Presse: le papier deviendra-t-il un supplément de l’édition web?

Le directeur de la rédaction du Wall Street Journal Europe présente la nouvelle version du quotidien de façon ambigüe. Derrière des mots prudents se dessine la perspective d’un grand chambardement: le centre de gravité des quotidiens se déplace du papier vers le web. A l’heure où certains titres papier se dotent tout juste des moyens de porter en ligne leurs contenus le vent s’annonce menaçant…

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Certains le disent déjà tout bas, la presse papier vit ses dernières années. Une presse toute occupée à réduire ses coûts de production alors que son audience se disperse, que la quincaillerie et les gadgets de bazar engorgent ses réseaux de distribution. Le constat est rude, la prédiction probablement exagérée. Quand j’ai lu dans Libération l’interview de Raju Narisetti, le directeur de la rédaction du Wall Street Journal Europe, j’ai été frappé par l’ambiguité de ses propos. Il sagit au départ d’expliquer une réorganisation et un changement de format, celui du tabloïd. Pourtant ce n’est pas cela que je retiens.

Rien de bouleversant quand il dit : “Nous avons décidé d’offrir une sorte de package : d’une part un journal compact, transportable, en adéquation avec les besoins de lecteurs pressés, d’autre part notre édition Internet.? Bref comme l’annonce le titre de l’article, il s’agit de “Renforcer les liens papier-Internet?… Pourtant il précise immédiatement aprés : “L’idée est d’inciter les lecteurs de la version papier à se rendre sur le Web, en renforçant les liens entre papier et Internet?. Aveu étonnant qui sonne pour moi comme le tonnerre. Alors que la journaliste de Libération, Catherine Mallaval, s’inquiète de l’appauvrissement de l’édition papier il insiste: “Certains articles seront plus concis […] Au total, le journal fera 36 pages. Ou davantage. Cela dépendra de l’actualité et de la publicité?!

Bien sûr il rassure en précisant que le journal s’ouvre à de nouveaux contenus tandis que la pub s’invitera désormais sur la Une. Certains verront dans ces propos la description convenue d’une simple nouvelle formule. Peut-être par habitude (CNET Networks, mon employeur, est américain) j’entends dans ces discrètes nuances tout autre chose, l’antépénultième mutation de l’industrie de la presse, contrainte de poursuivre son lecteur là où il se cache désormais : derrière son écran.

A lire aussi le constat brutal de l’échec de la presse dans la présentation (document .ppt) donnée par Jeff Mignon (Media Café) aux journées Infopresse à Montréal (octobre 2005). Ses conclusions m’emballent moins mais son site est un passage obligé, je le place d’ailleurs dans ma sélection…

 

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