Beaucoup citent Digg.com comme une des meilleures réussites du web dit 2.0 et je constate en discutant ça et là  que de nombreux commentateurs entretiennent l’illusion que Digg est une activité rentable. C’est faux. J’en suis le premier surpris. C’est ce que révèle BusinessWeek qui s’est plongé dans les comptes de la société. Digg.com accuse 4 M$ de pertes sur les trois premiers trimestres 2008 pour 6.4M$ de chiffre d’affaires. Un résultat en nette dégradation puisque le service accusait déjà 2,8M$ de pertes en 2007 (pour 4,8 M$ de CA).

A lire aussi un article intéressant de Techcrunch US qui anticipe en estimant les pertes totales de Digg pour 2008 à 5,3M$ pour 8,5 M$ de CA.

Compte rendu express par Eric Scherer (AFP) de la troisème session du pôle Internet et numérique des Etats Généraux de la presse écrite. On planche encore sur la question de la pub. Cette fois on parle de baisse des recettes publicitaires pour les medias en ligne à partir du deuxième trimestre aux US, sur le quatrième trimestre en France. Marie-Laure Sauty de Chalon, CEO d’Aegis Media Europe du Sud, s’inquiète du prix de la pub, tiré vers le bas. C’est en effet le risque annoncé par pas mal d’analystes. Risque auquel il faudra résister. L’expérience de 2001 a montré qu’on se relève difficilement des braderies improvisées.

A noter que l’on désigne à nouveau Google et sa position dominante: « On est tous en train de se mettre dans la gueule du loup » a-t-elle expliqué. On parle d’un taux de reversement de 70% (ce qui me paraît la moyenne basse, très basse tout de même) et un chiffre d’affaire de près d’un milliard d’euros (chiffres estimés mais non-confirmés). De l’autre côté on fustige la faiblesse des titres français en matière de référencement. Sur ce point je ne suis pas tout à fait d’accord. Certes la presse quotidienne régionale qui devrait être en pointe en matière de presse en ligne s’est repliée sur elle-même (à mon avis) mais les principaux titres ont au contraire phagocyté assez rapidement Google News en mettant en place une politique de production de dépêches assez agressive. Simplement une partie des contenus n’est toujours pas mis en ligne, gratuitement ou non. Je ne suis pas sûr qu’il y ait des marges de progression si importante que cela alors que Google se tourne de plus en plus vers les contenus « rich media ».

Bref je pense qu’il y a  surtout une trop grande disparité des pratiques pour en tirer une conclusion globale. A vrai dire mon sentiment c’est que la presse est passée d’une méfiance trop grande vis à vis de Google à une soumission dangereuse. La course au volume se fait parfois au détriment de la cohérence du positionnement éditorial. Normal avec un prix de la pub 3 ou 4 fois inférieur à nos voisins anglo-saxons la course au volume est ouverte. Le piège est là. Intéressant de voir que les acheteurs d’espace et les régies prennent conscience que la course au prix le plus bas va à l’encontre des intérêts de tous et n’a pour conséquence qu’un alignement à terme sur Google. Une perspective mortelle.

Plus d’infos anxiogènes: TELECHARGEZ le rapport Perfect-Storm 2008-2009 d’AFP MediaWatch  qui propose un état des lieux annuel des medias.


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