Le NYTimes à la moulinette de l’analyse financière

C’est une autre façon d’aborder la crise de la presse. C’est brutal. Un analyste financier montre comment le fleuron de la presse américaine, le groupe New York Times, pourrait se résumer à un champ de ruines. Beaucoup d’investisseurs se pressent au chevet du groupe mais les chiffres sont dévastateurs. Peu d’issues hors du démentellement. On frissonne.
Lu via le très direct Innovations in Newspapers

Papier et Web: comparaison des revenus de la presse US

Rien de tel qu’un graphique pour apprécier la tendance du moment. Trouvé sur The Long Tail à partir des données de la NAA avec lesquelles vous pouvez fabriquer vos propres graphs, voici les chiffres d’affaire publicitaires des journaux US depuis 25 ans. Pour ceux qui trouvent qu’il y a encore de la marge ci-dessous vous trouverez la même courbe calculée hors inflation pour la presse papier: on voit que 2007 constitue un retour à la situation de 1982…

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(note : Revenue = Chiffre d’affaire)

> A lire aussi, l’excellent article de Benoit Raphael sur la « mort des journaux »

Google face aux fausses promesses des réseaux sociaux

L’annonce est passée inaperçue alors que tout le monde avait les yeux tournés vers l’OPA de Microsoft sur Yahoo, Google, de l’aveu même de Serge Brin, n’est pas satisfait des performances publicitaires des réseaux sociaux (lire la traduction de l’article par ZDNet.Fr). Du coup on se rappelle avec un peu de retard la nature de l’accord avec Myspace : 900 M$ de revenus garantis mais sur 3 ans avec l’essentiel pour 2009 et à condition de respecter des critères de croissance pour l’audience de Myspace. L’arrivée de Facebook a probablement bouleversé le plan et les revenus de Myspace restent toujours à mon avis une affaire bien mystérieuse.

Ce qui est intéressant dans cette histoire c’est d’entendre Serge Brin parler de « déception » à propos des performances des réseaux sociaux. Parler de médiocrité est plus proche des témoignages qui se multiplient depuis plusieurs mois. Pas sûr non plus dans le cas de Myspace que les contenus et le contexte soient très favorables à la publicité. Les uns et les autres étant probablement trop hétérogènes pour permettre un ciblage satisfaisant.

Lire aussi : la chute de la durée de session sur les réseaux sociaux (aussi ici)

Maj 05/02/08: News Corp affirme à l’occasion de l’annonce de ses résultats financiers que sa filiale Fox Interactive (incluant Myspace) atteindra ses objectifs de 1 milliard de $ de CA. Affirmation qui laisse ouvert toute interprétation (apres tout le revenu est garanti donc en clair la question est de savoir si Google récupère sa mise à l’issu du deal).

MAJ 05/02/08: L’analyse de Larry Dignan, plus nuancée sur Myspace qui semble le grand gagnant du deal au contraire de Google. 

Le WSJ restera payant avec une rallonge en prime

Fin de la saga du WSJ gratuit. Certains ont vendu la peau de l’ours un peu trop vite, le WSJ restera payant même si on y trouvera plus de contenus en accès libre. Cerise sur le gâteau l’abonnement va même augmenter. Peu de détails sur les raisons de la décision mais on peut largement supposer que le petit calcul du gratuit-hausse-du-trafic vs payant-audience-qualifiée a largement eu le temps de se répandre sur les tableurs excel (voir mon précédent billet).

Du coup, vu l’ambiance boursière, je me demande si je ne vais pas ressortir mes prédictions 2007 en faveur du retour du payant… Pendant ce temps la Newspaper Association of America présente un bilan positif pour l’audience des sites des journaux américains avec +6% de visiteurs uniques sur le dernier trimestre 2007 (notons toutefois que la croissance ralentit par rapport aux 9% de 2006).  

Dailymotion: vers un CA de 20 millions en 2008?

Pas sûr que vous l’ayez noté, pour ça il fallait regarder et écouter attentivement hier soir l’excellent reportage de « Complément d’Enquête » sur France 2 et consacré, entre autres choses, à Dailymotion. Un plan furtif sur une réunion de direction dans les locaux de Dailymotion et une phrase captée à la volée qui annonce l’objectif de la société pour 2008 : atteindre 20,3 M d’euros de CA publicitaire.

A la volée? Pas si sûr, d’après les vérifications de la rédaction de ZDNet (encore Estelle), la présence du micro était connue et assumée. Du coup on s’interroge, l’info est peut être un peu plus « téléphonée » qu’elle n’en a l’air (voir la video autour de 60% de la séquence).

Bluff ou pas bluff, cette séquence a le mérite de mettre un chiffre sur Dailymotion et de calmer les fantasmes de ceux qui pensent que la société a déjà atteint ce niveau de CA en 2007. La réalité est probablement largement inférieure mais tout démontre que Dailymotion s’est engagé de façon aggressive dans la course aux revenus. Une bonne chose.

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Une bonne chose pour un service qui corrige peu à peu ses défauts. J’abordais la question dans un précédent billet « Dailymotion, plus de professionnalisation, pas assez de garanties« , qui m’avait valu une réaction assez vive du service marketing de la société. On m’avait demandé de revoir mon texte. Ce que j’ai refusé de faire, pas convaincu par les arguments, je regrette simplement que la promesse de réponse sur le blog n’ait pas été tenue à l’époque. La vraie réponse c’est peut être justement l’opération en cours avec BFM TV , qui fait aussi l’objet du reportage, où l’on voit comment la chaîne de TV utilise Dailymotion pour impliquer les lecteurs dans une émission politique sans pour autant diffuser ses programmes sur Dailymotion (ce qui me paraissait justement source d’un déséquilibre dans l’échange de valeur). Comment faire de la plate-forme autre chose qu’un instrument de buzz, c’est une bonne démonstration. A suivre…

> MAJ 29/01/08: lire le billet de Rodrigo qui propose un calcul très intéressant

(Au passage l’emission confirme l’imminence d’une procédure de TF1 contre Dailymotion)

Crise au Monde: Dumay cible LePost.fr et l’activité web

Interrogé par Daniel Schneidermann sur Arretsurimages.net, Jean-Michel Dumay président de la société des rédacteurs du quotidien aborde la question de l’activité du Monde interactif et de la relation avec le quotidien papier. L’accès à l’émission suppose d’être abonné. Je transcris l’essentiel à la volée:

– Sur Lepost.fr: « en deux clics on tombait sur une video d’un joueur argentin qui se masturbait devant une webcam. […] Nous souhaitons débattre (pour savoir) si ce site avait sa place dans un groupe avec  des journaux de qualité. […] Ce n’est pas mon univers, je m’interroge. Il y a des groupes de presse qui pour survivre dans un coin de leur groupe avaient développé à l’époque du minitel rose des sites qui permettaient de rapporter de l’argent (NDLA: Le Nouvel Obs). Je pense qu’il y a d’autres moyens de se développer que celui-ci d’autant plus que celui-ci n’est pas rentable avant un certain délai or nous avons besoin de fonds dès aujourd’hui. […] Je préfererais l’information de qualité. »

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– Daniel S. « combien de journalistes du Monde ont des blogs? […] Ils se comptent sur les doigts d’une main, pourquoi? »
JM Dumay: « parce que je pense qu’au niveau de la direction le signal a été donné de nous maintenir séparés. Nous sommes un des seuls quotidiens à vivre séparément à qlq km (NDLA: de la redac du site). Au début il y a eu une distance que les journalistes prenaient par rapport à ce site mais ce n’est plus le cas aujourd’hui. On est conscients qu’il y a une nouvelle politique de l’offre à proposer sur le papier de même qu’il y a un developpement sur le numérique , on souhaite que les deux se fassent de front. […] Ceux qui ont permis le développement du  Net ont l’impression qu’on veut coloniser le Net. Ce n’est pas la question. » 

– « Des anomalies financieres »: « on ne peut pas prendre de décision sur la filiale interactive sans l’accord de Lagardère » (NDLA: qui détient 34% de la filiale).[…] Problème la filiale achète la production du Monde à un prix qui nous paraît démesurément petit.  Ce n’est pas équitable. […] Par ailleurs aucun produit des abonnements sur le site ne revient à la maison mère. On souhaite que les choses soient remises à plat. Nous nous sommes opposés au budget du Monde interactif sur cette question là.  
On nous avait dit qu’une nouvelle organisation éditoriale serait possible avec la possibilité pour le directeur du Monde d’assumer la production éditoriale (du site). Dans les faits ce n’était pas le cas ».

D’autres aspects de la crise sont abordés dans l’entretien je ne les transcris pas mais Daniel Schneidermann aborde aussila question du manque d’intérêt de la rédaction pour le web. Un échange plus critique que ma transcription ne le laisse penser.

Difficile pour moi de commenter ces propos, d’abord parce que je suis très partagé sur la question. Je respecte et comprends la volonté de conserver une stratégie cohérente en matière de production éditoriale, d’un autre côté j’apprécie LePost.fr et sa nature expérimentale, qu’on rencontre trop rarement dans les groupes de presse institutionnalisés. Je coince enfin sur les propos « Au Monde  on n’est pas dans cette logique de rentabilité. Chez Lagardère les journaux on leur demande 12% de rentabilité. C’est une aberration, les journaux doivent rentrer dans le domaine de l’intérêt général ».

> Lire aussi la chronique de Daniel, critique sur la Société des Rédacteurs du Monde tout en saluant la démarche de Dumay.

Au passage je suis heureux de payer mon abonnment à Arretsurimages.net pour accéder à des échanges aussi francs où l’on prend le temps de développer les idées. Le regrette simplement le découpage inutile des videos en plusieurs parties alors qu’on pourrait envisager une navigation au sein du flux video.

VOD: le fantasme du financement par la pub

A voir cette entretien video de ZDNet.fr avec Frédéric Pie, P-DG de Vodeo.tv (désolé ça date du 9 janvier mais je réagis avec un peu de retard pour cause d’occupations alternatives et inutilement chronophages). Comme le titre l’indique Frederic Pie partage quelques réflexions intéressantes sur le modèle économique de la video en ligne, en particulier l’impossibilité de financer sérieusement la production et la distribution de programmes video par la seule publicité. L’approche de Vodeo est basée sur le payant et l’audience hyper qualifiée ce qui paraît presque incongru après une année passée les yeux rivés sur Youtube/Dailymotion.

Beaucoup y découvrirons un raisonnement rarement exposé en public qui explique que la durée des programmes qu’on peut raisonnablement produire et monétiser exclusivement par la publicité ne dépasse pas, en moyenne, une durée de 13 mn:

« On est dans un monde d’emiettement de l’audience. […] La matiere video coute très cher à produire. […] Avec la seule publicité pour arriver au point mort avec Vodeo il me faudrait entre 8 et 9 millions de visiteurs uniques. La publicité, oui pour des courts formats. La plupart des grands portails ne sont pas capable de monétiser un film de plus de 13 minutes. […] On commence à rémunérer des formats de 26 mn aux USA sur MSN. » La pub permet éventuellement de baisser le coût des programmes.

frederic-pie-vodeo.gifPreuve que la sampiternelle fatalité des videos à durée courte correspond moins à une demande réelle des lecteurs qu’à une contrainte économique propre à la gratuité. Logique mais on l’aborde rarement de façon aussi frontale. Conclusion par raisonnement inverse: la monétisation des programmes longs passe par la VOD (Video à la demande) pour encore longtemps.

Wall Street Journal: le dilemme du payant vs gratuit

On revient aux choses sérieuses…
L’hypothèse d’un passage du WSJ.com à la gratuité suscite les calculs des analystes. Un article de Paidcontent.org résume bien les termes du débat en tentant d’évaluer l’effort à fournir en terme d’audience pour compenser la perte des revenus des abonnements. Les données utilisées dans l’article sont discutables mais les commentaires rétablissent bien les enjeux du débats. L’auteur estime qu’il faut multiplier l’audience par 12 pour compenser cette perte.

Son calcul est toutefois contestable pour plusieurs raisons soulevées à juste titre dans les commentaires:
– Le calcul se base sur un CPM à 6 euros ce qui est ridiculement faible sur le marché des sites d’infos financieres. Donc les revenus ont toutes les chances d’être sous estimés.
– Les revenus des abonnements sont probablement surestimés, les politiques de rabais sur le prix des abonnements ne sont pas évaluées.
– Plus important l’auteur oublie le paramètre le plus important: le coût d’acquisition de l’abonnement qu’il faut soustraire aux revenus. En clair en passant en gratuit on économise aussi sur des coûts (raisonnement déjà expliqué pour le NYTimes.com).

Dans ces conditions l’effort à fournir est probablement plus faible (2x, 3x?) mais comme certains le précisent, le payant est aussi la garantie d’une audience hautement qualifiée et, in fine, d’un CPM élevé. Passer en gratuit c’est assumer une audience non qualifiée et des CPM contestés. Les solutions sont envisageables: comme le NYTimes, stimuler l’enregistrement obligatoire pour maitriser la qualification par le ciblage publicitaire.

Reste une autre question: peut-on envisager une croissance de l’audience spectaculaire en conservant le même périmètre éditorial. Je reste persuadé que la stratégie de Murdoch, si il opte pour le gratuit, passera par une extension de ce périmètre vers des contenus plus accessibles afin de contrer le NYTimes. En clair le WSJ nouvelle formule n’aura probablement rien à voir avec le media actuel. A suivre…

Prévisions 2008: concentration, consolidation, destruction

C’est l’exercice des prévisions et il n’est pas simple. D’abord par ce qu’on se trompe souvent. J’ai vu en 2007 le retour du payant alors que ce fut la victoire de la gratuité, Google n’a pas subi la correction attendue. Je suis tenté de miser à nouveau tout ça pour 2008 mais ça manquerait d’originalité. D’un autre côté je ne vais pas vous dire que Twitter est la révolution attendue ou que Facebook est le tueur de Google, tout ceci n’a pas d’intérêt. Je garde en mémoire ce que furent AOL, Multimania, Yahoo, Geocities en leur temps et je me dis que décidemment on ne peut plus prévoir comme on mise sur des chevaux. Ce sont les fondamentaux qui dictent l’économie, et le verdict est plus mitigé qu’on ne veut bien le dire.

Les poulains du Web 2.0 ont montré la voie mais n’ont toujours pas convaincu les annonceurs. En clair ils vont influencer pour plusieurs années encore la manière de concevoir les sites medias. Pour la plupart ils aborderont leur deuxième année en mode start up ce qui signifie: rachat ou course à la rentabilité puisque la course vers la bourse ne semble plus une option.

Les CPM sont toujours trop faibles sur le marché français ce qui signifie que l’avenir passe par une phase d’acquisition et de concentration agressive, en particulier pour assurer l’avenir de la presse en ligne ce qui est probablement la meilleure porte de sortie pour les poulains cités plus haut. C’est la tendance depuis un an déja. Phénomène agravant: le ralentissement de la croissance des revenus publicitaires.

Video et mobile: non ce ne sera toujours pas l’année du miracle. On nous ressert le plat chaque année mais je crains qu’il ne faille attendre 2009. Comme pour le Web 2.0 il ne faut pas confondre succès d’usage et succès commercial. Pour la video la prédominance des sites de partage entretient une confusion majeure et ne facilite pas la tâche des annonceurs.

UGC et machins citoyens: là c’est plus clair, Rue89.com a agit comme une claque magistrale en démontrant la pertinence du modèle mixte, c’est à dire un media encadré par des professionnels avec du carburant contributif. Toutefois si le phénomène va aider à guider les futurs projets éditoriaux les contraintes de CPM conduiront inévitablement à participer à la concentration à venir. Probablement le meilleur scénario pour le renouvellement des pratiques journalistiques.

Presse papier: annus horribilis en perspective, je le crains. Baisse des revenus publicitaires non compensée par la hausse des revenus des activités internet, c’est désormais le scénario connu de tous, dans tous les pays. Repositionner le papier par rapport au web. Vite. Très vite. Constituer des groupes réellement multimédia: à suivre de près l’évolution du Groupe Le Figaro et Nextradio qui devront consolider leurs nombreuses acquisitions. Ecouter sur ce point Alain Weill interrogé sur l’excellent Atelier des Medias et qui affirme la presse écrite devient un média de luxe (amusant, je suis arrivé à la même conclusion il y a quelques mois mais je n’ai pas osé publier le billet qui argumentait sur la question).

Editeur ou hébergeur: un problème juridique désormais majeur. Le statut d’éditeur équivaut à une prise de risque maximum, tandis que le statut d’hébergeur revendiqué en particulier par les sites contributifs et les plates-formes d’hébergement video permet tranquillement de développer une stratégie media à l’abris (pour le moment) du coût financier et du risque juridique liés au droit de la presse (écouter Rodrigo Sepulveda de VpodTV sur la question, on ne peut pas être plus franc). Une distorsion économique devenu intolérable et qu’il faudra bien trancher. Prédiction: le statut d’hébergeur va souffrir au cours de l’année 2008.

Conservation des données personnelles: la bombe à retardement. Législation européenne oblige elle pourrait être portée à trois ans ou plus. Jusqu’à présent la menace ne semblait mobiliser que les FAI, en réalité c’est tout l’ecosystème Web 2.0, basé sur la collecte de ces données qui pourrait en subir les conséquences avec des coûts de stockages prohibitifs. La menace n’est pas étrangère à la création récente de l’Asic (le club web 2.0) qui organise les barricades. A suivre de très très près, la menace pourrait très vite siffler la fin de la récrée.

Widgets et réseaux sociaux: ce sera l’incontournable phénomène de 2008 ce qui ne doit pas faire oublier qu’on connait depuis longtemps les limites du modèle. Distribution hasardeuse pour les widgets, réseaux sociaux aux performances inégales (pour la pub). Le risque de disperser beaucoup d’énergie pour un résultat discutable. En tout cas il faudra s’y plonger, les réseaux sociaux, qu’on le veuille ou non pourront jouer le rôle de nouvelle place de marché.

Recession: le gros mot. Les USA se préparent à plonger, l’Europe ne sera pas touchée de suite mais personne ne peut vraiment prédire les conséquences sur le online qui restera dopé par une manne publicitaire toujours croissante mais qui pourrait dans le même temps devenir plus sélective.

Second Life: hahaha!
Je plaisante… Dans six mois relisez quand même ce qu’on a pu en dire, histoire d’en rire.

Sinon je réitère une partie des prévisions 2007 en particulier pour tout ce qui concerne l’identité numérique qui va devenir le centre des préoccupations en matière légale et commerciale et le ciblage comportemental dont on dressera le premier bilan sérieux.

Quelques bonnes lectures sur le sujet 2008:
> Emission n°10 de L’atelier des medias
> Quelques chiffres du marché synthétisés il y a un an par WebTrends

Voilà, pas de quoi faire son tiercé sereinement mais 2008 s’annonce sportif…

Merci de m’indiquer ci-dessous le meilleurs billets que vous avez pu repérer en matière de prévision 2008 (merci d’éviter le bullshit sur Twitter, kowoogoo.com et les listes de grille-pain web 2.0, ça me donne la migraine).

NYTimes.com: décollage réussi

On dirait bien que je me suis planté sur les conséquences du passage à la gratuité du NYTimes. J’estimais l’impact modéré mais selon les données de Comscore publiées par Techcrunch la hausse semble très nette avec un gain de plus de 4M de visiteurs uniques entre octobre 2006 et octobre 2007 soit + 27% (je préfere comparer à l’année passée que par rapport au mois d’aout peu significatif puisque ce mois est traditionnellement faible).

Malheureusement à ce stade impossible d’en dire plus sans pouvoir accéder au détail de la répartition du trafic ou aux données site centric (la mesure interne au site que seul le NYTimes peut communiquer). Toutefois par recoupement (je n’en dis pas plus mais si j’en juge à des stats auxquelles j’ai accès) je constate qu’une part importante du trafic est généré par des requêtes de recherche internes au site, des requêtes dont la structure de l’URL se retrouve massivement au sein du service d’archives du NYTimes (dans les « topics » sur topics.nytimes.com , par exemple ici). Ce qui confirmerait l’impact multiplicateur des archives. Notez en bas de page les « related ads » présentées également comme des requêtes de moteur interne et qui appellent en fait des pubs Google, ce qui laisse supposer la création d’une infinité de pages référençables même sans contenu du NYTimes. Visiblement rien n’a été laissé au hasard côté SEO…

> Sur le même  sujet lire aussi le billet sur Media Café