Après plusieurs mois d’hibernation je me réveille dans la France d’après Hadopi. Pour être franc j’ai eu un peu de mal avec l’hystérie pro et anti Hadopi qui a littéralement laminé tout débat constructif  (je me reconnais un peu dans le constat désabusé de JM Planche par exemple). On en reparlera.

A l’occasion d’un contrôle de routine des stats Nielsen je découvre que l’audience du plus populaire service p2p en France est en net déclin depuis janvier 2009.  Du coup la question se pose: ne serait-ce pas un début d’effet Hadopi? Sur la courbe ci-dessous extraite des données de l’ancien panel de Nielsen, j’ai ajouté l’audience de PirateBay, beaucoup plus modeste et en hausse légère pour montrer que le report de trafic ne s’est pas fait de ce côté. Ceci malgré une notoriété dopée par la couverture médiatique de son procès.

La courbe montre qu’Emule a perdu près d’un million d’utilisateurs en quatre mois, de 5 millions à 4 millions de visiteurs uniques.  (Les données sont exprimées en visiteurs uniques)

Audience Nielsen 2009 de Emule et Pirate Bay en France

Audience Nielsen 2009 de Emule et Pirate Bay en France

(Emule est depuis longtemps dans le collimateur des FAI, certains filtrant les ports utilisés par ce logiciel pour communiquer mais ces filtrages existaient en 2008 rien ne prouve qu’ils soient à l’origine du déclin)

Donc on en reparle, le patatage entre concurrents est malheureusement un phénomène cyclique qui dure depuis des années mais, c’est nouveau, la crise échauffant les esprits la presse s’en préoccupe. C’est bien dommage, le marché a plutôt besoin de sang froid en ce moment à mon avis mais, comme chacun sait, quand il faut purger mieux vaut y aller de bon coeur. Au menu les querelles des mesures d’audience du Monde.fr et du Figaro.fr au coeur de plusieurs articles, celui du Monde d’abord inspiré de celui d’Electronlibre (et la suite ici avec des commentaires bien informés) et enfin la  synthèse de Rue89.

Les lecteurs de ce blog ont pu lire de nombreux articles sur ce sujet sensible. Il se trouve que je participe depuis plusieurs années aux travaux autour des mesures  de Mediamétrie/Netratings comme client et comme représentant du Geste c’est à dire des éditeurs de presse en ligne. En parallèle je participais aussi aux travaux de l’OJD. Pour être bien clair, je ne suis pas neutre dans ce débat et proche des différents acteurs cités. Au cours de ces années je crois bien avoir vu de près la plus belle collection de tripatouillages qu’on puisse imaginer en matière de manipulation d’audience (de la part de certains sites sans que Mediamétrie ne soit en cause), pourtant, c’est paradoxal, la situation me semblait plutôt apaisée . Je veux dire que chacun a eu le temps de prendre la mesure de l’aspect très technique de ces questions ce qui contribuait à rendre moins violentes les polémiques. L’autorégulation se met en place. Devenu public ce débat donne lieu à pas mal de fantasmes auxquels il convient de répondre.

Pourquoi les mesures d’audience de Mediamétrie/Netratings diffèrent-elles de l’OJD? L’OJD ne mesure pas des "audiences" mais certifie les mesures de trafic réalisées sur les sites (site centric). On y parle donc de visites, de volumétrie. Mediamétrie mesure des audiences à partir d’un panel d’internautes (user centric), on y parle de visiteurs uniques, de parts de marché. Si vous visitez un site deux fois dans la journée à partir de deux PC différents l’OJD vous comptera deux fois, Mediamétrie essayera de vous compter une fois. L’OJD prendra en compte le trafic du monde entier, Mediamétrie uniquement en France. Conclusion : ces deux types de mesures ne peuvent donc pas être comparées.

Pourquoi utiliser Nielsen ou Mediamétrie/Netratings? Parce que les régies publicitaires, les annonceurs et les acteurs en charge du media planning ont besoin de connaître les "audiences" des sites pour la pertinence du ciblage publicitaire. La proportion d’hommes et de femmes, les revenus des ménages, les CSP ne peuvent pas être fournies par l’OJD ou les mesures dites "site centric". Calculer la meilleure affinité d’un type d’audience avec un site est une donnée fondamentale pour les campagnes.

Ben où est le problème alors? Ben on ne peut jamais connaître avec certitude le nombre de lecteurs d’un site. Rien que ça…

La fraude existe-t-elle? Oui, quand certaines techniques permettent de modifier la proportion de panélistes lecteurs d’un site. En extrapolant la mesure d’audience d’un site à partir à partir d’une fraction de panélistes toute variation du nombre de panélistes fera varier la mesure de l’audience totale de façon disproportionnée (100 panelistes de plus sur votre site vaudront comme 10 000 visiteurs uniques supplémentaires, par exemple) . Tout est là. Attirer 100 panélistes sur votre site aura donc le même effet que 10 000 lecteurs côté OJD. Sauf que ça coute moins cher et que rien ne dit que les 10 000 lecteurs supplémentaires  contiennent des panélistes… Ce qui explique pourquoi vous pouvez voir votre trafic en hausse côté OJD et en baisse côté Nielsen et inversement. Comme les régies publicitaires ont avant tout l’oeil sur Mediamétrie c’est là que la "créativité" prend tout son intérêt.

C’est quoi ces histoires de jeux concours? L’astuce est simple. Mediamétrie doit constamment renouveler son panel en le recrutant sur Internet. Elle a commis l’erreur d’en recruter aussi via des sociétés spécialisées dans le marketing direct et les jeux concours (dont l’objet est essentiellement de constituer des bases de profils). C’est aussi une population qui répond positivement aux sollicitations par email. Certaines sociétés de jeux concours contiennent donc une proportion accrue de panélistes, lesquels sont en plus particulièrement réactifs aux sollicitations marketing. En clair des gus qui se gavent de concours à longueur de journées. Certaines de ces sociétés ont compris le truc et démarchent directement les sites en mal de dopage. Suffit d’héberger les pages du concours et pour améliorer le rendement il suffit d’obliger à cliquer sur des liens ou bannières afin de valider les réponses au concours (quand je dis que les gars du porno ont tout inventé…).

Alors pourquoi certains disent que les jeux concours ca rapporte "peanuts" côté trafic? Parce que côté OJD 1000 gus qui répondent "Michel Sardou" pour gagner un appareil photo numérique et bien ça fait 1000 visites, donc peanuts. Sauf que ça peut faire 100 000 VU côté Nielsen qui comptent finalement en parts de marché.

Que fait la police? Ce n’est pas illégal. Pas mal de jeux concours permettent aussi de recruter réellement des utilisateurs, des abonnés, des lecteurs ou simplement animer un site. C’est un outil de prospection légitime simplement l’usage peut en être détourné. Au passage je remarque que certains critiquent l’achat de mots clés comme technique de fraude. Non c’est une technique légitime pour recruter de nouveaux lecteurs il n’y a pas de raison de s’en priver, le budget est la seule limite ainsi que le retour sur investissement parfois hasardeux (non je ne vise personne).

Pourquoi Mediamétrie ne fait rien? Mediamétrie protège avant tout l’intégrité de ses méthodes de calcul, les règles definissant le périmètre d’une marque, d’un site, la définition des infractions éventuelles doit faire l’objet d’un consensus de ses souscripteurs. Voilà pourquoi on retrouve autour d’une table: les régies, les associations des annonceurs et des éditeurs, bref les clients. Les règles évoluent mais chaque modification peut avoir des conséquences insoupçonnées. En vérité un gros travail a été fait par Mediamétrie pour maintenir le principe d’une autorégulation malgré les querelles incessantes. La pratique des sites under a ainsi pu être régulée correctement (intéressant tout de même de savoir qui en abusait à l’époque, mais je ne vise personne, ah si en fait).

La confusion du périmètre des marques? C’est un point clé pour comprendre une partie des querelles de chiffres. Beaucoup jugent évident de penser que quand on parle de "l’audience" online du Figaro ou du Monde il s’agit du trafic du Figaro.fr et Lemonde.fr. La plupart des journalistes des rubriques medias, de bonne foi, ont ainsi été roulés dans la farine par des communiqués de presse ambigus. En réalité il s’agit de l’audience des "marques" (ou Brand dans la terminologie Nielsen). Toute la question est de définir le périmètre de cette marque, c’est à dire en y incluant sous-domaines, pages co-brandée avec des partenaires etc… C’est ce qui explique par exemple l’évolution de l’audience de l’Express en décembre qui intègre désormais celles de l’Expansion et L’Entreprise, par le choix commercial assumé de ses éditeurs (les critiques oublient d’ailleurs de noter que pendant des années le Nouvelobs.com a aussi regroupé plusieurs marques)

C’est nouveau comme astuce? Et bien non, ce n’est rien d’autre que la variante internet de la stratégie consistant par exemple à vous livrer un supplément magazine papier dans votre journal du week end.  Les plus grands tirages de la presse TV doivent leur "audience" à ce mode de distribution. Pas méchant si c’est transparent pour les annonceurs.

Alors on fait quoi? Je ne vais quand même pas vous le dire ici alors qu’on doit en causer dans quelques jours…
Le paradoxe de cette polémique récente c’est qu’elle survient alors qu’un grand nettoyage a justement été entrepris par Mediamétrie en accord avec ses clients à l’occasion de la mise en place du nouveau panel, en particulier autour de la définition des marques. Ainsi la notion de "réseau de marque" (Brand Network) a disparu des classements Nielsen, ils permettaient d’agréger des audiences de différentes marques afin de constituer un package commercial plus visible. Toutefois la notion de cobranding (sites ou pages comportant deux marques) est désormais au coeur de la question en permettant de fusionner des audiences de sites différents. Le cobranding est par ailleurs tout à fait légitime quand il s’agit d’intéger un service d’un partenaire ou isoler un environnement thématique (tiens, Eco89 et Rue89 par exemple ou E24 et 20minutes.fr). Pas simple d’interdire ou de fixer des règles strictes. C’est tout le point des prochaines discussions.

J’essayerai dans un prochain billet d’expliquer pourquoi ce débat est malheurusement très contre productif et pourquoi il est important de revenir à une stratégie de construction d’audience cohérente, propre à tout media soucieux de sa marque (bien résumé ici par P. Jannet). Aussi parce que tout ceci n’aurait pas eu lieu si la course au trafic à tout prix n’avait été la réponse insensée à la chute des CPM et des revenus publicitaires. On récolte aussi ce qu’on mérite…

Beaucoup citent Digg.com comme une des meilleures réussites du web dit 2.0 et je constate en discutant ça et là  que de nombreux commentateurs entretiennent l’illusion que Digg est une activité rentable. C’est faux. J’en suis le premier surpris. C’est ce que révèle BusinessWeek qui s’est plongé dans les comptes de la société. Digg.com accuse 4 M$ de pertes sur les trois premiers trimestres 2008 pour 6.4M$ de chiffre d’affaires. Un résultat en nette dégradation puisque le service accusait déjà 2,8M$ de pertes en 2007 (pour 4,8 M$ de CA).

A lire aussi un article intéressant de Techcrunch US qui anticipe en estimant les pertes totales de Digg pour 2008 à 5,3M$ pour 8,5 M$ de CA.

Lisez  très attentivement cet article d’Australian IT qui révèle un petit scandale sur certaines pratiques d’agences de pub en Australie.

En résumé: certaines agences ont compris comment exploiter le différentiel de CPM entre des sites éditoriaux à forte valeur ajoutée et des sites ou services à faibles CPM. Pour cela elles diffusent des campagnes sur les premiers, destinées à recueillir les données de navigation et de comportement des internautes. Ces informations sont stockées dans des cookies exploités par les adservers (les serveurs chargés de diffuser les campagnes publicitaires). Si l’internaute est identifié plus tard, par la présence sur son PC de ce cookie,  sur un site ou des réseaux à faibles CPM on lui sert alors une publicité ciblée et evidemment moins couteuse à diffuser que sur le premier site.

En clair on utilise les informations recueillies sur le site à forte valeur ajoutée pour qualifier l’audience sur un autre site à faible valeur ajoutée. C’est le but  du ciblage comportemental destiné clairement à valoriser les immenses inventaires des grands portails par exemple sur les pages des boites aux lettres électroniques. Sauf qu’ici on n’achète qu’un minimum d’espace sur le site de l’éditeur, voire même des espaces insignifiants, peu performants et à faible coût, le but n’étant pas en réalité de diffuser la campagne mais de générer un maximum de cookies qualifiés. Le gros de la campagne est dépensé ailleurs à moindre coûts mais en la justifiant par une audience qualifiée sur des sites!

Tout ceci à l’insu de l’éditeur du premier site et surtout à l’insu de l’utilisateur lui même. Pour faire court imaginez qu’un lecteur de LesEchos.fr se voit proposer de la publicité pour des services financiers quand il navigue sur un site de voyage. Pas scandaleux en soi, sauf que tout  le bénéfice de la stratégie consistant à proposer des contenus exigeants à une audience très ciblée est détourné à l’insu de l’éditeur pour enrichir un autre service. Autrement dit sur l’éditeur pèse l’ensemble des côuts permettant de qualifier une audience tandis que le bénéfice est collecté ailleurs. Les réseaux à faible CPM parasitent les sites à forts CPM… CQFD.

Ce que vient de rendre public cet article, et qu’on appelle le "retargeting" (reciblage) n’est ni plus ni moins qu’un vol. Au centre de la polémique: le rôle des ad-servers (les serveurs qui diffusent techniquement les campagnes) qui sont au coeur du système sur chaque page des éditeurs,  captent l’information et peuvent être manipulés en acceptant l’ajout de système de tracking de sociétés tierces.

Une question simple: qui contrôle les ad servers ?

La question compliquée: ce détournement de la valeur de l’audience est un vol car il s’effectue à l’insu des éditeurs et des utilisateurs. Mais comment le qualifier si on obtenait l’autorisation de l’une ou l’autre des parties?

Comment?

En rendant le processus cool
En rendant le processus utile

En le baptisant Open social ou Open Id, par exemple…

(Qu’on se rassure pour ça aussi il y a une réponse, une réponse négociée basée sur la reconnaissance du déséquilibre de l’échange de valeur. Encore faut-il la mesurer)

Compte rendu express par Eric Scherer (AFP) de la troisème session du pôle Internet et numérique des Etats Généraux de la presse écrite. On planche encore sur la question de la pub. Cette fois on parle de baisse des recettes publicitaires pour les medias en ligne à partir du deuxième trimestre aux US, sur le quatrième trimestre en France. Marie-Laure Sauty de Chalon, CEO d’Aegis Media Europe du Sud, s’inquiète du prix de la pub, tiré vers le bas. C’est en effet le risque annoncé par pas mal d’analystes. Risque auquel il faudra résister. L’expérience de 2001 a montré qu’on se relève difficilement des braderies improvisées.

A noter que l’on désigne à nouveau Google et sa position dominante: "On est tous en train de se mettre dans la gueule du loup" a-t-elle expliqué. On parle d’un taux de reversement de 70% (ce qui me paraît la moyenne basse, très basse tout de même) et un chiffre d’affaire de près d’un milliard d’euros (chiffres estimés mais non-confirmés). De l’autre côté on fustige la faiblesse des titres français en matière de référencement. Sur ce point je ne suis pas tout à fait d’accord. Certes la presse quotidienne régionale qui devrait être en pointe en matière de presse en ligne s’est repliée sur elle-même (à mon avis) mais les principaux titres ont au contraire phagocyté assez rapidement Google News en mettant en place une politique de production de dépêches assez agressive. Simplement une partie des contenus n’est toujours pas mis en ligne, gratuitement ou non. Je ne suis pas sûr qu’il y ait des marges de progression si importante que cela alors que Google se tourne de plus en plus vers les contenus "rich media".

Bref je pense qu’il y a  surtout une trop grande disparité des pratiques pour en tirer une conclusion globale. A vrai dire mon sentiment c’est que la presse est passée d’une méfiance trop grande vis à vis de Google à une soumission dangereuse. La course au volume se fait parfois au détriment de la cohérence du positionnement éditorial. Normal avec un prix de la pub 3 ou 4 fois inférieur à nos voisins anglo-saxons la course au volume est ouverte. Le piège est là. Intéressant de voir que les acheteurs d’espace et les régies prennent conscience que la course au prix le plus bas va à l’encontre des intérêts de tous et n’a pour conséquence qu’un alignement à terme sur Google. Une perspective mortelle.

Plus d’infos anxiogènes: TELECHARGEZ le rapport Perfect-Storm 2008-2009 d’AFP MediaWatch  qui propose un état des lieux annuel des medias.


Lu via Techcrunch, l’incontournable rapport de Morgan Stanley par Marie Meeker. Notez Slide n°15 la baisse tendancielle des CPM qui accompagne la course aux pages vues (impressions).

Ils vont causer de notre avenir, répartis dans 4 pôles:
– "Metiers du journalisme" (NDLR: commission downsizing)
– "Processus industriel de la presse écrite" (NDLR: commission déforestation)
– "Internet et les nouveaux modèles" (NDLR: commission pousse-toi-que-je-m’y-mette)
– "Presse et société" (NDLR: commission piano et solfège comme on dit à Sciences Po).

POLE 1 : METIERS DU JOURNALISME
Président : Bruno Frappat

Pierre-Christophe BAGUET Député des Hauts-de-Seine, UMP
Francis BALLE Professeur à l’Université Panthéon-Assas, directeur de l’IREC (Institut de recherches et d’études sur la communication)
Nathalie BARRET Responsable de projet, Observatoire des métiers de la presse
François BOURBOULON Rédacteur en chef, Paris Match online
Hubert COUDURIER Directeur de l’information, Le Télégramme
Charles-Henry DUBAIL Fondateur et gérant, Victoires Editions SARL
Marc FEUILLEE Président du directoire, groupe Express-Roularta
Michel FRANçAIX Député de l’Oise, PS
Alain GIRARD Journaliste, Ouest-France, premier secrétaire général du SNJ
Erik IZRAELEWICZ Directeur de la rédaction, La Tribune
Ivan LEVAÏ Chroniqueur, France Inter
Gérard LIGNAC Président, groupe EBRA
Elisabeth MARSHALL Rédactrice en chef, La Vie
Gérard PERRIER Directeur de l’organisation et de la fabrication, groupe Le Parisien
Alain PLOMBAT Président du directoire, Journaux du Midi
Philippe POUZERATTE Directeur des ressources humaines, Prisma Presse
Claude SALES Ancien PDG de Télérama, ancien rédacteur en chef au Monde, au Point, à France Soir
Nicolas THIERY Journaliste, AFP (CFDT)
Valérie TORANIAN Directrice de la rédaction, Elle
Un membre de la Société des rédacteurs du Monde

POLE 2 : PROCESSUS INDUSTRIEL DE LA PRESSE ECRITE
Président : Arnaud de Puyfontaine

Marie-Odile AMAURY Président-directeur général, Editions Philippe Amaury
Frédéric AURAND Président du directoire, groupe Hersant-Media
Vincent BEAUFILS Directeur de la rédaction, Challenges
Nicolas BEYTOUT Président-directeur général, DI Group
Olivier BONSART Directeur délégué, groupe Sipa Ouest-France
Hubert CHICOU Directeur général délégué, groupe Bayard Presse
Gérald de ROQUEMAUREL Associé gérant, HR Banque
Xavier DORDOR Directeur général, APPM et Audipresse
David GUIRAUD Vice-Président du directoire et directeur général, Le Monde
Bruno KEMOUN Co-Président, KR Media
Patrick LE HYARIC Directeur, L’Humanité
Frédéric LEFEBVRE Député des Hauts-de-Seine, UMP
Bruno LESOUEF Directeur général de la presse magazine France, Lagardère Active
Bernard MAFFRE Vice-Président-directeur général, La Dépêche du Midi
André MAILLET Directeur technique, La Nouvelle République du Centre-Ouest
Michel MARINI Maison de la presse, Haute-Savoie
Patrice MARTIN-LALANDE Député du Loir-et-Cher, UMP
Jean-Paul MAURY Président-directeur général, groupe MAURY
Francis MOREL Directeur général, Le Figaro
Michel MULLER Secrétaire général, FILPAC-CGT
Jean-Louis NACHURY Président-directeur général, HDS Distribution
Jean-Paul PEIGNIER Adjoint au sous-directeur de l’édition, de la production et de l’information, chargé de la production, Direction des Journaux officiels
Hubert PROTON Directeur, Le Berry républicain Directeur industriel, groupe Centre France La Montagne
Eryck REBBOUH Co-Président, KR Media
Jean-Louis REDON Directeur général délégué, UFC-Que choisir
Michel SASPORTES Managing partner, OC&C Jean-Clément
TEXIER Président, Compagnie financière de Communication
Jean-Christophe THIERY Directeur général, BolloréMedia
Jean-Pierre VERDOLIVO Directeur général, La Liberté de l’Est
Bernard VILLENEUVE Dirigeant de presse, Gérant de messagerie,Président de coopérative
Alain WEILL Président-directeur général, groupe NextRadioTV
Jean-Pierre NIOCHAU Directeur du dépôt, Niochau Maréchal

POLE 3 : INTERNET ET LES NOUVEAUX MODELES
Président : Bruno Patino

Marc TESSIER Directeur général du pôle services médias,Netgem, Vice-président du pôle
Maxime BAFFERT Groupe Publicis
Laurent BERARD-QUELIN Directeur général délégué, Société générale de presse
Julien BILLOT Directeur numérique et new business, Lagadère Active
François BONNET Directeur éditorial, Médiapart
Yann CHAPELLON Président du bureau Internet, OJD
Bruno CHETAILLE Président-directeur général, Médiamétrie
Pierre CONTE Président Publiprint, Figaro
Mathieu COSSON Directeur général délégué, DI Group
Edouard COUDURIER Président-directeur général, Le Télégramme de Brest et de l’Ouest
Arnaud de SAINT SIMON Président du directoire, groupe Psychologies
Michel DELBERGHE Le Monde, élu CFDT
Hervé DIGNE Président, Postmedia Finance
Antoine DUARTE Président-directeur général, Reed Business Information
Aurélie FILIPPETTI Députée de Moselle, PS
Frédéric FILLOUX Editeur auprès du groupe Schibsted, éditeur Monday Note
Jean-François FOGEL Consultant et auteur
Pierre HASKI Président du directoire, Rue 89
Eric HAZAN Senior Partner, McKinsey
Olivier JACOBS Directeur du développement, Prisma Presse
Philippe JANNET Président-directeur général, Le Monde Interactif
Pierre JEANTET Président du directoire, groupe Sud-Ouest
Laurent JOFFRIN Président du directoire et directeur de la rédaction, Libération
François MARIET Professeur à l’université Paris-Dauphine,Président du conseil scientifique de l’IREP,Directeur associé, Start Up Avenue
Eric MARQUIS Vice-président de la commission de la carte d’identité des journalistes professionnels, membre du bureau du SNJ, L’Express
Franck RIESTER Député de Seine-et-Marne, UMP
Raoul ROVERATO Directeur exécutif en charge des nouvelles activités de croissance, Orange
Marie-Laure SAUTY de CHALON CEO, Aegis Media Europe du sud
Eric SCHERER Directeur de l’analyse stratégique et des partenariats, AFP
Jean-Noël TRONC Président-directeur général, Canal + Overseas
Un représentant du SNJ-CGT>

POLE 4 : PRESSE ET SOCIETE
Président : François Dufour

Concentration
Patrick EVENO Historien, maître de conférences à Paris I, Vice
Président du groupe « concentration »
Timothy BALDING Directeur général, Association mondiale des journaux
Michel BALLUTEAU Inspecteur général de l’administration des affaires culturelles, rapporteur général de la Commission Lancelot
Constance BENQUE Présidente, Lagardère Publicité
Alexandre BUISINE Délégué régional SNJ, Lyon
Emmanuel COMBE Membre du Conseil de la concurrence
François d’ORCIVAL Président du comité éditorial, Valeurs Actuelles, Président Association Presse et Pluralisme
Bertrand EVENO Président de BPE Conseil, président de l’Ecole nationale supérieure de la photographie, ancien président de l’AFP
Jacques HARDOIN Directeur général, La Voix du Nord
Frédéric JENNY Conseiller à la Cour de Cassation en service extraordinaire, ancien Vice-Président du Conseil de la concurrence
Monique MAJEROWICZ Directrice déléguée et éditrice, Marie-Claire
Catherine MORIN DESAILLY Sénatrice de la Seine-Maritime, Nouveau Centre
Robert SANDMANN Président, Axel Springer France
Rémy SAUTTER Président du conseil de surveillance de la SA Ediradio-RTL
Jean-Pierre VITTU de KERRAOUL
Président-directeur général, Sogemedia, PHR
Pascal WILHELM Avocat
Confiance
Pascal GUENEE Directeur général, Institut pratique de journalisme,
Vice-Président du groupe « confiance »
Yves AGNES Ancien rédacteur en chef du Monde, Président de l’association de préfiguration d’un conseil de presse
Max ARMANET Directeur du développement, Libération
Fabrice BOE Président-directeur général, Prisma presse
Jérôme BOUVIER Président Journalisme et citoyenneté, organisateur des Assises du journalisme
Jean-Pierre CHAPELLE Rédacteur en chef adjoint, Ouest-France
Emmanuel DERIEUX Professeur à l’Université Panthéon-Assas (Paris II), spécialiste du droit de la presse
Béatrice GARRETTE Directrice générale, agence SIPA
Serge GUERIN Sociologue, professeur de marketing et communication à l’ESG-Paris
Michèle LERIDON Directrice de la rédaction, AFP
Pauline LEROY Rédactrice en chef adjointe, Le Petit Quotidien
Véronique MAURUS Médiatrice, Le Monde
Philippe ROBINET Oh Editions
Hugh SCHOFIELD Service Anglais, AFP
Christian MARTIN Président, Société des lecteurs du Monde
Un représentant du SNJ-CGT
Contenu
Jean-Marie CHARON Sociologue, spécialiste des médias, Vice-Président du groupe « contenu »
Christophe BARBIER Directeur de la rédaction, L’Express
Jean-FrançoisBARBIER BOUVET Ancien directeur des études et du développement du groupe des P.V.C
Laurent BECCARIA Directeur, Edition les Arènes, Magazine « 21 »
Pierre-Jean BOZO Président, 20 minutes France
Odile CONSEIL Rédactrice en chef, Courrier International
Christian de VILLENEUVE Directeur de la rédaction, Journal du Dimanche
Yvonne DIRAISON Mondadori
Eric FOTTORINO Président du directoire et directeur de la publication, Le Monde
Alix IMBERT Directrice générale, Auxipress
Francis LAMBERT Consultant médias
Hervé LOUBOUTIN Directeur, Le Nouvel Ouest
Valérie MIGATA Directrice, Marquemedia
Jeff MIGNON Consultant médias, 5W
Guillemette PAYEN Editrice, Madame Figaro
Marcel QUIVIGER Rédacteur en chef, Le Télégramme
Benoît RAPHAEL Lepost.fr
Vincent REGNIER Directeur de la rédaction, Le Parisien-Aujourd’hui en France
Agnès ROCHEFORT TURQUIN
Directrice de la recherche, Bayard
Thomas ZLOWODZKI Association pour la qualité de l’information
Jeunesse
Jeanne-Emmanuelle HUTIN Editorialiste, Ouest-France. Vice-Président du groupe « jeunesse »
Jean-Michel ARNAUD Président, Métro France
Bérangère ARNOLD Responsable Read n’go, Orange
Christian BRUNEAU Président-directeur général, groupe L’Hôtellerie
Jérôme BUREAU Directeur de l’information, M6
Matthieu GUEVEL Institut Quali Quanti
Hanane KADDOUR Bondy Blog
Benoît MENU Coordinateur général, CLEMI
Elisabeth ROMAN Rédactrice en chef, Sciences et Vie Découverte
Pascal RUFFENACH Directeur du département Enfance-Jeunesse-Famille, Bayard
Corinne SORIN Directrice de la rédaction, 20 minute

C’est John Battelle, incontournable googologue qui a recueilli la déposition de Giuan Fulgoni, Président de Comscore. Comme on peut s’y attendre il défend la valeur ajoutée de son service et explique à juste titre que Comscore propose une anlayse de l’audience plus poussée que Ad Planner. C’est l’avantage de l’expérience du panel, la remarque vaut pour Nielsen, ces services sont capables de détailler les données socio démographiques et certaines caractéristiques comportementales des internautes alors que l’outil de Google semble (si on en juge aux quelques infos disponibles) reste sommaire.

Conclusion: comme Google Analytics Google propose avant tout un service d’entrée de gamme pour des entreprises ne pouvant se payer les deux Rolls du secteur. Perfide il rend compte de certaines observations sur les écarts statistiques entre les différents outils de mesure. Un terrain plutôt glissant quand on connaît l’interminable débat sur la fiabilité des outils users centric (par panel). Je suis toutefois assez d’accord avec ses arguments malgré ce que j’ai pu dire hier il n’y a pas de mort programmée de Comscore ou Nielsen. Comme d’habitude Google se positionne juste en dessous, raflant le marché de masse. Reste à savoir si Ad Planner parviendra à convaincre les agences et les media-planneurs…  

Google est notre ami. Il se balade chez nous, dans toutes les pièces. Il ne touche à rien mais regarde un peu partout.  Parfois, parce que c’est notre ami, on lui prête un caleçon et des chaussettes. Pas de gêne entre nous, après tout il nous apporte chaque jour des cookies. Seulement ce matin le potos s’est fait la malle avec tous nos caleçons. Le voilà qui se balade sur la place du village et commence à exposer nos sous-vêtements devant l’épicerie.

En quelques jours Google vient de prendre deux initiatives qui déshabillent littéralement l’ensemble des acteurs du Web. Avec la nouvelle option "websites" de Google Trends il propose une estimation précise du trafic d’un site (il faut s’enregistrer pour faire apparaitre les données volumétriques). Avec Ad Planner il fournit aux annonceurs des informations sur l’audience du site,  volume et données socio-démographiques. Données exportables dans les outils de media planning. Des données accessibles gratuitement aux annonceurs. Une mise à mort programmée des Comscore, Nielsen.

Comment Google peut-il réaliser ça?

Simple, quand vous indexez la quasi totalité du web, que vous monopolisez 90% des requêtes d’utilisateurs, que vous mesurez directement les flux de trafic de certains sites (via Google Analytics), que vous représentez 40 à 70% de l’apport de trafic moyen d’un site et que vos cookies conservent les habitudes de consommation des utilisateurs il ne reste plus grand chose à savoir sur vous. Votre nom? Ouvrez-donc un compte Gmail…

Pourquoi gratuit?

C’est une question qui peut paraître incongrue alors que plus personne de s’étonne de la légereté avec laquelle le Web 2.0 traite la question de la monétisation. Pourquoi fournir ces données gratuitement? Parce que Google peut se le permettre? Non. Enfin plus exactement oui il peut se le permettre, mais non je ne pense pas que ce soit la raison fondamentale. On sous estime, je pense, le caractère profondément idéologique de la démarche de Google, depuis les premiers jours de sa fondation. On peut brocader le "Do no evil" mais même Eric Schmidt confesse qu’il ne s’agit pas d’une lubie d’étudiant. L’assertion fondamentale "Google veut aider les gens à trouver ce qu’ils cherchent" (lire l’histoire de Google) contient bien plus de significations qu’il n’y paraît.

Google veut rendre l’information accessible à tous non comme une gigantesque entreprise de distribution mais en anihilant ses coûts. La valeur marchande de l’information tend vers zéro non parce qu’elle prolifère mais parce qu’un moteur de recherche omniscient supprime les barrière d’accès et le facteur de rareté. La gratuité absolue des outils de recherche est le facteur indispensable pour conduire à la gratuité de l’information. C’est une stratégie destructrice pour ceux qui vivent de l’information, elle est voulue, calculée, tout au moins assumée.

Pourquoi?

Des souvenirs d’étudiants en économie me hantent chaque jour un peu plus à mesure que j’observe le développement de l’internet. En particulier les souvenirs, terriblement ennuyeux, des multiples exercices de modélisation mathématique des théories néolibérales. Je constate chaque jour un peu plus combien internet incarne les fantasmes des théoriciens de l’économie. Gloser sur la main invisible d’Adam Smith n’est pas nouveau, mais construire le modèle absolu du marché avec une fluidité parfaite du mécanisme de l’offre et la demande  n’est pas une chose banale.

Rien n’est encore parfait ni absolu dans l’ecosystème numérique mais une barrière fondamentale est en train de tomber, et je pense c’est le sens de la démarche de Google. Un des prérequis fondamentaux de l’économie néolibérale consiste à permettre aux acteurs de l’économie d’accéder aux informations du marché dans des conditions de transparences absolues. La fixation du juste prix en découle. Nul n’osait en rêver, il s’agissait avant tout d’une construction mathématique. Avec une conséquence politique notable: on accordait à l’Etat la mission de faciliter l’accès à l’information, ce qu’il s’est de tout temps empressé de faire de façon très partielle puisque du contrôle de l’information naît le pouvoir…

Le problème?

Il est devant nous, il est titanesque. Personne n’aurait osé imaginer que l’accès à l’information et sa fluidité reposerait un jour entre les mains … d’une entreprise privée. En d’autres termes Google est en train de mettre en place les fondamentaux d’une économie néolibérale en détruisant barrières traditionnelles de l’industrie et des Etats. Séduisant? Certainement.

Certainement Si on passe que Google est lui même un acteur économique et non un acteur politique. Si on passe sur le fait que les revenus de Google proviennent désormais moins de la vente de service que de la ponction financière des échanges économiques qu’il induit lui-même, ni plus ni moins qu’un baron du Moyen Age au croisement d’une route commerciale. Une taxe. Un impôt.

Lors du rachat de Google Analytics puis de Doubleclick certaines voix se sont élevées pour critiquer la position dominante d’un acteur qui contrôle désormais la distribution, l’accès à l’information, la mesure d’audience, la régie publicitaire pour son seul profit. De quoi s’agit-il? De l’ensemble des mécanismes de marché régulant la fixation des prix. Paradoxe effrayant, Google, ce monstre issu du fantasme d’une économie néo-libérale épurée, contrôle les prix parce qu’il contrôle désormais les voies commerciales et l’accès à l’information.

Les autorités de régulation n’y ont vu que du feu, faut-il s’en étonner?

En général si une entreprise investit près de deux milliards de dollars pour un jouet, elle s’intéresse assez rapidement à la meilleurs manière de le rentabiliser. On peut supposer qu’elle consacre un peu de temps et ses meilleurs experts au problème. En général aussi les règles du commerce font qu’il n’est pas envisageable de vendre à perte un service pour acquérir des parts de marché sous peine de se voir accuser de concurrence déloyale. Encore faut-il qu’il y ait une concurrence…

Pour Google il semble que certaines règles ne s’appliquent pas. Ca ressemble presque à une blague "cool" comme la neteconomie en a le secret. Dans un entretien filmé organisé par le New Yorker Eric Schmidt, Pdg de Google, explique tranquillement que "lors d’une réunion en janvier" il a annoncé à ses cadres qu’il serait peut être bon de s’intéresser à la monétisation de Youtube. Et même d’envisager de le rendre rentable fin 2008. Pour ça il a un plan, même "s’il n’aime pas les objectifs de court terme" comme le relève Newsfactor.

Alors que tout le monde spécule depuis deux ans sur les revenus de Youtube, l’annonce confirme d’abord que Youtube ne l’est pas, rentable. Ensuite que l’acquisition  relevait bien de la prise de position dominante plus que d’un calcul économique. Reste à savoir si les propos d’Eric Schmidt relève de la posture "cool" face à l’agressivité de Wall Street, d’une manière de signifier que Google dispose de relais de croissance, ou de la simple légereté. Que penser du départ, il y a quelques semaines, de Shashi Seth, précisément responsable de la monétisation de Youtube?

Et si Google ne parvenait tout simplement pas à monétiser Youtube? Du bluff?

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Un peu de rigolade. Vu aujourd’hui via Nielsen, les cinq plus importants sites référants (qui apportent du trafic) d’un site orienté commerce recemment dézingué par Google (qui sanctionne durement depuis plusieurs mois les sites trop chargés de liens):

fr.abcvisiteurs.com
http://www.easyprog.info
http://www.01autosurf.com
http://www.simply-surf.info
autohits.videoserie.net

Amusant non?

Controverse saignante autour du site BBC.co.uk rapportée par Paidcontent.co.uk. Un rapport d’audit (consultable ici) conclut à un dépassement de budget record de 36 M£, soit 45 M d’euros sur un total de 140 M d’euros. La direction ne dément pas le dérapage financier mais conteste les chiffres. En attendant les investissements se retrouves gelés dans l’attente d’une restructuration.

Le rapport est particulièrement sévère, accusant la direction d’avoir perdu le contrôle de son activité, rien que celà. De toute évidence l’activité online de la BBC a bénéficié d’une année faste côté budget. Le rapport, que j’ai parcouru, rend aussi hommage au succès d’audience du site et son incontestable créativité tout en pointant certaines carences en matière de visibilité de ses contenus. Visiblement un certain nombre de contenus se retrouvent dilués dans la profusion de services (ce qui me paraît plutot une promesse de croissance).

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