Digg : 1$ par vote, c’est cher payé

Ca prête à sourire mais au fond c’est assez pathétique. Le magazine Wired vient de mettre de l’animation dans le débat web 2.0 en jouant un petit jeu pervers: en achetant les votes de Digg via le service User/Submitter (dont on admirera au passage la superbe sobriété). Le principe: la journaliste de Wired Annalee Newitz a conçu un blog de photos au contenu volontairement inepte et a acheté les votes de nombreux utilisateurs de Digg pour promouvoir un article. L’objectif: tester le service et sa porosité au spam et au click bidon. Le résultat dépasse toutes les espérances comme on peut le lire ici.

L’article sans intérêt fait la Une de Digg déclanchant une belle polémique comme le remarque Pierre Chappaz et le raconte Margaret Kane sur News.com. Tout cela n’est pas bien dramatique et illustre les limites de Digg sans pour autant le remettre en cause. Reste qu’on peut s’interroger sur les conséquences à long terme sur la crédibilité du service qui n’a jamais vraiment convaincu hors du périmètre très caricatural de l’actu high-tech. Ce qui me paraît intéressant c’est qu’on touche la limite de l’exercice communautaire, après avoir découvert qu’il repose sur un petit pourcent d’utilisateurs réellement actifs, lesquels s’approprient souvent jalousement le media au point d’exclure  les nouveaux entrants.

Un constat qui conforte l’idée dune troisième voie, refusant le mythe d’un site autogéré. Recemment j’en discutais avec Emmanuel Davidenkoff, ex de Libé (décidemment!) et rédacteur en chef adjoint du magazine Phosphore, qui vient de lancer un site « participatif » sur les élections, pour les 15-25 ans. Son choix, très motivé, consiste à imposer la modération a priori des commentaires et des contributions au nom de la cohérence éditoriale et de la qualité. Du coup on perd sans doute en spontanéité et on doit aussi supporter le coût de l’opération. Pourquoi ne pas faire le pari de laisser ses contributeurs s’autogérer? Parce que, selon lui, derrière la communauté se crée un noyau dur qui tend à développer sa propre culture, ses codes,  s’approprie l’espace au point d’exclure rapidement les nouveaux arrivants. Bref en apparence le site gagne son pari en fidelisant un noyau dur mais passe à côté de sa mission fédératrice. C’est un peu l’histoire de Digg.

YouTube : 15M$ de CA en 2006?

C’est l’estimation de l’analyste Robert Peck (Bear Stearns) à partir de la déclaration de revenus de Google. C’est à dire 100 fois au dessous de son prix d’acquisition en novembre dernier. C’est ce qu’on appelle un sacré potentiel de croissance …  

Maintenant on relit tranquillement les déclarations de Calacanis qui évaluait le CA de YouTube à 20M$ en septembre dernier quand d’autres l’estimaient à 150 M$…

Tic tac