Presse papier et web : gérer la transition

juillet 25, 2006

Pour mémoire un excellent billet sur Publishing 2.0 intitulé "le point de non-retour" qui résume l’effet ciseaux illustrant le transfert de valeur progressif du papier vers le Web. Un processus difficile à maîtriser et dont la durée diffère nécessairement d’un journal à l’autre selon la répartition de ses revenus. Il décrit à mon avis bien mieux le dilemne en cours dans les groupes de presse que toutes les annonces en fanfare sur la réorganisation des rédactions (par ailleurs indispensable).

Lire aussi sur Advertising Age l’article à l’origine de ce billet qui propose un scénario sur la fin des quotidiens papiers. Un scénario volontairement dramatique mais qui en cette période de critique de la presse s’attarde sur le volet économique plutôt qu’éditorial du débat. Je ne partage pas cette vision de la fatalité mais les arguments sont justes. Simplement ces analyses partent du principe que chaque titre de presse est supposé trouver une autonomie financière dans sa seule capacité à produire une édition qu’elle soit imprimée ou en format électronique. Si on pousse le raisonnement jusqu’au bout il n’y a pas de salut non plus dans la seule présence sur le web. La porte de sortie se situe donc ailleurs, dans la stratégie de groupe, dans la capacité à générer des revenus au delà de son coeur de métier (la production d’actus), sur des supports multiples. Rien de bien neuf d’ailleurs, qui sait à quel point les sources de revenus de certains groupes de presse peuvent être exotiques.

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10 Responses to “Presse papier et web : gérer la transition”

  1. societiq Says:

    A lire également, cet article de La Libre Belgique :
    "Le web ne concurrence pas le papier -
    Une thèse de doctorat menée sur la presse du nord du pays démontre que la plupart des lecteurs de journaux sur internet passent toujours autant de temps qu’auparavant à la lecture de la presse papier et que les journaux en ligne n’entrent donc actuellement pas en concurrence avec cette presse imprimée."

    http://www.lesoir.be/la_vie_du_net/economie/2006/07/10/article_le_web_ne_concurrence_pas_le_papier.shtml

  2. societiq Says:

    Il s’agissait d’un papier du Soir bien entendu et non de La Libre Belgique ;-)


  3. Merci pour cet article. Toutefois il est important de nuancer la question. Il ne fait pas de doute que web et papier sont complémentaires mais la crise actuelle est aussi avant tout liée au renouvellement du lectorat (nouveaux lecteurs sur le web) et au déplacement des investissements publicitaires. La vraie "concurrence" se situe sur ce dernier point auquel il faut ajouter le marché des petites annonces etc…

    En clair il ne s’agit pas d’analyser seulement par un état des lieux mais d’identifier les tendances lourdes. C’est bien l’objet du billet cité dasn mon texte.

  4. jf farny Says:

    L’article en question est très simpliste : il part du principe que toutes choses restent égales par ailleurs et que le Print Ad Revenu est non diversifié, ce qui n’est pas le cas, du moins en PQR où l’équation est bien plus subtile : 59% du CA provient des ventes et pas de la pub, et dans les 41% de la pub, il y a deux catégories Commerciale et Annonces classées et chacune de ces catégories se déclinent ensuite en locale et extra-locale.
    L’avantage de la diversification de ce chiffre d’affaires est de pouvoir maintenir une économie d’ensemble face à des événements conjoncturels
    Au passage, la PQR vient de faire un gros carton : Selon la pige TNS Media Intelligence, PQR 66 a progressé de plus de 60% en chiffre d’affaires au premier semestre 2006, ce qui place le média au niveau de croissance de l’internet sur la même période. Voir document à télécharger pour plus de détails. Extrait du site PQR.ORG

    Il reste que les modèles et les méthodes changent et qu’il est nécessaire de s’adapter et de préparer la transition : c’est ce qui se passe en permanence ;)


  5. J’ai un doute: la pige TNS est bien basée sur le nombre de pages de pubs "observées" puis valorisées à partir des tarifs affichés non? Cela n’a rien à voir avec le revenu réel issu de la pub, sans parler des remises commerciales et autres échanges marchandises qui rendent totalement fictifs cette évaluation. Je ne voudrais pas dévoiler tous les petits trucs exotiques qui font les joies du métier mais bon … hum hum

    Oui la répartition pub et vente est inversée chez les quotidiens américains. Mais l’effet ciseaux est surtout basé sur une tendance lourde, celle des couts de prod incompressibles + baisse tendancielle des revenus (pub), l’analyse est volontairement grossière. Par contre on oublie à mon avis un gros morceau du problème: les coûts de production des contenus ne sont pas actuellement imputés aux activités web ce qui leur permet d’afficher une meilleur santé … Déplacez la production sur le web et le papier pourrait devenir une belle affaire ;-)

  6. jf farny Says:

    De quel doute parles-tu ;) Il s’agit bien d’une pige, qui ne prend pas en compte les échanges marchandises ni le gracieux, donc +60% de volume que ce soit sur Internet ou sur la PQR reste un taux de progression, après cette augmentation se traduit donc par une évolution du CA net, mais cette augmentation n’est pas partout la même ;)

    Dire que la pige TNS est fictive est un peu radical, elle traduit des réalités différentes, mais elle est précieuse pour la tendance des marchés, et il est vrai que pour internet l’évolution est importante compte tenu du fait que de plus en plus de régies déclarent leur CA brut ;)

    Tu soulèves donc un point qui mériterait d’être approfondi : quel est le taux net moyen de remise pratiqué sur le Web et sur le papier pour de la pub co (écart CGV vs. Net agence) ? Personnellement je suis tombé de l’armoire :o

    Pour ce qui est de l’approche analytique modèle France Télécom (de mémoire, le minitel/audiotel n’a jamais été officiellement rentable tellement les charges sociales ont pesé ;) ), à mon sens c’est avant tout de la convention collective appliquée que dépend la rentabilité ;) mais la rationalisation de la performance de l’outil de production est une affaire de partenaires sociaux et la recherche du consensus se faire qu’en collaboration, ce qui signifie de longues, très longues, négociations ;)

  7. jf farny Says:

    C’est promis j’arrête les smileys !


  8. Il ne m’a pas échappé que dans votre communiqué de presse la notion de progression du volume d’espaces pubs était astucieusement confondue avec la progression du chiffre d’affaire … de la régie. Bravo mais c’est un peu de l’empapaoutage s’il s’agit de mesurer d’évolution du marché.

    D’accord avec toi sur l’étonnement concernant les remises. Je me souviens encore de ce site web éditorial, coté en bourse, dont 30 à 40% du CA est constitué d’échanges marchandises. Evidemment aucun commentaire dans la presse. Clap clap pour l’évolution du CA … Et oui bienvenu dans un monde pas forcément meilleur, mais tout le monde ne pratique pas ce petit jeu.

    Sur le fond cela signifie bien que la réalité économique est encore plus fragile qu’on l’imagine


  9. Excellent blog, j’aime beaucoup! En plus, j’ai pu lire des confirmations concernant différents sujets qui me préoccupent, certains depuis un certain temps.

    Commençons par celui ci: le secteur de la presse et l’Internet.

    Le commentaire de Societiq m’a fait sourire, suite à ma lecture du Trends/Tendance (je suis en Belgique) du 22 juin dernier comme quoi LeSoir (groupe Rossel) avait perdu 11,31% de son lectorat papier entre 2001 et 2005.
    Pas encore la mort mais ils doivent commencer à s’inquiéter, surtout que les rotatives à Nivelles, ce n’est apparemment pas encore ça (même n° du Trends).

    Ce qui m’étonne, c’est qu’on puisse encore remettre en cause l’érotion des revenus.
    Voici 2 ans, j’ai écrit un papier sur base d’un document du WAN (World Association of Newspapers), New classified models: classified advertising is on the move.
    Je vous invite à le lire mais je ne me souviens plus comment je suis finalement tombé sur le document, sorry. Je crois qu’à l’époque il y avait un petit trou de sécurité.

    Il faut évidemment aussi discerner 3 choses dans le business model en matière de revenu pour le secteur de la presse, d’après moi.
    D’une part il y a la circulation papier (le tirage en Belgique est vraiment rikiki comparé à la France ou l’Espagne. Les investissements sont dès lors encore plus lourds à porter) donc le nombre d’abonnements papier.
    Ensuite, tout ce qui est revenus publicitaires et faire la différencé avec, troisième source de revenu, les petites annonces (PA).
    Avec eBay qui a annoncé le lancement de petite annonces en test en Belgique, j’ai mes craintes pour des acteurs belges tel que Vlan (qui fait aussi partie du groupe Rossel).

    Et puis le dernier acteur dans l’histoire ce serait aussi pour moi les distributeurs de presse (comme les AMP: http://www.ampnet.be) et les chiffres reliés à la distribution ainsi que leurs retours, indépendemment du volume d’impression enregistrés.
    Je rejoins l’idée d’Emmanuel que tous ces chiffres officiels ne sont pas toujours représentatifs, je dois l’admettre.

    Hope it helps ;-)
    Excellent blog, je me permets de le rajouter à mon blogroll. Merci.

    Aurélie Pols
    WebAnalytics.be – a business unit of OX2

  10. emmanuel Says:

    Merci Aurélie, concernant les modèles économiques il y en a un quatrième largement sous estimé et qui est un des gros enjeux du Web 2.0 et de la présence sur le web: il s’agit du marketing direct. A suivre de très près


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