Poker 2.0 : le moment de sortir du jeu est-il arrivé?

Ce fût mon histoire préférée durant la folie de la neteconomie: deux amis discutent, l’un explique qu’il a décidé de vendre son chien sur internet pour 1M$, l’autre n’y croit pas et se fend d’une moquerie. Un mois plus tard le premier revient tout guilleret et annonce qu’il a réussit à vendre son chien pour 1M$. L’autre est héberlué et lui demande comment il a pu réussir son coup. « Facile! » lui dit l’autre je l’ai échangé contre deux chats à 500 000 $. A l’époque il n’en fallait pas plus pour comprendre la nouvelle économie.

Donc on apprend aujourd’hui que Murdoch a proposé à Yahoo la vente de Myspace.com contre 25% des parts de Yahoo. Ceci avant le départ de Terry Semel ce qui, selon le Times à l’origine de l’information, suggère que la proposition resterait sans suite.  J’ai déjà écrit pourquoi je trouvais que la saga Myspace relevait du coup de poker, cette fois on peut tirer deux enseignements de l’histoire: Yahoo a un genou à terre et Murdoch ne voit pas dans Myspace une « global operation » (expression fameuse sur fond de tractations Murdoch-Wall Street journal-Pearson/FT).

Comme le rapporte le Times Murdoch n’hésite d’ailleurs pas à ironiser sur le succès de Facebook qui semble donner quelques sueurs à la famille Myspace preuve de la fragilité d’un secteur qui malgré des volumétries extraordinaires repose sur un magma aussi liquide que boueux. J’y vois le signe que le temps de la consolidation est proche, le moment de convertir la fausse monnaie. Impossible de savoir si Myspace atteindra ses objectifs de 2008 mais on peut estimer que certaines valorisations ont atteint le maximum. Rappelons que celle de Myspace, autoproclamée par Murdoch (6Milliard$) ne provient que du calcul mécanique de la valorisation de Youtube par Google. Du bluff. Le moment est venu d’investir dans les marques fortes et incontestées. Yahoo, dernier rempart face à Google, le WSJ parce que dans la tourmente à venir l’autorité n’aura pas de prix. Tous les deux à la recherche d’un second souffle.

Le message: fin de la récrée, investissez dans la pierre.