Mesure d’audience: Nielsen introduit la durée totale des visites

Alors que le débat sur les critères de mesure d’audience est loin de s’apaiser Nielsen crée l’événement en annoncant que la durée totale des visites devenait un des nouveaux critères principaux retenus pour la mesure d’audience (voir le communiqué de Nielsen//Netratings ici). Le problème est toujours le même: comment s’écarter du débat autour des mesures volumétriques comme les pages vues ou les visiteurs uniques, pour privilégier les critères qualitatifs, représentatifs de l’implication des utilisateurs (le « user engagement »). Pourquoi pas la durée des visites…

Contrairement à ce qu’on a pu dire ici ou il ne s’agit pas de remplacer la mesure des pages vues qui de toute façon n’a jamais été le point fort des mesures par panel mais simplement d’ajouter un indicateur. Il y a une certaine logique dans ce choix, la guerre entre les différents supports medias consiste au fond  à s’approprier l’attention des lecteurs et leur temps de loisir. La mesure du temps est donc le point de convergence de tous les medias: radios, télés, web, papier…

Evidemment tout ceci serait trop simple si la mesure de la durée des visites n’avait pas ses propres limites. Au premier regard le classement des medias s’en trouve bouleversé: Google abandonne quelques places et les réseaux sociaux ou les sites de videos gagnent du terrain. Problème c’est aussi la prime aux applications: les Yahoo, AOL et MSN se retrouvent dopés par l’usage des messengers, par définition souvent ouverts en permanence la journée. Résultat on peut passer d’une durée moyenne des visites de plusieurs heures à quelques dizaines de minutes selon que l’on prend en compte ou non les « applications » (une option activable de l’interface Nielsen). Vous comprenez pourquoi Google et Yahoo ont récemment entrepris d’intégrer les messengers aux pages web personnalisables…

Bref il faudra encore beaucoup de vigilance pour analyser les données issues de cette mesure et en particulier pour comprendre ce qui peut générer des écarts atypiques. Pas très différents des pages vues finalement. Exemple: les 56 pages vues par personne sur Myspace ne sont pas fruit du User Engagement mais d’un design volontairement conçu pour exagérer le volume de pages. Mais d’un autre côté c’est bien parce qu’il y a du « user engagement » que les utilisateurs acceptent de supporter ce cauchemar. Pas simple …