Youtube: vers le couronnement du roi Google

MAJ 22h30 : c’est fait Google rachete Youtube pour 1,65 milliards de dollars par échange d’actions (rien en cash !). Youtube conservera sa marque.

 Vertigineux. C’est ce qui me vient à l’esprit alors alors que le marché retient son souffle depuis plusieurs jours dans l’attente d’un probable rachat de Youtube par Google pour le montant à peine imaginable de 1,6 Milliards de dollars.  Comme la plupart des analystes je partage le sentiment que cet accord, s’il se vérifie, est le seul possible pour sauver Youtube de l’impasse de l’absence de modèle économique pérenne et de la menace de l’affrontement juridique avec la majorité des majors et producteurs de programmes videos.

Tout au long de la journée Youtube a très opportunément signé  avec CBS, Sony et Universal afin d’enterrer la hache de guerre en échange d’accords de distribution et de promotion. En clair les majors pourront vendre leur production sur YouTube et récolter les informations sur les utilisateurs de leurs programmes grâce à la future plateforme de Youtube intégrant la gestion des DRM. Les revenus publicitaires seront eux partagés entre Youtube et les trois producteurs. Simple et efficace.

Le genre d’accord qui, s’il ne résoud pas tous les problèmes est de nature à sécuriser une bonne part des risques et ouvre la porte à de futurs accords de distribution. Un accord qui au final permet de libérer la valorisation théorique de Youtube à condition de rejoindre un parrain capable d’en assurer le développement technique et la monétisation sur le long terme. Même si le marché bruisse de rumeurs de possibles contre-offres de Yahoo ou Microsoft je crois que seul Google réunit l’ensemble des critères pour assurer l’avenir de Youtube.

Si le mariage se confirme nous entrons définitivement dans l’ère de la distribution toute puissante, car il ne s’agit pas de médias ici mais bel et bien d’un gigantesque accord de distribution. En même temps s’ouvre la perspective de une ou deux bonnes années de Neteconomie 2.0 car toutes les valeurs du secteur vont nécessairement se retrouver sur-valorisées par un tel accord. La course aux acquisitions va atteindre des sommets car désormais les perspectives de croissance seront de plus en plus réduites à mesure que Google sécurise par ses accords commerciaux les plus grandes plateformes d’audience (Myspace, AOL, YouTube …). Des acquisitions et des accords pour lesquels il faudra attendre un ou deux ans pour dresser le bilan réel du potentiel économique, au delà de la course aux parts de marché…  

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