’emploi attendra, ne touchons à rien. Faut-il rappeler que les aides de l’Etat ont permis aussi de financer indirectement tout une partie de la diffusion "grise" gratuite de certains journaux, lesquels tirent fierté d’un modèle payant qu’ils ont pourtant gangrené. Bref je maintiens que la question économique et industrielle prime sur la dissertation.

Hélas

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6 Responses to “Crise de la presse sur France Culture”

  1. erwan Says:

    L’adresse pour écouter ne semble pas fonctionnelle.
    Dans mon groupe de presse et mon journal (electronique internationl) très orienté business industriel, j’ai toujours été atterré de l’écart entre les articles qu’on peut publier sur le fonctionnement des entreprises et la pratique interne de mon groupe pour fonctionner comme groupe industriel.


  2. J’ai corrigé le lien mais j’ai aussi un problème pour écouter (dois me manquer un format de player quelconque sur mon PC de bureau).
    http://www.radiofrance.fr/chaines/france-culture2/emissions/matins/fiche.php?diffusion_id=67919


  3. Allez directement à la minutes 40 à 56 1h 1h24 1h36 1h45 1h50.

    Le débat pas si vif qu’on aurai pu l’imaginer. Le off-line était peut-être plus animé.

  4. rpbourque Says:

    Je relève surtout que le boulanger est un artisan et que l’industrie convoque peut-être justement le consommateur. Il faudrait réfléchir à ça : comment trouver les moyens ? La question de la représentativité est elle aussi posée et ne se conçoit sans doute pas par rapport à l’achat en lui-même, surtout quand le journalisme ne comprend justement pas le consommateur qui n’achète pas. Mais la légitimité de tous est posée dans ces etats-généraux sinon ils ne seraient pas nécessaires, si ?


  5. La légitimité de tous se pose si on en fait une AG. Sinon il existe de nombreuses structures permettant de représenter les différents acteurs de l’industrie (journalistes compris bien sûr). Encore une fois, je ne néglige absolument pas la question du lecteur. Sur la question du contenu je pense qu’il n’y a tout simplement pas de recette unique et que chacun expérimente des voies différente. Ce qui est salutaire. Les lieux d’échange sur cette question existent déjà mais peut être sont-ils insuffisants en France.

  6. rpbourque Says:

    On n’est pas obligé d’utiliser des grans mots si on veut faire des petites choses.
    A priori si l’état est présent c’est que des moyens publiques sont utilisés. J’y vois un problème si la crise de la presse ne concerne personne d’autre que le personnel salarié.
    Si l’état est compétent en la matière c’est encore pire car ça voudrait dire que la presse a une mission publique qui dépasse la simple éthique.

    Clémentine Autain parlait du lecteur, parce que c’était pratique, que les moyens, comme vous dites d’ailleurs, existent et sont faciles à utiliser. Je pense que dans des états-généraux il faut poser la question de la légitimité de ceux qui sont responsables de la crise et qu’il faut définir clairement les missions de tous ceux qui possèdent des moyens pour ensuite établir les conditions de leur exercice. Je ne sais pas tout sans doute, et j’imagine ces états-généraux en croyant que les mots ont encore une signification, mais je suis gêné. J’ai l’impression qu’il se joue dans cette affaire des choses qui sont proches de la corruption (non pas illégale mais morale ou, disons plus clairement, conceptuelle).


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