Yom Kipour: Google installe son data center en Belgique

Je crois que l’info est passée un peu inaperçue, c’est le quotidien Le Soir qui l’annonce, Google va investir plus de 250 M d’euros à Saint Ghislain, commune de Wallonie, pour son futur Data Center. Principal atout du coin: un réseau de fibre optique très dense et un canal permettant d’alimenter en eau le système de refroidissement du complexe. Pour ceux qui on suivi ce délicat aspect de l’activité industrielle de Google, la consommation électrique de ses complexes nécessite désormais un dispositif digne d’une centrale nucléaire. La question que je me pose: c’est polluant une usine Google?
Pour ceux qui se demandent où se situe Saint Ghislain, c’est à quelques kilomètres de la frontière française près de Valenciennes:

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Google se paye les champs de pétrole

C’est donc Google qui s’empare de Doubleclick pour 3,1 milliards de dollars. Cash. A la barbe de Microsoft et Yahoo. Google est le leader incontesté de la publicité en ligne dont le CA est majoritairement généré par les mots clés sponsorisés. Un marché en passe d’être saturé, Google l’a expliqué à deux reprises en février 2006 et un an plus tard, provoquant au moins partiellement la chute de ses cours.  Reste le marché de la pub à l’affichage, au CPM, qui lui échappait encore totalement et qui représente une manne encore sous exploitée.  C’est là que se transvasent actuellement les budgets pubs autrefois exclusivement réservés à la télévision et à la presse. Voir l’étude Morgan Stanley de Novembre dernier pour les chiffres. Google rachète donc Doubleclick, un des leader pour la pub à l’affichage, la bonne vieille bannière, pour s’installer sur ce marché. Tout le monde ou presque est en passe de devenir client de Google.

Je n’ose plus dire échec et mat, j’ai déjà du le dire une ou deux fois. L’histoire rappelle celle de la Standard Oil de Rockfeller dont on oublie trop souvent qu’à l’origine elle ne se préoccupait pas de forage ni de prospection mais de transport et de raffinerie. Le pouvoir de Google ne se mesure pas à son chiffre d’affaires mais son contrôle absolu de l’intermédiation. Sur le marché de l’information en recueillant les demandes des utilisateurs, en les véhiculant jusqu’aux medias. En recrutant des millions d’annonceurs petits ou grands et en reversant le CA publicitaires aux mêmes medias, entre acheteurs et vendeurs d’espace. Pendant ce temps devinez qui s’occupe de forage et de prospection. Vous, moi , les éditeurs. La puissance vient du contrôle de l’information (voir l’histoire des banquiers lombards), le contrôle des prix en découle nécessairement. Du coup le ton change et désormais on parle de monopole, de trust, la boucle est blouclée. A suivre

Lire aussi:
Google analytics : jeu, set et match !
Google: un suivi multisupport pour les évaluer tous et les lier…

AFP vs Google, enfin les fiancailles

Par un simple communiqué on apprend que Google et l’AFP sont parvenus à un accord (voir ici et ) qui met fin à plusieurs années conflictuelles. Conflit portant sur la reprise des titres et chapeaux sur Google News mais surtout sur la question des photos. L’accord dont on connaît peu les détails va permettre l’exploitation de ces contenus et à l’AFP de jouer à armes égales avec les autres agences qui ont au moins marginalement tiré profit du conflit. En effet certains sites de presse, clients de l’AFP, ont choisi de passer chez Reuters ou AP afin de ne pas être pénalisés en matière de référencement. Un phénomène que j’avais prédit en mai 2005 et qui a peu à peu empoisonné le terrain. Ouf de soulagement donc, chez les souscripteurs de l’AFP…

Toutefois si l’accord comprend le droit d’utiliser in extenso des dépêches AFP sur Google il pourrait y avoir des surprises, l’AFP devenant à son tout concurrent des sites medias, un reproche souvent adressé à Reuters. De l’autre côté cet accord survient alors que Google semble vouloir pacifier ses relations avec les medias très probablement afin de préparer le terrain à de nouveaux projets et de nouveaux accords. L’acquisition de Youtube, l’arrivée du contenu payant avec Google Archives imposent en effet une logique de partenariats et d’intérêts préservés.

YouTube : 15M$ de CA en 2006?

C’est l’estimation de l’analyste Robert Peck (Bear Stearns) à partir de la déclaration de revenus de Google. C’est à dire 100 fois au dessous de son prix d’acquisition en novembre dernier. C’est ce qu’on appelle un sacré potentiel de croissance …  

Maintenant on relit tranquillement les déclarations de Calacanis qui évaluait le CA de YouTube à 20M$ en septembre dernier quand d’autres l’estimaient à 150 M$…

Tic tac

Baromètre Google News France pour février 2007

Suite du Google News Report France pour le mois de février 2007 (le détail ici) qui classe les principales sources d’information selon leur positionnement, leur fréquence et durée d’apparition sur la Une de Google News. Après une interruption d’un mois en décembre le Google News Report est finalement réapparu en janvier (son auteur m’a avoué qu’il pensait que ça n’intéressait personne…).

Si l’on compare avec le dernier classement de novembre 2006  on note quelques changements notables. En particulier le grand gagnant est lexpress.fr qui a détroné son éternel rival Nouvelobs.com. Ce dernier paye probablement la refonte de son site et son changement de CMS  qui ont bouleversé l’organisation des contenus. La RTBF fait irruption dans le top 20 ainsi que 20minutes.fr, pour le reste les quotidiens et les sites des principales chaînes de TV trustent toujours les premières places. A noter la baisse du site lesechos.fr, lequel a été absent de l’index de Google News pendant une semaine en février pour des raisons techniques obscures qui m’ont donné quelques sueurs.   

Gros problème à mon avis, j’y reviendrai une prochaine fois mais l’analyse du top 100 des articles des principales sources d’actualité montre clairement qu’il s’agit essentiellement de dépêches d’agence de presse. Google News semble toujours sensible à la répétition des mêmes infos plus ou moins réécrites qu’il interprète à tort comme un critère d’importance à cause de la redondance. On dira ce qu’on voudra mais c’est la preuve que Google n’est pas si performant dans l’analyse des contenus et privilégie toujours la répétition et la fréquence de publication.

A suivre 

Top 50 des sources Google News France
rank Février 2007 Janvier 2007
1 L’Express L’Express
2 Le Figaro Le Figaro
3 Libération Libération
4 nouvelobs.com nouvelobs.com
5 Le Monde TF1
6 TF1 Le Monde
7 Boursorama Boursorama
8 France 2 Canoë
9 PC Inpact Boursier.com
10 Clubic France 2
11 Canoë Clubic
12 20minutes.fr PC Inpact
13 Boursier.com RTBF
14 l’Humanité 7sur7
15 RTBF XINHUA
16 Radio Suisse Romande Cyberpresse
17 AgoraVox 20minutes.fr
18 7sur7 l’Humanité
19 XINHUA Radio-Canada
20 Radio-Canada Radio Suisse Romande
21 L’Orient-Le Jour ZDNet
22 ZDNet Les Échos
23 Le Vif/L’Express L’Orient-Le Jour
24 Radin Rue Portage emploi
25 Référencement Internet-Web Référencement Internet-Web
26 24 heures Le Devoir (Abonnement)
27 Actualités News Environnement Sport365.fr
28 Jeune Afrique 01net
29 La Tribune.fr AgoraVox
30 Sport365.fr Football.fr
31 Europe 1 Actualités News Environnement
32 Journal Chrétien Europe 1
33 Armées.com 24 heures
34 01net Radin Rue
35 Tribune de Genève Armées.com
36 Football.fr La Tribune.fr
37 RFI Tribune de Genève
38 M6.fr Courrier International
39 Francebourse.com Jeune Afrique
40 Cyberpresse M6.fr
41 Eurosport – TF1 Le Vif/L’Express
42 RTL.fr Goal.com
43 Les Échos EuroNews
44 Portage emploi Eurosport – TF1
45 Sports.fr Marianne2007.info
46 Aujourd’hui Le Maroc Génération NT
47 Goal.com Le Temps (Abonnement)
48 Sport 24 Liberté-Algérie
49 L’équipe.fr RFI
50 Le Devoir (Abonnement) Aujourd’hui Le Maroc

 > source Private radio

Ecrire pour Google: un destin de feuille morte…

J’aime bien le mot de Jean Guitton : « être dans le vent c’est avoir un destin de feuille morte ». C’est un peu ce que m’inspire le débat « écrire pour Google » qui sort peu à peu du cercle des pros du web pour interroger les pratiques des journalistes et des medias en général. Maintenant que publier sur le web est une affaire sérieuse et que le coût d’acquisition du lecteur monte en flêche, l’optimisation des sites web en vue de leur référencement dans les moteurs de recherche est devenue une question de micro-chirurgie. Choisir ses mots pour coller aux préférences de Google fait partie de la stratégie et certains quotidiens US n’hésitent plus à former leurs journalistes et secrétaires de rédaction pour s’assurer des bonnes pratiques.

Jeff Mignon a réouvert le débat, poursuivi par Philippe Couve qui voit déjà les limites de l’exercice. Il a d’ailleurs bien raison. Je ne reprendrai pas l’ensemble du débat bien résumé par Jeff mais j’y apporte quelques nuances. Clairement le rédacteur doit garder à l’esprit qu’un titre informatif doit désormais obligatoirement comporter les mots clés qui désignent l’essentiel du contenu de l’article. Rien de nouveau, je l’ai déjà dit, par rapport à ce qui est enseigné dans les écoles de journalistes disons simplement que les titres « à la libé » plein de bons mots risquent en effet d’expédier votre article dans le purgatoire du web, c’est à dire dans les bas fond de l’index de Google. Disons qu’une bonne part se joue en général dans l’articulation du titre et du chapo puis par la densité et la cohérence du texte.

Ca c’est la préhistoire des conseils en matière de SEO (Search Engine Optimization). Reste que désormais certains ont fait du moyen, rendre visible son article, une fin en soi. Certains petits champion du blog s’empressent ainsi de pondre des billets ineptes mais composés des bons mots clés dès qu’une polémique surgit sur le Web afin de capter l’audience. Appliqué à l’industrie des medias celà signifie qu’on peut être tenté de choisir ses sujets et ses mots à partir de l’analyse des mots clés les plus populaires. Et ça marche…

Malheureusement…

Toutefois c’est un calcul de court terme qui peut rapidement détourner une stratégie éditorial de ce qui devrait être sa vraie préoccupation: non seulement capter l’attention du lecteur mais l’informer et assumer sur la durée un angle et un positionnement éditorial. Bref non nous n’écrivons pas pour Google mais pour un lecteur. Encore faut-il apprendre à s’habiller correctement… C’est toute la nuance entre attirer une audience passagère et la fidéliser. C’est la grande question des prochaines années pour les medias d’information, pour leur survie. L’audience de Google est en effet sous certains aspects totalement fictive et les instruments de mesure, instituts de sondage, créent cette fiction en leur attribuant une cohérence qu’elle n’a pas. C’est le vrai sens de ma critique de l’étude Ipsos sur les blogs, une audience dispersée qui navigue au hasard du web n’a jamais fait un media.

Pour revenir à des arguments plus prosaïques, coller aux mots clés les plus populaires de Google c’est prendre le risque de s’épuiser et de devenir « obsolète » rapidement à mesure que passe l’actualité. Rester informatif et couvrir sur la durée l’essentiel des thématiques propre à son secteur c’est au contraire être prêt quand l’actualité cristalise un événement.

Je prends un exemple récent que j’ai observé sur le site lesechos.fr. Il y a quelques semaines l’actualité politique s’est focalisée autour de la société civile immobilière (« SCI ») de Ségolène et de l’ISF. Evidemment un quotidien d’actualité financière est naturellement à traiter ces thèmes en profondeur ce qui n’est pas le cas des medias généralistes. Des sujets par ailleurs habituellement austères, destinés à un public spécialisé ou concerné. Le résultat se passe de commentaire (voir ici et ) , la présence d’un contenu riche et naturellement référencé a permis de générer un large flux d’audience alors que la grande majorité des autres médias ont du, je l’ai vérifié le jour même, acheter massivement les mots clés « SCI » et « ISF » pour se positionner sur les pages de résultats. Bonne affaire au final pour Google.

Moralité: vive le référencement naturel et les sujets traités en profondeur, sur la durée. D’ailleurs les pros du SEO vous le diront, Google aime les contenus qui durent…
Les lecteurs aussi.

> Lire aussi le billet de Jean-Marie Le Ray qui analyse très finement la technique d’optimisation de lécriture. 

Le chiffre d’affaires mystère de MySpace

J’aimerais bien saluer sans arrère pensée le succès de MySpace tel qu’on peut le lire ça et là suite à la publication des résultats du groupe News Corp’s mais franchement on nage dans le mystère. Il n’y a tout simplement pas de données officielles concernant les revenus de MySpace mis à part la déclaration de Murdoch affirmant que « MySpace fait 25 M $ par mois« . Ce qui veut surtout dire que le site a pu atteindre ce chiffre, nullement qu’il s’agit d’une moyenne mensuelle.

Depuis quelques jours circule aussi (bizarrement très discrètement) l’information que le contrat avec Google n’est toujours pas signé et serait même en phase de renégociation. En fait actuellement il se résume à une lettre d’intention même si Peter Chemin (le COO du groupe) affirme que la croissance de trafic est supérieure au minimum exigé par Google.

Résumons ce qui est affirmé par News Corp’s:
– Décembre est le premier mois rentable pour FIM (la division « interactive » du groupe qui intègre entre autre MySpace)
– La croissance du CA de MySpace serait de 70% par an
– La croissance du trafic de MySpace serait de 25% par trimestre
– Le CA de la division FIM devrait atteindre 500 M $ en 2007
– L’apport de Google devrait atteindre son maximum en 2008 avec plusieurs centaines de millions de $
– La rentabilité hors investissement (nuance importante) est annoncée pour 2007
– On vise une marge de profit de près de 20% en 2008
– Le CA de MySpace a atteint 25 M$ (selon Murdoch)
– Le minimum garanti de volume de trafic du pré-accord avec Google est atteint en 2006

 Ce qu’on peut en déduire:
– L’activité internet n’est pas profitable sur l’année
– Le calcul économique est basé au minimum sur une croissance maintenue de 25% de trafic par trimestre sur 2 ans au minimum.
– L’année 2008 est l’année décisive avec l’essentiel des reversements de Google (on comprend la nervosité autour des négociations)
– le CA de MySpace du dernier trimestre se situe entre 60 et 75 M$ (hypothèse haute sur la base des 25M$ mensuels de Murdoch)
– La division FIM n’a atteint la rentabilité qu’en décembre, rien ne dit que MySpace le soit aussi.

Je ne crois pas qu’il y ait anguille sous roche mais franchement tout ceci ressemble terriblement à une partie de poker ou le bluff s’installe tranquilement faute de données vérifiables. Le problème c’est que MySpace est toujours noyé dans les comptes du groupe dans une ligne assez fourre tout comme je l’avais déja signalé. De quoi donner une large place aux effets d’annonce comme le possible deal avec eBay.

 A lire sur ce sujet:
> Indispensable sur SeekingAlpha : la transcription complète de la conférence deNews Corp’s sur les résultats financiers  
> L’analyse de PaidContent.org
> Le calcul très intéressant de Ashkan Karbasfrooshan  sur SeekingAlpha
> Du même auteur sur la question de la renégociation du deal Google-MySpace