Google Archives : vers la bibliotheque universelle

On l’attendait depuis des années, c’est fait. Google Archives ouvre ses portes et propose plus de 50 années d’archives de journaux. Impressionnant même si le nombre de sources semble encore limité, le New York Times se taillant la part du lion dans cette bibliotheque d’un nouveau genre (voir par exemple sur la requete « Nixon » les archives qui remontent jusqu’en 1950). En France c’est Le Monde et le Point qui semblent remonter le plus régulièrement: voir sur la requête « balladur« .

Toutefois il semble que l’ensemble du contenu ne soit pas issu de partenariats. Pas mal de sources semblent indexées à partir du référencement naturel des articles. Sur la requête « balladur » on peut trouver en bas de page un article de Liberation de 2007 mais contrairement au Monde il ne s’agit pas d’une page d’archive mais d’une page à imprimer dépourvue de publicité (voir ici). Dommage, aucun revenu à espérer. Même problème pour Les Echos ou je tombe sur des brêves en acces libre mais quand même monétisées par la publicité. Je retrouve avec plaisir les articles de ZDNet.fr de 2003 et comme je confirme n’avoir pas d’accord concernant ces archives j’en déduis que Google a pioché ça et là dans son index pour constituer ses archives. 

Principal avantage du système, et c’est une bonne nouvelle, Google préserve le modèle économique des éditeurs en pointant vers les pages d’archives payantes si nécessaire, vers la page en accès libre si disponible. D’où l’intérêt de rendre visible le chapô ou résumé de ses articles quand ils sont payants (ce que nous avions fait aux Echos mais Google ne semble pas l’avoir identifié). Selon Techcrunch Marissa Meyer annonce la mise à disposition d’archives numérisées par Google mais je n’ai pu trouver des exemples de ce type, la plupart des sources disposant de leurs propres archives. 

Au final Google Archives se comporte ni plus ni moins comme une extension de Google News à un détail près puisqu’il comporte aussi des liens vers Google Books comme on peut le voir sur cette requête (toujours »nixon », troisième et cinquième paragraphe). 

Le résultat est, je dois dire, impressionnant, et pourrait donner un peu d’oxygène au marché des archives payantes auparavant chasse gardée de quelques prestataires privés. Ici les éditeurs restent maître de la commercialisation de leurs archives donc de leur politique de prix, Google se rémunère comme d’habitude sur la recherche. Bien vu, l’initiative ne devrait moins se prêter à la polémique que Google News à ses débuts.

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Google Chrome, scud anti-Microsoft

La rentrée s’annonce chaude. Google devrait lancer aujourd’hui son navigateur maison, Google Chrome. On peut dire que c’est un des buzz les plus spectaculaires du moment, Google ayant choisi de diffuser l’annonce auprès d’un public restreint, sous la forme d’une bande dessinée (Voir sur le site Blogoscoped.com qui reproduit les 38 pages de cette BD d’un nouveau genre). En quelques heures l’annonce fait le tour du web. Impressionnant.

J’ai parcouru ces pages et au delà de la simple annonce d’un nouveau navigateur ma première réaction à chaud est simple. Le message tient dans la première page: un constat limpide, le navigateur web n’est plus un navigateur c’est avant tout la nouvelle interface pour utiliser des applications web. Le navigateur est le nouveau bureau au sein de votre PC. L’annonce d’une multitude de nouveautés ergonomiques (certaines inspirée du navigateur Opera, comme quoi on n’invente rien…) ne pèse pas lourd face à la démonstration de fond. Sur de nombreuses pages la BD de Google explique comment Google Chrome est avant tout conçu pour optimiser les fonctions multitâches, la mémoire de votre PC, la sécurité etc…

Je laisse aux nombreux commentateurs le soin de disséquer dans les prochains jours les fonctionnalités de la bête. Pour moi le message est clair, Google Chrome est l’offensive attendue pour détroner Microsoft du PC. Non pour bousculer Explorer mais l’ensemble de l’écosystème qui vise à contrôler la chaîne de distribution des services sur votre PC. Comprenez du système d’exploitation au web (dont Google régule déjà l’économie) en passant par les outils de bureautique. La chaîne nourricière de Microsoft depuis sa fondation.

Un exemple simple: si chaque onglet (« tab ») peut fonctionner en toute indépendance et se séparer du corps du navigateur et si dans chaque onglet nous ouvrons une application, alors nous avons reproduit via le navigateur l’exact fonctionnement d’une suite d’applications. Reste à sécuriser l’utilisation de l’ensemble et en particulier des données introduites par l’utilisateur (image, chiffres, textes) et il ne reste plus grand chose qui nous sépare de la suite de logiciels. C’est exactement ce que démontre la présentation de Google Chrome. Saut ultime. Plus besoin de PC complexe, place au terminal connecté au web. Le PC low cost (j’ai mon asus eee pc 900 ouf merci).

Bref on ne va pas s’ennuyer dans les prochains mois

MAJ 02/09/08 : télécharger Google Chrome sur ZDNet.fr

Stay tuned…

Google pense que, peut être, s’il fait beau cet été, et si l’humeur est là, il est envisageable d’imaginer que Youtube puisse générer un peu de profit, vers la fin de l’année, approximativement.

En général si une entreprise investit près de deux milliards de dollars pour un jouet, elle s’intéresse assez rapidement à la meilleurs manière de le rentabiliser. On peut supposer qu’elle consacre un peu de temps et ses meilleurs experts au problème. En général aussi les règles du commerce font qu’il n’est pas envisageable de vendre à perte un service pour acquérir des parts de marché sous peine de se voir accuser de concurrence déloyale. Encore faut-il qu’il y ait une concurrence…

Pour Google il semble que certaines règles ne s’appliquent pas. Ca ressemble presque à une blague « cool » comme la neteconomie en a le secret. Dans un entretien filmé organisé par le New Yorker Eric Schmidt, Pdg de Google, explique tranquillement que « lors d’une réunion en janvier » il a annoncé à ses cadres qu’il serait peut être bon de s’intéresser à la monétisation de Youtube. Et même d’envisager de le rendre rentable fin 2008. Pour ça il a un plan, même « s’il n’aime pas les objectifs de court terme » comme le relève Newsfactor.

Alors que tout le monde spécule depuis deux ans sur les revenus de Youtube, l’annonce confirme d’abord que Youtube ne l’est pas, rentable. Ensuite que l’acquisition  relevait bien de la prise de position dominante plus que d’un calcul économique. Reste à savoir si les propos d’Eric Schmidt relève de la posture « cool » face à l’agressivité de Wall Street, d’une manière de signifier que Google dispose de relais de croissance, ou de la simple légereté. Que penser du départ, il y a quelques semaines, de Shashi Seth, précisément responsable de la monétisation de Youtube?

Et si Google ne parvenait tout simplement pas à monétiser Youtube? Du bluff?

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