Murdoch et la révolution numérique

Rupert Murdoch, pour lequel je n’avais au départ aucune fascination particulière, est un des rares patrons de presse à s’exprimer longuement et régulièrement sur sa stratégie. Cet entretien mené par le journaliste américain Charlie Rose (PBS), en vidéo d’une exceptionnelle durée de 56mn (pour le moment gratuite et sponsorisée sur google video), est l’occasion de mieux comprendre la stratégie et la vision d’un acteur majeur de notre industrie. Rupert Murdoch s’exprime sur Myspace.com, l’évolution de la presse, l’explosion du numérique, quelques considérations politiques sur la Chine et le proche-orient, Tony Blair et l’avenir des médias. La seconde moitié de l’entretien est plutôt orientée sur son parcours personnel et l’histoire du groupe.

En toute franchise, concernant Myspace.com, je n’ai toujours pas entendu d’arguments décisifs pour comprendre son modèle économique et son hypothétique succès financier. Murdoch explique avant tout avoir acheté une audience au dynamisme exceptionnel, reste à lui fournir les bons programmes et à la monétiser. Rien de concret encore et encore …  

Voir la video:

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Les autres entretiens de Charlie Rose
L’entretien de Murdoch par le magazine Wired en juin 2006

Via Innovations in Newspapers

Presse papier et web : gérer la transition

Pour mémoire un excellent billet sur Publishing 2.0 intitulé « le point de non-retour » qui résume l’effet ciseaux illustrant le transfert de valeur progressif du papier vers le Web. Un processus difficile à maîtriser et dont la durée diffère nécessairement d’un journal à l’autre selon la répartition de ses revenus. Il décrit à mon avis bien mieux le dilemne en cours dans les groupes de presse que toutes les annonces en fanfare sur la réorganisation des rédactions (par ailleurs indispensable).

Lire aussi sur Advertising Age l’article à l’origine de ce billet qui propose un scénario sur la fin des quotidiens papiers. Un scénario volontairement dramatique mais qui en cette période de critique de la presse s’attarde sur le volet économique plutôt qu’éditorial du débat. Je ne partage pas cette vision de la fatalité mais les arguments sont justes. Simplement ces analyses partent du principe que chaque titre de presse est supposé trouver une autonomie financière dans sa seule capacité à produire une édition qu’elle soit imprimée ou en format électronique. Si on pousse le raisonnement jusqu’au bout il n’y a pas de salut non plus dans la seule présence sur le web. La porte de sortie se situe donc ailleurs, dans la stratégie de groupe, dans la capacité à générer des revenus au delà de son coeur de métier (la production d’actus), sur des supports multiples. Rien de bien neuf d’ailleurs, qui sait à quel point les sources de revenus de certains groupes de presse peuvent être exotiques.